Des océans submergés par le plastique

48
Des océans submergés par le plastique
Des océans submergés par le plastique

Africa-Press – Tchad. Ce sont les océanographes qui ont sonné l’alerte: à la fin du siècle, ils identifient dans l’océan Pacifique une zone saturée en débris plastiques de trois millions de kilomètres carrés. Mais ce « septième continent » n’est que la partie émergée de l’iceberg. « Sur les 200 millions de tonnes de plastique qui se retrouvent aujourd’hui dans les océans, environ 80 millions sont dans l’eau et 117 millions dans les sédiments marins. Seul 0,3 million flotte en surface », estime Jeroen Sonke, directeur de recherche CNRS à l’Université de Toulouse 3.

Une dégradation très lente

« Même les bactéries ne parviennent pas à les digérer », complète Pascale Fabre, directrice de recherche à l’Université de Montpellier et fondatrice du groupement de recherche Polymères et Océans. Les plastiques les plus abondants sont les polyéthylènes et les polypropylènes, issus de la transformation d’hydrocarbures.

Comment agir ?

« Le paradoxe du plastique est qu’il dure très longtemps alors qu’on ne l’utilise parfois que quelques minutes, constate Pascale Fabre. Et il s’accumule: c’est cela, le principal danger. » Les microplastiques avalés par les organismes marins – poissons, crustacés ou plancton -provoquent une inflammation de leur tube digestif. Une maladie qui porte un nom, la plasticose, depuis qu’une équipe australienne l’a décrite chez des oiseaux marins, les puffins, souffrant de fibroses digestives pouvant altérer la croissance et la survie de l’espèce. Ingérées par les humains, ces molécules pourraient induire des maladies inflammatoires du côlon et altérer le microbiote intestinal. Encore peu étudiés, les nanoplastiques, qui traversent les tissus et rejoignent la circulation sanguine, inquiètent encore davantage: ce pourrait être des perturbateurs endocriniens.

Face à cette catastrophe, comment agir ? « La priorité est de baisser notre production de plastiques – 10 milliards de tonnes depuis les années 1950 – puis de repenser leur conception en y intégrant une réflexion sur leur fin de vie , remarque Pascale Fabre. Certains plastiques recyclés sont en effet plus toxiques que leur version de départ, et ceux qui sont issus de matière végétale, comme l’amidon de maïs ou la canne à sucre, ne sont pas toujours biodégradables dans la nature. » Une réduction qui permettra de combattre un autre fléau: la quantité de particules présentes sur les continents et dans l’atmosphère, encore peu débattue, mais tout aussi importante et dangereuse que celle des océans.

Pour plus d’informations et d’analyses sur la Tchad, suivez Africa-Press

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here