Africa-Press – Tchad. Ouvert officiellement en 2009, le Royaume culturel de Soubyanna, espace de promotion artistique porté par le groupe Soubyanna Music, a longtemps été un haut lieu de la scène musicale tchadienne. Doté d’une capacité d’environ 1 000 places, ce cadre culturel vibrait chaque fin de semaine au rythme des concerts et des rencontres artistiques. Aujourd’hui cependant, le Royaume traverse une période difficile, fragilisé par la disparition successive de deux grandes figures de la musique tchadienne.
L’histoire de Soubyanna Music remonte au 11 août 2002, dans le quartier Ardep-Djoumal à N’Djamena. Né dans le sillage de Safi Music, un groupe cofondé avec feu Talino Manu, Soubyanna débute avec sept artistes. Le groupe s’impose progressivement sur la scène musicale nationale avec la sortie de plusieurs albums: Éternel, premier opus, suivi de Se souvenir en 2008, puis Monde meilleur en 2015.
Selon Maloum Mahamat, président du groupe Soubyanna Music, le Royaume culturel a véritablement pris forme en 2010. « Avant la mort de ces deux légendes de la musique tchadienne, les vendredis, samedis et dimanches, les supporters étaient nombreux. On organisait des concerts et ça marchait », se souvient-il.
Le premier coup dur survient en 2019 avec le décès de Sa Majesté Seid Caman. Malgré cette perte, le groupe avait continué de tenir grâce à l’engagement du Maréchal Baye Caman, chef d’orchestre et pilier de la formation. « Quand Seid a rendu l’âme, le Maréchal Baye Caman a continué avec ses poulains. Parfois, lorsqu’on avait des invitations ailleurs, on se déplaçait pour donner des concerts », explique Maloum Mahamat.
Mais en avril 2025, la disparition du Maréchal Baye Caman plonge Soubyanna Music dans une nouvelle épreuve. « Le malheur est encore tombé sur Soubyanna Music. C’est là que nous avons beaucoup souffert. Personnellement, je me suis dit: c’est fini, on va arrêter », confie-t-il.
Pourtant, l’espoir renaît grâce à l’héritage laissé par les fondateurs. « Soubyanna, c’est avant tout une formation. Seid et Baye Caman ont formé des jeunes. Je n’y croyais pas vraiment, mais lorsque l’Institut français du Tchad (IFT) a invité le groupe à l’occasion de la Fête de la musique, la prestation a été remarquable. C’est à ce moment-là que je me suis dit: on continue », poursuit-il.
Aujourd’hui, Soubyanna Music compte 16 membres. Si le Royaume culturel de Soubyanna n’est plus aussi animé qu’à ses heures de gloire, la volonté de le faire revivre demeure intacte. « Nous cherchons à nous relever. Avec ces jeunes, ce n’est pas facile, mais je les encourage et je suis convaincu qu’avec le temps, nous allons reprendre », assure Maloum Mahamat.
Entre mémoire, transmission et résilience, Soubyanna Music continue ainsi de porter l’espoir d’une renaissance, fidèle à l’esprit de ses fondateurs et à la promesse d’un monde meilleur à travers la musique.
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