Africa-Press – Tchad. Le parti Rassemblement au service de la Nation (RSN) a eu une sortie médiatique ce 27 décembre au cours de laquelle ses responsables ont dressé un réquisitoire sévère contre la situation économique, sociale et institutionnelle du Tchad. Son président, Sadick Sougour Anni Dicdire, et le secrétaire général adjoint et porte-parole, Abdelnassir Hamadou, ont tour à tour exprimé leurs inquiétudes et appelé à un changement profond de gouvernance.
Selon le RSN, la cherté de la vie, le chômage massif des jeunes, ainsi que la précarité croissante des ménages traduisent un malaise social profond. Le parti estime que ces difficultés, qui affectent particulièrement les populations vulnérables, sont la conséquence directe d’un système de gouvernance qualifié de dysfonctionnel depuis plus de trois décennies.
Dans son intervention, le président du RSN a dénoncé un régime qu’il juge marqué par la corruption, l’injustice et la concentration excessive des pouvoirs entre les mains d’un cercle restreint.
Il a notamment pointé l’ »incapacité » des autorités à répondre durablement aux besoins essentiels des populations, citant les difficultés persistantes d’accès à l’électricité, à l’eau potable et aux carburants, malgré les ressources pétrolières et minières du pays.
Le RSN s’interroge également sur la gestion des revenus issus du pétrole et de l’or, estimant que ces richesses ne profitent pas suffisamment aux citoyens.
Le parti dénonce une »opacité » dans la gestion des deniers publics et affirme que cette situation contribue à l’aggravation des inégalités sociales.
De son côté, le secrétaire général adjoint a mis en cause le recul des libertés publiques, évoquant la persistance de prisonniers politiques et d’opinion, la répression de la contestation et l’usage, selon lui, des moyens de l’État pour affaiblir les voix dissidentes. Il a aussi dénoncé des pratiques électorales qu’il qualifie de frauduleuses, estimant qu’elles affaiblissent la crédibilité des institutions.
Le RSN a par ailleurs critiqué certaines institutions issues de la 5e République, jugées coûteuses et peu efficaces face aux urgences sociales, ainsi que l’inefficacité de mécanismes de prévention des conflits, dans un contexte marqué par des tensions communautaires récurrentes.
Face à ces constats, le parti appelle à une gouvernance fondée sur la justice, la transparence, le respect des droits humains et le consensus national. Il invite les Tchadiens, au-delà des clivages religieux, ethniques ou politiques, à s’unir autour des valeurs de paix, de dialogue et de vivre-ensemble, estimant que « le Tchad mérite mieux » et que seul un engagement collectif peut ouvrir la voie à un avenir plus juste.
Pour plus d’informations et d’analyses sur la Tchad, suivez Africa-Press





