Comité de Suivi Fustige Déclarations du Ministre des Finances

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Comité de Suivi Fustige Déclarations du Ministre des Finances
Comité de Suivi Fustige Déclarations du Ministre des Finances

Africa-Press – Tchad. Le Comité de suivi des droits sociaux des ex-conseillers nationaux et du personnel a réagi avec fermeté aux récentes déclarations du ministre des Finances relatives à la situation des anciens membres et du personnel d’appui du Conseil national de transition (CNT), tenues devant les deux chambres du Parlement.

Dans un communiqué rendu public, le Comité estime que les propos du ministre sont marqués par des contradictions et reposent sur une interprétation jugée erronée des textes de la République.

Selon le Comité, l’argument de la méconnaissance des procédures avancé par le ministre ne résiste pas à l’analyse. Il rappelle qu’en 2021, ce dernier avait lui-même ordonné le paiement des indemnités de départ des députés de la troisième législature. Par ailleurs, lors de son passage à l’Assemblée nationale dans le cadre de l’examen de la Loi organique relative aux lois de finances 2025, le ministre aurait reconnu que la ligne budgétaire destinée à ces indemnités avait été prévue, mais qu’elle était restée inutilisée. Or, souligne le communiqué, un fonds régulièrement inscrit au budget n’a pas besoin de réclamations préalables pour être décaissé.

Le Comité de suivi dénonce également une attitude qualifiée d’irrespectueuse envers les deux chambres du Parlement. À l’Assemblée nationale, le ministre aurait refusé de répondre aux interpellations des députés, sans évoquer l’existence de dossiers manquants, malgré le caractère urgent du dossier rappelé publiquement par le président de l’Assemblée nationale depuis le perchoir.

Le communiqué accuse en outre le ministre de s’être substitué au Conseil constitutionnel en livrant une interprétation jugée hasardeuse des lois de la République. En affirmant que les ministres mériteraient les mêmes droits que les conseillers nationaux, il aurait ignoré le cas du Conseil militaire de transition (CMT) et occulté le fait que le gouvernement et le parlement relèvent de cadres juridiques et d’une jurisprudence distincts. Le Comité considère cette position comme une usurpation d’autorité sur les textes législatifs.

Le Comité fustige enfin des déclarations publiques qualifiées de méprisantes, notamment lorsque le ministre a présenté les membres du gouvernement comme « ses ministres » devant la représentation nationale, laissant entendre que les deniers publics relèveraient d’une gestion personnelle.

Face à cette situation, le Comité estime que l’opinion publique et les plus hautes autorités du pays sont désormais témoins de ces agissements, qu’il qualifie d’inutiles et frustrants. Il appelle les ex-conseillers nationaux et le personnel d’appui à rejeter ce qu’il considère comme une manœuvre de diversion.

Se voulant rassembleur, le Comité affirme refuser toute stratégie d’esquive et annonce son intention de se rendre prochainement à l’Assemblée nationale, en tant qu’héritière du CNT, ainsi qu’à la médiature, afin de réunir les preuves de la saisine du ministre des Finances. En dernier ressort, il prévoit de saisir de nouveau le président de la République pour solliciter son arbitrage.

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