Société : le transport en amazone, entre avantages et risques

18
Société : le transport en amazone, entre avantages et risques
Société : le transport en amazone, entre avantages et risques

Africa-Press – Tchad. Le transport en amazone consiste à remorquer deux personnes ou plus sur une moto. Il est une pratique devenue récurrente à N’Djamena bien qu’interdite par les textes réglementaires en vigueur.

Il est 7h ce vendredi 5 janvier 2024. Quatre élèves remorqués sur une moto faufilent entre camions et motos sur l’avenue Pascal Yoadimnadji. Tout à coup, ils ont heurté un camion stationné. Tous les quatre sont blessés.

Le transport en amazone, bien qu’interdit par les textes, est une pratique récurrente observée à N’Djamena. Moto taxi et particuliers se livrent à cette pratique.

« Nous les clandomen, nous pratiquons le transport en amazone pour diverses raisons. Mais en général c’est à la demande des clients », se défend Ibrahim Moussa, un “clandoman” en activité au marché central de N’Djamena. Il explique que cette pratique est avantageuse pour le transporteur ainsi que pour l’usager. « Par exemple pour un trajet de 1 000F, deux personnes peuvent monter la même moto et payer 1 500F au lieu de 2 000F, ce qui nous profite aussi. Même distance, même carburant mais 1 500F », détaille-t-il.

Comme autre raison qui pousse au transport commun, notre interlocuteur avance les cas sociaux. « Un malade ne peut pas rester à seul sur la moto. Dans ce genre de cas, une autre personne monte pour le soutenir », justifie-t-il. Il y a aussi les cérémonies de mariage et les déplacements pour le cimetière. Dans ces cas, même la Police est clémente.

Cependant, le transport en amazone est une pratique à risque. D’abord, il y a un surpoids, ce qui peut causer de déséquilibre. Ensuite, il y a des cas d’agression. Des cas pareils sont souvent enregistrés. « C’est pourquoi on n’accepte pas les transports en amazone pour de longues distances et les zones à risque », indique notre interlocuteur. Puis il y a le risque de se faire arrêter par la Police ; le transport en amazone est interdit par les textes réglementaires. Enfin, il y a le conflit clandomen-taximen nous dévoile Ibrahim Moussa. Il explique que les taximen disent que deux ou plus de personnes reviennent déjà à eux de les transporter et non aux clandomen. « Ce qui pousse les chauffeurs de taxi à coincer les clandomen en transport amazone dans les circulations et même de les faire tomber », raconte-t-il.

Au vu des risques de ce mode de transport, Fakir Nouh, président de l’association des “clandomen” du marché central appelle à la prudence. « Je conseille aux collègues de ne pas faire le transport en amazone mais de se contenter du peu que nous trouvons. J’encourage les collègues qui n’acceptent pas cette pratique. Car en pratiquant, on met en danger nos vies et la vie de nos clients. »

Pour plus d’informations et d’analyses sur la Tchad, suivez Africa-Press

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here