Africa-Press – Tchad. Face aux dangers sanitaires, sociaux et économiques liés à la consommation des boissons frelatées et au départ massif et incontrôlé des jeunes vers les zones d’orpaillage, le Réseau des associations des jeunes du Mandoul (RAJM) a lancé une vaste campagne de sensibilisation contre ces fléaux. L’initiative se déroule du 27 décembre 2025 au 3 janvier 2026 dans les six départements de la province. La cérémonie officielle de lancement s’est tenue ce samedi 27 décembre au Centre culturel Champagnat, en présence de nombreux jeunes, de chefs de quartiers, de leaders religieux ainsi que des autorités administratives locales.
Cette campagne vise à informer, prévenir et mobiliser la jeunesse autour d’alternatives saines, génératrices d’emplois et porteuses d’avenir.
Selon Tog-Allah Miangar, président du comité d’organisation, cette initiative fait suite à un constat alarmant. « Le RAJM a décidé de mener cette sensibilisation afin d’amener les jeunes à prendre conscience des dangers liés à la consommation des alcools frelatés et à l’exode massif vers les zones d’orpaillage », a-t-il expliqué.
Il a appelé les autorités et les forces vives du Mandoul à soutenir cette campagne afin que la jeunesse mandoulaise puisse préparer son avenir et occuper une place digne à l’échelle nationale.
Prenant la parole, le président du RAJM, Alladoumbaye Mathias, a dénoncé les effets dévastateurs des alcools frelatés. « Les alcools frelatés tuent lentement mais sûrement. Ils détruisent la santé, altèrent le jugement, favorisent la violence et brisent les liens familiaux. Aucun développement n’est possible si notre jeunesse est empoisonnée », a-t-il déclaré.
Abordant la question de l’orpaillage, il a souligné que cette activité apparaît à tort comme une solution miracle.
« Beaucoup de jeunes quittent leurs villages avec l’espoir d’un gain rapide, mais ils y trouvent trop souvent l’exploitation, les accidents, l’insécurité, parfois la disparition ou la mort », a-t-il ajouté.
Selon lui, ce départ massif vide les communautés de leurs forces vives, désorganise les familles et compromet l’avenir agricole et économique du Mandoul.
« L’État ne peut pas tout faire seul. La solution viendra de notre engagement collectif. Chefs traditionnels, leaders religieux, associations, parents et jeunes eux-mêmes doivent être les acteurs de ce changement », a-t-il conclu, appelant à promouvoir des alternatives réalistes telles que l’école, l’agriculture, l’artisanat et l’initiative communautaire.
Lançant officiellement la campagne, le sous-préfet de Koumra rural, Drapeau Traïnan, a déploré la situation d’une partie de la jeunesse confrontée au chômage, à la pauvreté et au manque de perspectives, la rendant vulnérable à des choix compromettant son avenir.
« Cette campagne repose sur une conviction forte: la solution viendra de nous-mêmes, de notre capacité collective à dialoguer avec les jeunes et à créer des mécanismes d’encadrement adaptés à nos traditions », a-t-il déclaré.
L’autorité administrative a invité les membres du RAJM à mener une campagne dynamique, sans préjugés ni stigmatisation, afin d’amener les jeunes à comprendre les risques liés aux alcools frelatés et à l’orpaillage, tout en ouvrant des espaces de réflexion sur des alternatives concrètes pour maintenir les jeunes dans leurs villages et favoriser le développement socioéconomique local.
Durant une semaine, l’équipe de la campagne mènera des actions de terrain et des échanges communautaires à Péni, Bedjondo, Mouroumgoulaye, Goundi, Moïssala et Koumra, afin d’encourager les jeunes à faire des choix responsables et à s’engager dans des alternatives durables telles que l’éducation, l’agriculture, l’entrepreneuriat et l’artisanat.
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