Africa-Press – Tchad. La ville de Mbaïbokoum, chef-lieu du département des Monts de Lam, est confrontée à de sérieuses difficultés d’infrastructures. Entre ponts dégradés et panne prolongée du bac moteur permettant de traverser le fleuve Logone, l’accès à la localité devient de plus en plus difficile.
En mission de travail à Mbaïbokoum ce 18 avril 2026, le délégué général du gouvernement auprès de la province du Logone Oriental, Toké Dady, a déploré cette situation préoccupante.
Pour rallier Mbaïbokoum depuis Doba via Bessao, sur une distance de plus de 200 kilomètres, il faut compter au moins six heures de trajet. En passant par Moundou et Larmanaye, le trajet peut être réduit à environ cinq heures. Toutefois, la principale difficulté reste la traversée du fleuve Logone, à l’entrée de la ville, en raison de la panne du bac moteur, hors service depuis plus de cinq ans.
Sur place, de jeunes hommes, reconnaissables à leurs chasubles vertes, assurent le passage des véhicules en mobilisant le bac à la force humaine. Cette traversée artisanale est facturée entre 10 000 et 15 000 francs CFA pour les véhicules, et 1 000 francs CFA pour les motos.
Face à cette situation, les usagers expriment leur ras-le-bol.
Pour Dingaonaïmou Ngana Jérémie, inspecteur retraité et natif des Monts de Lam, l’enclavement du département constitue un frein majeur. « Le manque de voies de communication empêche les forces de défense et de sécurité d’intervenir rapidement en cas de conflit, d’enlèvement ou de vol à main armée. Même en cas d’urgence sanitaire, le transfert des malades est difficile, et certains perdent la vie en cours de route », déplore-t-il.
De son côté, Yvette Sorona, commerçante à Mbaïbokoum, témoigne des risques quotidiens liés à cette situation. « Je quitte la maison à 7h, mais il faut parfois attendre jusqu’à 9h ou 10h pour traverser le fleuve. Ces retards entraînent des pertes, car certaines marchandises restent invendues. Il arrive même que des hippopotames s’approchent de la pirogue. Nous sommes exposés aux dangers, entre les animaux sauvages et les coupeurs de route, sans possibilité de secours rapide en raison du mauvais état des routes et des problèmes de réseau », confie-t-elle.
Face à ces difficultés, les habitants lancent un appel pressant aux autorités et aux partenaires techniques pour la réhabilitation des axes routiers, notamment le tronçon Mbaïbokoum–Kagpal, ainsi que pour la construction d’un pont sur le fleuve Logone.
Le délégué général Toké Dady a, pour sa part, indiqué qu’une entreprise avait été contractée pour l’entretien et la réparation du bac par le ministère des Infrastructures. Cependant, malgré plusieurs relances, les travaux n’ont toujours pas repris.
« Face à cette situation, la population s’organise elle-même pour faire fonctionner le bac, avec tous les risques que cela comporte », a-t-il souligné, avant d’appeler le ministère à agir rapidement pour résoudre définitivement ce problème.
Situé à la frontière avec le Cameroun et la République centrafricaine, le département des Monts de Lam constitue pourtant un axe stratégique pour les échanges économiques. Son enclavement constitue ainsi un frein important au développement local et national.
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