Africa-Press – Tchad. Depuis le début du mois d’avril 2022, l’on constate une pénurie artificielle du gazole à N’Djamena et dans les villes de province, particulièrement les villes du sud du pays. Le gazole devenant de plus en plus rare, certaines entreprises installées dans la zone industrielle de Farcha sont aux arrêts.
Selon nos informations, il y aurait des problèmes de ravitaillement du carburant au niveau de la raffinerie de Djermaya, dirigée la fille au défunt maréchal, Fatimé Idriss Deby Itno. Cette dernière restée muette depuis le début de cette pénurie sait plus que quiconque les raisons de cette crise énergétique, qui vient mettre à mal la gouvernance de son frère président du Conseil militaire de transition.
En effet, des sources incontestables, le nombre de marketers à la raffinerie de Djermaya est passé de 12 à 38 ces derniers jours. Les derniers à s’ajouter sur la liste des marketers ne seraient que les membres du cercle de la famille présidentielle qui a une priorité sur l’enlèvement du carburant a la raffinerie de Djermaya. Mais, au lieu de livrer le carburant à la population pour sa consommation, ces marketers l’exportent vers les pays voisins. Les anciens marketers qui ravitaillent la population ont de la peine à faire entrer leurs citernes à la raffinerie. Ils sont obligees de se tourner vers le Nigeria pour alimenter leurs stations-services. Connaissant les difficultés douanières, le temps que les citernes arrivent à N’Djamena, les pompes se sèchent. Entretemps, le carburant du Tchad fait le sens contraire. Voilà comment tout le Tchad manque du carburant à cause d’une mainmise du clan au pouvoir sur la raffinerie de Djermaya, installée pour résoudre le problème de carburant au Tchad.
Conséquence de cette situation
Partout au Tchad, il manque du carburant. Dans le bloc industriel de Farcha, la Société nationale d’électricité (SNE) ne fournit plus de l’électricité depuis le début du mois d’avril, priorisant les ménages. Les entreprises installées dans cette zone sont obligées de faire démarrer leurs groupes électrogènes pour tourner leurs business. Mais, elles ne peuvent plus à cause de cette pénurie orchestrée par la direction de la raffinerie en complicité avec l’ARSAT. Car, chaque jour qui passe, le prix du litre de gazole ne fait que grimper atteignant ce week-end, la barre de 1000 FCFA. Les brasseries du Tchad (BDT) durement frappée par cette crise énergique menace de fermer boutique. Les imprimeries installées à Farcha n’impriment plus. Sans occulter la kyrielle des sociétés d’eau minérale, de cosmétiques et autres produits de consommations établies dans la zone industrielle de Farcha. En province, la situation est intenable. Des longues files d’attentes se font observées devant les rares stations-services encore fonctionnelles. La société cotonnière du Tchad en plein campagne de commercialisation éprouve des difficultés à faire tourner ses usines qui se retrouvent par moment aux arrêts faut de gazole. Les agences de voyage ne sont pas du reste. En un mot, c’est tout le Tchad qui s’arrête à cause d’une course effrénée vers l’enrichissement des membres du clan au pouvoir.
Devant cette grave crise énergétique qui frappe le Tchad, que peut le ministre en charge de l’Energie et du Pétrole, Djerassem Le Bemadjiel, lui aussi impuissant face au lobbying de ces marketers intouchables? Pourquoi le silence du Conseil national du patronat tchadien (CNPT) sensé défendre les intérêts des entreprises dans notre pays ? Qu’est-ce qui expliquerait le silence de l’Association de défense du droit du consommateur (ADC) ? Pourquoi le Directeur général de l’ARSAT ne frappe pas du poing sur la table ? Sont-ils tous mus par les prébendes qui découlent de cette situation catastrophique ? Autant d’interrogations.
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