{"id":13306,"date":"2021-11-07T18:02:25","date_gmt":"2021-11-07T18:02:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africa-press.net\/tchad\/politique\/comment-vivre-avec-le-virus"},"modified":"2021-11-07T19:03:24","modified_gmt":"2021-11-07T19:03:24","slug":"comment-vivre-avec-le-virus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africa-press.net\/tchad\/toutes-les-actualites\/comment-vivre-avec-le-virus","title":{"rendered":"Comment vivre avec le virus ?"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #ff6600\"><strong>Africa-Press &#8211; Tchad. <\/strong><\/span>Se r\u00e9fugier sur une \u00eele ne semble m\u00eame pas une option pour vivre enfin en paix, \u00e0 l\u2019abri de la fichue COVID. Prenez la Nouvelle-Z\u00e9lande. Oh ! elle n\u2019a d\u00e9plor\u00e9 que 27 morts pour cinq millions d\u2019habitants depuis le d\u00e9but de la pand\u00e9mie, sa situation au milieu du Pacifique Sud ayant beaucoup aid\u00e9 \u00e0 traquer chaque cas pour \u00e9viter les \u00e9closions. Mais le variant Delta a tout chang\u00e9. Au point que, d\u00e9but octobre, apr\u00e8s sept semaines de confinement impos\u00e9 aux habitants d\u2019Auckland, la premi\u00e8re ministre Jacinda Ardern s\u2019est r\u00e9solue \u00e0 annoncer que m\u00eame ces mesures ultra-strictes n\u2019avaient pas emp\u00each\u00e9 le virus de prendre pied et que les N\u00e9o-Z\u00e9landais allaient devoir, comme le reste du monde, \u00ab vivre avec le virus \u00bb.<\/p>\n<p>C\u2019est aussi la conclusion \u00e0 laquelle de plus en plus de Qu\u00e9b\u00e9cois en viennent : on va devoir faire avec le virus. Les sp\u00e9cialistes ne pensent pas non plus qu\u2019on r\u00e9ussira \u00e0 \u00e9radiquer le SRAS-CoV-2, parce qu\u2019il est trop pr\u00e9sent, trop contagieux, et qu\u2019il pourrait s\u2019installer de nouveau chez un h\u00f4te animal et nous retomber dessus au gr\u00e9 des rencontres, puisqu\u2019on l\u2019a d\u00e9j\u00e0 trouv\u00e9 chez de multiples esp\u00e8ces. Alors, comment \u00ab vivre avec le virus \u00bb et revenir en m\u00eame temps \u00e0 une vie normale ?<\/p>\n<p>On c\u00f4toie depuis la nuit des temps d\u2019innombrables virus. Parmi ceux-ci, il y a de vraies saloperies qui causent des maladies graves (qu\u2019on tente de rendre moins mortelles avec des vaccins et des traitements), de simples compagnons de voyage (qui entra\u00eenent des infections banales) et bien d\u2019autres virus qui ne nous affectent m\u00eame pas. Il y a aussi des virus qui donnent lieu \u00e0 des fl\u00e9aux plan\u00e9taires r\u00e9currents, comme celui de la grippe, des virus exotiques qui restent cantonn\u00e9s \u00e0 certaines r\u00e9gions de pays pauvres, comme celui de la fi\u00e8vre jaune, et des \u00e9pid\u00e9miques qui \u00e9closent par moments.<\/p>\n<p>Mais on ne sait pas encore tr\u00e8s bien ce qu\u2019impliquera de vivre avec le SRAS-CoV-2, car ce virus est trop r\u00e9cent. On sait par contre que la suite d\u00e9pendra de la mani\u00e8re dont le virus va \u00e9voluer, de notre immunit\u00e9 dop\u00e9e par les vaccins et des progr\u00e8s dans les traitements, ainsi que des politiques et de nos propres comportements. Voici ce \u00e0 quoi on peut s\u2019attendre.<\/p>\n<p><b>Des mesures sanitaires encore pour un bout<\/b><\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2021, l\u2019Alberta et la Saskatchewan ont fait la d\u00e9monstration de ce qui se passe si les mesures sanitaires sont fortement rel\u00e2ch\u00e9es alors que le taux de vaccination de la population n\u2019est pas suffisant pour contrecarrer la contagiosit\u00e9 du virus : les cas augmentent en fl\u00e8che, les malades critiques arrivent tous en m\u00eame temps aux soins intensifs et le d\u00e9lestage d\u2019op\u00e9rations vitales devient r\u00e9alit\u00e9. M\u00eame Singapour, o\u00f9 plus de 80 % de la population est pleinement vaccin\u00e9e, s\u2019est r\u00e9sign\u00e9e \u00e0 limiter de nouveau les rassemblements apr\u00e8s avoir vu une hausse explosive des cas menacer son syst\u00e8me de sant\u00e9, \u00e0 la suite de l\u2019abandon de plusieurs mesures sanitaires.<\/p>\n<p>Au Qu\u00e9bec, la capacit\u00e9 des h\u00f4pitaux est limit\u00e9e par le manque de personnel. La marge de man\u0153uvre est mince, et le syst\u00e8me de sant\u00e9 ne peut gu\u00e8re se permettre de voir augmenter le nombre de malades de quoi que ce soit. Une forte saison de grippe, un variant rapport\u00e9 par des voyageurs, un rel\u00e2chement trop rapide des mesures sanitaires, tout cela pourrait ramener des mesures plus s\u00e9v\u00e8res que celles qui sont appliqu\u00e9es actuellement.<\/p>\n<p>Le barom\u00e8tre qui guide l\u2019imposition des mesures sanitaires au Qu\u00e9bec, comme \u00e0 beaucoup d\u2019endroits, c\u2019est en effet le nombre d\u2019hospitalisations, particuli\u00e8rement aux soins intensifs. Or, environ 800 000 Qu\u00e9b\u00e9cois de plus de 12 ans n\u2019ont encore re\u00e7u aucun vaccin. \u00ab Ils ont choisi, consciemment ou non, d\u2019\u00eatre infect\u00e9s, et on va devoir g\u00e9rer la suite en fonction de la place qu\u2019ils prendront aux soins intensifs \u00bb, explique le Dr Gaston De Serres, membre du Comit\u00e9 sur l\u2019immunisation du Qu\u00e9bec.<\/p>\n<p>Chaque semaine, l\u2019Institut national d\u2019excellence en sant\u00e9 et en services sociaux (INESSS) fournit au gouvernement une projection des risques d\u2019hospitalisations sur les trois semaines suivantes, tant pour les lits ordinaires que pour ceux aux soins intensifs, calcul\u00e9e \u00e0 partir d\u2019une multitude de param\u00e8tres (taux de reproduction du virus, caract\u00e9ristiques d\u00e9mographiques des personnes infect\u00e9es, efficacit\u00e9 des vaccins, d\u00e9lais de d\u00e9pistage, etc.). Sur quelque 1 300 lits aux soins intensifs dans tout le Qu\u00e9bec, 350 au maximum peuvent \u00eatre occup\u00e9s par des patients atteints de la COVID. On comptait environ 80 de ces patients \u00e0 la mi-octobre, et 9 sur 10 n\u2019\u00e9taient pas vaccin\u00e9s. La plupart des malades aux soins intensifs sont des adultes qui y s\u00e9journent de une \u00e0 deux semaines, selon leur \u00e2ge.<\/p>\n<p>Comme depuis le d\u00e9but de la pand\u00e9mie, experts en sant\u00e9 publique et politiciens vont continuer \u00e0 choisir quelles mesures appliquer en fonction de multiples param\u00e8tres \u00e9pid\u00e9miologiques, de l\u2019efficacit\u00e9 de chacune et des contraintes qu\u2019elles entra\u00eenent. Il n\u2019y a pas de chiffre magique qui indiquerait \u00e0 quel moment on pourrait, par exemple, abandonner les masques dans telle ou telle circonstance.<\/p>\n<p>Bien malin celui qui saurait dire quand la quatri\u00e8me vague va s\u2019\u00e9teindre et si d\u2019autres suivront. \u00c0 chaque sortie de vague, certaines mesures seront lev\u00e9es \u2014 m\u00eame s\u2019il faudra se montrer tr\u00e8s prudents. \u00c0 garder en t\u00eate : les risques d\u2019\u00e9closion sont \u00e0 leur maximum lorsqu\u2019un grand nombre de personnes, parmi lesquelles certaines ne sont pas vaccin\u00e9es, se c\u00f4toient de pr\u00e8s sans masque dans un lieu clos. Ainsi, les derni\u00e8res mesures \u00e0 dispara\u00eetre seront probablement les limites aux gros rassemblements priv\u00e9s et l\u2019obligation du masque dans les lieux potentiellement achaland\u00e9s, mais non soumis au passeport vaccinal, comme les commerces ou les transports en commun.<\/p>\n<p>Ceux qui r\u00eavent de voir ces mesures s\u2019envoler une fois l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence sanitaire lev\u00e9 risquent d\u2019\u00eatre d\u00e9\u00e7us. Le premier ministre Fran\u00e7ois Legault a certes annonc\u00e9 qu\u2019il renoncera \u00e0 cette disposition au d\u00e9but de 2022, quand les enfants auront \u00e9t\u00e9 vaccin\u00e9s. Mais ce volet de la Loi sur la sant\u00e9 publique, qui a notamment permis au gouvernement d\u2019interdire des d\u00e9placements, n\u2019est pas n\u00e9cessaire pour maintenir certaines mesures dans des circonstances donn\u00e9es. De plus, l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence sanitaire pourrait de nouveau \u00eatre d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 en cours d\u2019ann\u00e9e si la situation se d\u00e9gradait.<\/p>\n<p>Les choix des autorit\u00e9s d\u00e9pendront aussi de l\u2019acceptabilit\u00e9 sociale, du taux de vaccination et de l\u2019efficacit\u00e9 des vaccins contre la transmission et les formes graves de la maladie. \u00ab \u00c0 un moment, il faudra r\u00e9examiner le passeport sanitaire et la vaccination obligatoire des employ\u00e9s de la sant\u00e9, deux mesures que l\u2019on a jug\u00e9es acceptables parce qu\u2019elles \u00e9taient temporaires \u00bb, rappelle Michel D\u00e9sy, du Comit\u00e9 d\u2019\u00e9thique de sant\u00e9 publique de l\u2019INSPQ. Quand ? Tout d\u00e9pendra de l\u2019impr\u00e9visible \u00e9pid\u00e9miologie et de l\u2019\u00e9tat du syst\u00e8me de sant\u00e9.<\/p>\n<p><b>Des variants \u00e0 surveiller<\/b><\/p>\n<p>Oui, cette pand\u00e9mie va finir par finir, comme toutes celles qui l\u2019ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e. Mais en 2022, on devra continuer de composer avec l\u2019incertitude. Cette ann\u00e9e ou plus tard, on passera d\u2019une phase de crise \u00e0 une situation plus stable, pour vivre avec un virus qu\u2019on qualifiera alors d\u2019end\u00e9mique, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il circulera sans provoquer une pand\u00e9mie. Sur quel monde d\u00e9bouchera cette transition ?<\/p>\n<p>Le meilleur sc\u00e9nario : on disposera de vaccins efficaces contre tous les variants et on r\u00e9ussira \u00e0 les distribuer partout sur la plan\u00e8te pour contenir le virus. On reprendra alors le fil de nos vies relativement sans contraintes.<\/p>\n<p>Le pire : on vivra un monde divis\u00e9, tristement pessimiste, dans lequel \u00e9mergeront r\u00e9guli\u00e8rement des variants qui \u00e9chapperont \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9 vaccinale. Dans ce sc\u00e9nario, seuls les pays riches auront les moyens de revacciner leur population, qui devra chaque fois se plier \u00e0 des mesures sanitaires en attendant un vaccin. Le reste de la plan\u00e8te tentera de survivre de vague en vague.<\/p>\n<p>Ces deux extr\u00eames sont \u00e9tudi\u00e9s par les experts du Conseil scientifique international, une soci\u00e9t\u00e9 savante, avec le soutien de l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS) et du Bureau des Nations unies pour la pr\u00e9vention des catastrophes.<\/p>\n<p>Dans tous les cas, vivre avec un virus qui \u00e9volue nous oblige \u00e0 le surveiller comme de l\u2019huile sur le feu. Au Qu\u00e9bec comme ailleurs, il faut continuer les tests, m\u00eame si le virus recule, pour que la surveillance g\u00e9nomique puisse rep\u00e9rer les variants d\u00e8s qu\u2019ils \u00e9mergent. \u00ab Il reste \u00e9norm\u00e9ment \u00e0 faire pour doter le monde de capacit\u00e9s de s\u00e9quen\u00e7age \u00e0 la hauteur du d\u00e9fi \u00bb, croit le microbiologiste Jean Longtin, de l\u2019Universit\u00e9 Laval, qui participe \u00e0 une mission de l\u2019OMS au Cap pour essayer d\u2019am\u00e9liorer le d\u00e9pistage dans tout le sud de l\u2019Afrique. \u00ab Dans certains coins, on d\u00e9couvre encore les variants avec plusieurs mois de retard ! \u00bb constate-t-il.<\/p>\n<p>Nous ne sommes pas pour autant condamn\u00e9s \u00e0 devoir aller faire la file \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition au centre de d\u00e9pistage. Plusieurs nouvelles modalit\u00e9s de test pourraient \u00eatre mises en place au fil du temps, dont certaines assez vite. Tests rapides, autotests \u00e0 la maison, analyse de la salive\u2026 de nombreuses techniques n\u2019ont pas encore \u00e9t\u00e9 exploit\u00e9es \u00e0 leur plein potentiel au Qu\u00e9bec, et celles d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9es ailleurs dans le monde sont perfectibles.<\/p>\n<p>On ne peut pas pr\u00e9dire quels variants appara\u00eetront ni quelles seront leurs caract\u00e9ristiques. Mais on sait ce qui peut pousser le virus dans un sens ou dans un autre.<\/p>\n<p>Parmi les multiples variants qui ont \u00e9merg\u00e9, seuls quatre ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s comme pr\u00e9occupants par l\u2019OMS. Ce statut indique qu\u2019au moins une nouvelle propri\u00e9t\u00e9 du virus est susceptible d\u2019en compliquer la gestion : il peut devenir plus contagieux, plus virulent \u2014 c\u2019est-\u00e0-dire capable de causer une maladie plus grave \u2014, \u00e9chapper \u00e0 l\u2019immunit\u00e9 (procur\u00e9e par la vaccination ou une infection pass\u00e9e) ou encore r\u00e9sister aux traitements. Et malheureusement, ces propri\u00e9t\u00e9s peuvent se combiner.<\/p>\n<p>Dans les prochains mois, l\u2019immunit\u00e9 croissante de la population \u2014 des centaines de millions de personnes ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 infect\u00e9es, mais surtout, plus de six milliards de doses de vaccins ont \u00e9t\u00e9 inject\u00e9es \u2014 va exercer une nouvelle pression. L\u2019\u00e9volution risque de favoriser, au hasard des mutations, celles qui aideront le virus \u00e0 d\u00e9jouer cette r\u00e9ponse immunitaire.<\/p>\n<p>En Autriche, l\u2019\u00e9quipe de Fyodor Kondrashov, chercheur en g\u00e9nomique \u00e9volutive, a construit un mod\u00e8le math\u00e9matique pour voir ce qui favoriserait la naissance de ces variants d\u2019un nouveau genre. Le sc\u00e9nario du pire, selon son \u00e9tude : des contacts \u00e9troits dans une population comptant autant de gens immunis\u00e9s que non immunis\u00e9s. Dans ces conditions, a calcul\u00e9 le chercheur, le risque que le virus acqui\u00e8re ce type de mutations, en alternant entre les deux groupes, est \u00e0 son maximum.<\/p>\n<p>Tant que la population mondiale ne sera pas largement immunis\u00e9e, l\u2019\u00e9mergence d\u2019un variant de ce genre nous pend donc au bout du nez. Selon sa contagiosit\u00e9, il pourrait, ou non, r\u00e9ussir \u00e0 s\u2019implanter m\u00eame l\u00e0 o\u00f9 la population est bien prot\u00e9g\u00e9e. Alors, un conseil si vous pr\u00e9voyez voyager en 2022 : prenez une bonne assurance annulation, car des liaisons a\u00e9riennes pourraient \u00eatre interrompues \u00e0 tout moment pour ralentir un variant, par le Canada (advenant un variant canadien ou une forte circulation d\u2019un variant venu d\u2019ailleurs) ou par tout autre pays.<\/p>\n<p>Combien de temps allons-nous devoir vivre avec cette menace ? La r\u00e9ponse d\u00e9pend beaucoup des strat\u00e9gies des gouvernements et des entreprises pharmaceutiques.<\/p>\n<p>D\u2019ici la fin de 2021, COVAX, l\u2019initiative visant \u00e0 partager les vaccins \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la plan\u00e8te, pr\u00e9voit livrer 1,6 milliard de doses dans 139 pays d\u00e9favoris\u00e9s, soit assez pour immuniser 20 % de la population, ou 40 % des adultes. Et elle esp\u00e8re que 70 % de la population mondiale sera vaccin\u00e9e d\u2019ici la mi-2022.<\/p>\n<p>Fin septembre, l\u2019Union europ\u00e9enne et les \u00c9tats-Unis se sont donn\u00e9 le m\u00eame objectif. Les pays riches ont accru leurs dons depuis quelques mois, mais ils stockent aussi des vaccins en pr\u00e9vision de troisi\u00e8mes doses, contre l\u2019avis de l\u2019OMS. COVAX bl\u00e2me \u00e9galement Pfizer et AstraZeneca, qui n\u2019ont pas r\u00e9ussi \u00e0 augmenter leurs capacit\u00e9s de production aussi vite qu\u2019annonc\u00e9.<\/p>\n<p>Dans les pays du Sud, d\u2019innombrables entreprises se disent pr\u00eates \u00e0 fabriquer les vaccins sous licence pour acc\u00e9l\u00e9rer la cadence. La premi\u00e8re dose du vaccin russe Sputnik a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 produite ainsi dans 34 pays, mais les nouveaux producteurs peinent \u00e0 fabriquer la seconde dose, qui n\u2019a pas la m\u00eame composition. Les vaccins \u00e0 ARN, eux, sont presque tous accapar\u00e9s par les pays riches, et aucun pays du Sud ne les fabrique encore sous licence.<\/p>\n<p><b>Une troisi\u00e8me dose, peut-\u00eatre<\/b><\/p>\n<p>M\u00eame si personne n\u2019a de boule de cristal, l\u2019immunologue Alain Lamarre, de l\u2019Institut national de la recherche scientifique (INRS), pense qu\u2019il est peu probable qu\u2019une campagne de vaccination massive soit mise en branle avant l\u2019\u00e9t\u00e9 2022 au Qu\u00e9bec, d\u2019autant plus que la protection contre les hospitalisations et la mortalit\u00e9 offerte par les vaccins actuels ne montre aucun signe de faiblesse.<\/p>\n<p>L\u2019analyse des cas de COVID survenus dans la province entre mars et septembre derniers chez des adultes ne vivant pas en CHSLD ou dans d\u2019autres r\u00e9sidences r\u00e9v\u00e8le que, pour l\u2019instant, les vaccins prot\u00e8gent toujours \u00e0 plus de 90 % contre les risques de maladie grave. Les a\u00een\u00e9s de ces \u00e9tablissements ont toutefois commenc\u00e9 \u00e0 recevoir une troisi\u00e8me dose, car ils sont extr\u00eamement fragiles \u00e0 cause de leur \u00e9tat de sant\u00e9 et de leurs conditions de vie.<\/p>\n<p>D\u2019autres pays ont d\u00e9j\u00e0 entrepris de donner une troisi\u00e8me dose \u00e0 tous les a\u00een\u00e9s, environ six mois apr\u00e8s leur derni\u00e8re injection. Mais les modalit\u00e9s de vaccination ont une grande influence sur la dur\u00e9e et la qualit\u00e9 de l\u2019immunit\u00e9. \u00ab Plus que jamais, on va devoir se fier aux donn\u00e9es locales sur l\u2019immunit\u00e9 pour d\u00e9terminer quand des doses de rappel pourraient \u00eatre n\u00e9cessaires \u00bb, croit l\u2019immunologue Alain Lamarre.<\/p>\n<p>Avec l\u2019\u00e9quipe du Dr Gaston De Serres \u00e0 l\u2019Institut national de sant\u00e9 publique du Qu\u00e9bec, Andr\u00e9s Finzi, virologue \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al, a compar\u00e9 les types d\u2019anticorps produits par des personnes ayant \u00e9t\u00e9 infect\u00e9es avant d\u2019\u00eatre vaccin\u00e9es, et par des gens vaccin\u00e9s \u00e0 3, 12 ou 16 semaines d\u2019\u00e9cart. \u00ab Les gens infect\u00e9s puis vaccin\u00e9s ont la r\u00e9ponse immunitaire la plus blind\u00e9e. Cela dit, m\u00eame si vous \u00eates doublement vaccin\u00e9, je ne vous conseille pas d\u2019attraper la COVID par expr\u00e8s pour doper votre immunit\u00e9 ! \u00bb Les doses espac\u00e9es de 16 semaines offrent aussi une r\u00e9ponse bien plus compl\u00e8te que celles inject\u00e9es \u00e0 3 semaines d\u2019\u00e9cart.<\/p>\n<p>Tant qu\u2019on ne voit pas baisser l\u2019immunit\u00e9, une troisi\u00e8me dose est peu utile. Mais si on devait en donner une \u00e0 tous, on ne replongerait pas n\u00e9cessairement dans le m\u00eame cirque qu\u2019en 2021 : les approvisionnements ont de bonnes chances d\u2019\u00eatre moins probl\u00e9matiques, les effets secondaires des vaccins sont d\u00e9sormais bien connus, et on a toute l\u2019exp\u00e9rience logistique pour mettre sur pied une campagne de vaccination qui roule.<\/p>\n<p>D\u2019ici \u00e0 ce qu\u2019on en arrive l\u00e0, on aura peut-\u00eatre aussi d\u2019autres vaccins \u00e0 notre disposition. \u00ab Il reste beaucoup de place pour de nouveaux vaccins \u00bb, estime Nathalie Charland, directrice scientifique \u00e0 Medicago. Mais seuls quelques-uns s\u2019ajouteront \u00e0 l\u2019arsenal actuel dans les prochains mois. Aux h\u00e9sitants qui attendent le vaccin de Medicago : la soci\u00e9t\u00e9 pharmaceutique qu\u00e9b\u00e9coise pr\u00e9voit d\u00e9poser sa demande d\u2019homologation avant la fin de l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Il y a \u00e9galement de multiples mani\u00e8res de reformuler les vaccins actuels pour les am\u00e9liorer, explique Nathalie Charland : les combiner avec un vaccin contre autre chose pour simplifier les campagnes de vaccination, les donner sous forme orale, nasale ou en timbre\u2026 Un vaccin combin\u00e9 grippe-COVID serait par exemple plus facile \u00e0 g\u00e9rer qu\u2019un vaccin contre la grippe et un autre contre la COVID, m\u00eame si on les donnait en m\u00eame temps. \u00ab Mais cela prendra plusieurs mois, voire des ann\u00e9es avant qu\u2019on y arrive \u00bb, ajoute la directrice scientifique \u00e0 Medicago.<\/p>\n<p>Pour d\u00e9cider de l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019une \u00e9ventuelle troisi\u00e8me dose, on se fie aux r\u00e9sultats des enqu\u00eates \u00e9pid\u00e9miologiques, qui r\u00e9v\u00e8lent r\u00e9guli\u00e8rement combien de gens, d\u00e9j\u00e0 vaccin\u00e9s ou non, ont contract\u00e9 le virus et souffert d\u2019une maladie plus ou moins grave, et apr\u00e8s combien de temps. Par ailleurs, comme l\u2019apparition de nouveaux variants brouille les pistes, ce n\u2019est pas facile d\u2019y voir clair.<\/p>\n<p>Depuis le d\u00e9but de la pand\u00e9mie, les tests de neutralisation des anticorps ont aussi \u00e9t\u00e9 amplement utilis\u00e9s pour \u00e9valuer la force de l\u2019immunit\u00e9. Ces tests permettent de voir \u00e0 quel point le s\u00e9rum sanguin des personnes d\u00e9j\u00e0 vaccin\u00e9es, ou infect\u00e9es, ou les deux reste capable de neutraliser le spicule.<\/p>\n<p>En juillet, le gouvernement isra\u00e9lien a annonc\u00e9 avoir d\u00e9cel\u00e9 une baisse de l\u2019immunit\u00e9 des premi\u00e8res personnes vaccin\u00e9es, six mois plus t\u00f4t. Au m\u00eame moment, Pfizer a propos\u00e9 l\u2019administration d\u2019une troisi\u00e8me dose, six mois apr\u00e8s la deuxi\u00e8me. Elle s\u2019est justifi\u00e9e en \u00e9voquant la situation en Isra\u00ebl, mais aussi en mentionnant que cette dose de rappel augmente nettement les taux d\u2019anticorps neutralisants. \u00ab Les tests de neutralisation sont faciles \u00e0 faire, mais ils ne disent pas tout. C\u2019est manquer de respect aux anticorps que de croire qu\u2019ils ne servent qu\u2019\u00e0 neutraliser le spicule \u00bb, affirme le virologue Andr\u00e9s Finzi.<\/p>\n<p>Dans son labo de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al, son \u00e9quipe a mis au point une technique pour rep\u00e9rer les anticorps qui, au lieu de neutraliser le spicule, servent plut\u00f4t \u00e0 activer le syst\u00e8me immunitaire. Et ils sont nombreux ! Son exp\u00e9rience confirme ce que disent bien d\u2019autres sp\u00e9cialistes : on ne peut pas \u00e9valuer la vigueur de l\u2019immunit\u00e9 en mesurant seulement le taux d\u2019anticorps neutralisants, car les autres soldats du syst\u00e8me immunitaire pourraient nous prot\u00e9ger beaucoup plus durablement.<\/p>\n<p>On craint toutefois que l\u2019immunit\u00e9 contre le SRAS-CoV-2 ne soit pas \u00e9ternelle, en raison de ce que l\u2019on conna\u00eet d\u2019autres coronavirus. Dans les ann\u00e9es 1980, des chercheurs britanniques rattach\u00e9s \u00e0 la Common Cold Unit, un programme de recherche sur le rhume, ont men\u00e9 une exp\u00e9rience qui a fait date. Ils ont d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment infect\u00e9 15 volontaires en leur pulv\u00e9risant dans le nez une solution contenant le 229E, un coronavirus qui donne le rhume et qu\u2019on attrape presque tous pour la premi\u00e8re fois dans l\u2019enfance. Parmi ces 15 cobayes, seuls 10 ont \u00e9t\u00e9 infect\u00e9s, dont 8 ont eu un rhume. Puis ils ont recommenc\u00e9 l\u2019ann\u00e9e suivante. Parmi les 10 volontaires infect\u00e9s la premi\u00e8re fois, 6 ont de nouveau \u00e9t\u00e9 contamin\u00e9s, mais personne n\u2019est tomb\u00e9 malade. Les chercheurs en ont conclu que l\u2019immunit\u00e9 compl\u00e8te est de courte dur\u00e9e \u2014 un an seulement s\u2019\u00e9tait \u00e9coul\u00e9 entre leurs deux tests \u2014, mais qu\u2019une nouvelle infection engendre des sympt\u00f4mes moindres \u2014 en fait, pas de sympt\u00f4mes du tout avec le 229E.<\/p>\n<p>L\u2019immunit\u00e9 contre le SRAS-CoV-2, dop\u00e9e par les vaccins, se comptera-t-elle aussi en mois plut\u00f4t qu\u2019en ann\u00e9es ? \u00c0 suivre.<\/p>\n<p><b>Des fabricants de vaccins sur le qui-vive<\/b><\/p>\n<p>Devrait-on remplacer les vaccins actuels par d\u2019autres qui pourraient mieux nous prot\u00e9ger des variants ? Gaston De Serres, membre du Comit\u00e9 sur l\u2019immunisation du Qu\u00e9bec, estime que le risque est faible que cela devienne bient\u00f4t n\u00e9cessaire, au vu des performances des vaccins dont nous disposons maintenant. Mais il faut quand m\u00eame se tenir pr\u00eats.<\/p>\n<p>Advenant l\u2019apparition d\u2019un dangereux variant qui \u00e9chapperait \u00e0 l\u2019immunit\u00e9, un vaccin adapt\u00e9 pourrait \u00eatre offert en quelques mois. Si ce nouveau variant s\u2019implantait rapidement, il faudrait peut-\u00eatre entre-temps revenir \u00e0 des mesures sanitaires strictes comme celles mises en place dans les zones rouges l\u2019hiver pass\u00e9.<\/p>\n<p>Cependant, il est peu probable qu\u2019apparaisse un virus capable d\u2019\u00e9chapper radicalement \u00e0 notre immunit\u00e9 renforc\u00e9e par les vaccins. Le virologue Andr\u00e9s Finzi, qui analyse la mani\u00e8re dont diff\u00e9rents variants sont attaqu\u00e9s par nos anticorps, est tr\u00e8s rassur\u00e9 par une \u00e9tude publi\u00e9e dans la revue Nature en septembre par l\u2019\u00e9quipe de Paul Bieniasz, de l\u2019Universit\u00e9 Rockefeller, \u00e0 New York.<\/p>\n<p>Les chercheurs ont d\u2019abord cr\u00e9\u00e9 un faux coronavirus, \u00e0 partir d\u2019un virus inoffensif auquel ils ont ajout\u00e9 la s\u00e9quence d\u2019ARN qui permet au SRAS-CoV-2 de fabriquer son spicule. Puis ils l\u2019ont fait \u00e9voluer en acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, en le mettant en contact avec le s\u00e9rum sanguin de personnes gu\u00e9ries de la COVID, dont on sait que les anticorps neutralisants ne sont pas assez puissants pour arriver \u00e0 eux seuls \u00e0 emp\u00eacher une nouvelle infection. Les chercheurs ont vu appara\u00eetre des mutations aidant le virus \u00e0 \u00e9chapper aux anticorps. Certaines leur \u00e9taient famili\u00e8res, puisqu\u2019on les retrouve dans les variants pr\u00e9occupants !<\/p>\n<p>Ils ont ensuite fabriqu\u00e9 un autre faux coronavirus contenant 13 des mutations les plus inqui\u00e9tantes rep\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tape pr\u00e9c\u00e9dente, puis l\u2019ont mis en contact avec le s\u00e9rum de convalescents ou de personnes vaccin\u00e9es. Dans les deux cas, les anticorps sont quand m\u00eame parvenus \u00e0 neutraliser, en partie, le virus.<\/p>\n<p>Les chercheurs ont finalement cr\u00e9\u00e9 un v\u00e9ritable monstre tr\u00e8s peu susceptible d\u2019appara\u00eetre naturellement au fil de l\u2019\u00e9volution, en combinant les m\u00eames 13 mutations \u00e0 7 autres d\u00e9j\u00e0 apparues depuis le d\u00e9but de la pand\u00e9mie. Ce Frankenstein a tenu t\u00eate aux anticorps des convalescents et des personnes vaccin\u00e9es, mais pas \u00e0 ceux des personnes infect\u00e9es puis vaccin\u00e9es ! De plus, ce faux coronavirus a eu bien plus de mal \u00e0 se multiplier que le SRAS-CoV-2 que l\u2019on conna\u00eet. \u00ab Cela signifie que notre syst\u00e8me immunitaire, bien stimul\u00e9, a la capacit\u00e9 de vaincre \u00e0 peu pr\u00e8s n\u2019importe quel variant. Cette exp\u00e9rience montre aussi que les risques de voir \u00e9voluer le virus vers un variant qui \u00e9chapperait compl\u00e8tement \u00e0 la r\u00e9ponse immunitaire dop\u00e9e par les vaccins, ou par les vaccins et une infection pass\u00e9e, semblent tr\u00e8s minces \u00bb, dit Andr\u00e9s Finzi.<\/p>\n<p>N\u2019emp\u00eache, les entreprises pharmaceutiques essaient d\u2019anticiper l\u2019arriv\u00e9e de variants pr\u00e9occupants gr\u00e2ce \u00e0 des outils de mod\u00e9lisation du spicule, comme celui qu\u2019a con\u00e7u Rafa\u00ebl Najmanovich \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al. Avec son \u00e9quipe de bio-informaticiens, le chercheur a \u00e9labor\u00e9 un mod\u00e8le qui permet de voir comment 17 000 combinaisons de mutations changent la forme de cette prot\u00e9ine et pourraient rendre le virus plus infectieux. \u00ab Le mod\u00e8le a r\u00e9ussi \u00e0 pr\u00e9dire l\u2019apparition de trois des quatre variants pr\u00e9occupants \u00bb, se r\u00e9jouit Rafa\u00ebl Najmanovich, qui, en collaboration avec des chercheurs du Royaume-Uni, teste chaque jour de nouvelles combinaisons de mutations rep\u00e9r\u00e9es dans ce pays. \u00ab Cet outil est encore tr\u00e8s imparfait, mais il facilite le rep\u00e9rage de variants pr\u00e9occupants \u00bb, explique-t-il.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de Moderna et de Pfizer, plusieurs vaccins modifi\u00e9s ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 test\u00e9s sur des volontaires, avant qu\u2019on sache que les vaccins actuels restent tr\u00e8s efficaces contre la maladie grave. L\u2019efficacit\u00e9 des vaccins pourrait \u00eatre maximis\u00e9e s\u2019ils \u00e9taient adapt\u00e9s pour combattre de futurs variants.<\/p>\n<p>Changer la formule n\u2019est pas compliqu\u00e9 : il faut quelques semaines pour recopier la nouvelle recette du spicule, puis quelques mois pour tester le vaccin sur des humains. \u00ab \u00c0 Moderna, trois vaccins modifi\u00e9s contre les variants pr\u00e9occupants ont d\u00e9j\u00e0 fait l\u2019objet d\u2019essais de phases 2 et 3 [NDLR : le type d\u2019essais qui permettraient de d\u00e9poser une demande d\u2019approbation pour un vaccin adapt\u00e9], et un nouvel essai d\u00e9marrera sous peu avec un quatri\u00e8me, qui combine les mutations de B\u00eata et de Delta \u00bb, pr\u00e9cise Patricia Gauthier, directrice g\u00e9n\u00e9rale de Moderna Canada.<\/p>\n<p>Fin septembre, la petite entreprise am\u00e9ricaine Gritstone a commenc\u00e9 \u00e0 tester un vaccin d\u2019un nouveau genre, qui cible le spicule, mais aussi d\u2019autres prot\u00e9ines moins sujettes aux mutations. \u00ab Dans les laboratoires, il y a de multiples projets de vaccins de ce type, qui pourraient \u00eatre plus performants contre un virus appel\u00e9 \u00e0 muter \u00bb, raconte Alain Lamarre, de l\u2019INRS.<\/p>\n<p>Les difficult\u00e9s de r\u00e9alisation des essais cliniques risquent toutefois de freiner consid\u00e9rablement le d\u00e9veloppement, tant que des acteurs importants \u2014 de grosses entreprises pharmaceutiques ou des gouvernements \u2014 ne mettront pas des centaines de millions de dollars sur la table pour faire aboutir ces produits.<\/p>\n<p>Le m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne existe avec l\u2019influenza, contre laquelle bien des chercheurs, comme Denis Leclerc, du Centre de recherche du CHU de Qu\u00e9bec, ont concoct\u00e9 un vaccin universel qui pourrait combattre toutes les souches. \u00ab Vu leur mod\u00e8le d\u2019affaires, il est \u00e9vident que les fabricants n\u2019ont aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 remplacer un vaccin qu\u2019on doit redonner p\u00e9riodiquement \u00bb, dit le chercheur.<\/p>\n<p><b>Un simple rhume\u2026 un jour ?<\/b><\/p>\n<p>Oui, on peut esp\u00e9rer que le SRAS-CoV-2 finira d\u2019ici quelques ann\u00e9es par causer un simple rhume. Et non, ce n\u2019est pas une th\u00e9orie farfelue.<\/p>\n<p>Dans une \u00e9tude publi\u00e9e en f\u00e9vrier dernier dans la revue Science, la chercheuse am\u00e9ricaine Jennie Lavine a mod\u00e9lis\u00e9 ce qu\u2019il pourrait advenir de ce virus lorsque la COVID deviendra end\u00e9mique. Elle a constat\u00e9 que, comme la maladie est rarement grave chez les enfants, une fois que la population adulte aura \u00e9t\u00e9 immunis\u00e9e par des vaccins ou par les infections pass\u00e9es, le virus a de fortes chances d\u2019\u00e9voluer pour ne donner qu\u2019une COVID aussi banale qu\u2019un rhume. On pourrait alors tous pousser un \u00e9norme soupir de soulagement\u2026 sans masque ! M\u00eame si, d\u2019ici \u00e0 ce qu\u2019on en soit l\u00e0, d\u2019innombrables personnes pourraient encore mourir de la maladie.<\/p>\n<p>Ne vous r\u00e9jouissez d\u2019ailleurs pas trop vite, avertit Jesse Shapiro, professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 McGill et sp\u00e9cialiste de l\u2019\u00e9volution des microorganismes. \u00ab Les mod\u00e8les \u00e9volutifs servent surtout \u00e0 \u00e9tablir des sc\u00e9narios plus probables que d\u2019autres \u00bb, pr\u00e9cise-t-il. Il croit qu\u2019on ne peut pas exclure, pour l\u2019instant, la possibilit\u00e9 que le SRAS-CoV-2 continue longtemps de pouvoir entra\u00eener une maladie grave.<\/p>\n<p>L\u2019histoire de la \u00ab grippe russe \u00bb au tournant du si\u00e8cle dernier permet tout de m\u00eame de r\u00eaver.<\/p>\n<p>En mai 1889, la petite ville de Boukhara, dans l\u2019actuel Ouzb\u00e9kistan, est aux prises avec une \u00e9pid\u00e9mie d\u2019une dr\u00f4le de grippe, qui semble plus contagieuse et plus mortelle que les infections respiratoires habituelles. En novembre, le microbe arrive \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg, d\u2019o\u00f9 il se r\u00e9pand dans le monde \u00e0 une vitesse fulgurante, en suivant le trajet des trains et des navires.<\/p>\n<p>En six semaines, la grippe russe envahit toute l\u2019Europe occidentale. D\u00e9but janvier 1890, elle d\u00e9barque en Am\u00e9rique du Nord, probablement par le port de Halifax. \u00c0 New York, 1 200 personnes en meurent en une semaine, et le microbe a d\u00e9j\u00e0 trouv\u00e9 son chemin jusqu\u2019en Australie et en Nouvelle-Z\u00e9lande.<\/p>\n<p>Cette pand\u00e9mie a dur\u00e9 quatre ans, frappant par vagues d\u2019environ trois mois, d\u2019ampleurs in\u00e9gales et survenant \u00e0 diff\u00e9rents moments dans le monde, qui touchaient surtout les villes. Elle a fait un million de morts, sur une plan\u00e8te qui comptait cinq fois moins d\u2019habitants que maintenant. Ce fut la premi\u00e8re bien document\u00e9e par l\u2019\u00e9pid\u00e9miologie, une science n\u00e9e au milieu du XIXe si\u00e8cle, et la derni\u00e8re avant qu\u2019on d\u00e9couvre l\u2019existence des virus.<\/p>\n<p>De nombreux indices laissent penser que le coronavirus OC43 fut le v\u00e9ritable responsable de la grippe russe. On sait, gr\u00e2ce \u00e0 des analyses phylog\u00e9n\u00e9tiques, qu\u2019il est apparu \u00e0 cette \u00e9poque. En fouillant dans les archives du temps, on a aussi d\u00e9couvert que la grippe russe pr\u00e9sentait bien des similitudes avec la COVID : elle a d\u2019abord tu\u00e9 des gens \u00e2g\u00e9s et fragiles avant de toucher tout le monde, provoquant une forte fi\u00e8vre, de la toux, des difficult\u00e9s respiratoires et une kyrielle de sympt\u00f4mes neurologiques, dont la perte de l\u2019odorat, qui ont persist\u00e9 longtemps chez une partie des malades.<\/p>\n<p>Par la suite, le virus a perdu de sa virulence, sans qu\u2019on comprenne pourquoi, pour ne plus causer qu\u2019un rhume banal. On a probablement tous d\u00e9j\u00e0 attrap\u00e9 au moins une fois le coronavirus OC43 dans l\u2019enfance.<\/p>\n<p>M\u00eame si le SRAS-CoV-2 ne suivait pas le m\u00eame chemin, il faut garder espoir, car il y a bien des moyens de diminuer la mortalit\u00e9 caus\u00e9e par un virus virulent. \u00ab On a d\u00e9j\u00e0 fait beaucoup de progr\u00e8s dans les traitements de soutien, c\u2019est-\u00e0-dire dans tout ce qui aide une personne \u00e0 rester en vie sans directement cibler la maladie \u00bb, souligne Fran\u00e7ois Lamontagne, intensiviste au CHU de Sherbrooke. Plusieurs nouveaux m\u00e9dicaments pourraient s\u2019ajouter \u00e0 l\u2019arsenal th\u00e9rapeutique au fur et \u00e0 mesure que leur efficacit\u00e9 sera d\u00e9montr\u00e9e chez certains types de patients, mais il ne faut pas s\u2019attendre \u00e0 d\u2019\u00e9normes gains dans les prochains mois, selon lui.<\/p>\n<p>On commence par ailleurs \u00e0 mieux comprendre pourquoi certaines personnes, m\u00eame sans facteur de risque, succombent \u00e0 la maladie. De nombreux chercheurs ont ainsi \u00e9tabli que des particularit\u00e9s g\u00e9n\u00e9tiques semblent accro\u00eetre le risque de mortalit\u00e9. \u00c0 New York, l\u2019immunologue Jean-Laurent Casanova a aussi trouv\u00e9 que, parmi les patients aux soins intensifs, un sur cinq produit, \u00e0 cause de son profil g\u00e9n\u00e9tique, des anticorps qui nuisent \u00e0 la lutte contre le virus ! En dosant ces anticorps chez les patients d\u00e8s leur arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, croit-il, on pourrait employer des traitements plus agressifs aupr\u00e8s de ceux qui sont davantage \u00e0 risque.<\/p>\n<p>D\u00e8s les premiers mois de 2020, des m\u00e9decins ont trait\u00e9 des malades avec le plasma sanguin de personnes gu\u00e9ries de la COVID, comme cela avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 tent\u00e9 pour d\u2019autres infections. Mais les r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 mitig\u00e9s. \u00ab On pensait qu\u2019au pire, le plasma ne ferait rien, mais dans certains cas, il est nocif ! \u00bb explique l\u2019immunologue Philippe B\u00e9gin, chercheur au CHU Sainte-Justine. Lors d\u2019une \u00e9norme \u00e9tude conduite dans 72 h\u00f4pitaux, ses coll\u00e8gues et lui ont montr\u00e9 que l\u2019efficacit\u00e9 du plasma d\u00e9pend de sa pr\u00e9paration, qui change le type d\u2019anticorps qu\u2019on y trouve. Leur \u00e9tude, ajout\u00e9e \u00e0 celles d\u2019Andr\u00e9s Finzi, confirme qu\u2019on a sous-estim\u00e9 le r\u00f4le des anticorps activateurs de l\u2019immunit\u00e9, mais non neutralisants, depuis le d\u00e9but de la pand\u00e9mie. \u00ab On constate que ce sont souvent eux qui, pour des malades aux soins intensifs, font la diff\u00e9rence entre rentrer chez eux ou mourir \u00bb, explique le chercheur.<\/p>\n<p>Ce changement de perspective pourrait bouleverser les traitements \u00e0 base de cocktails d\u2019anticorps monoclonaux, comme celui donn\u00e9 au pr\u00e9sident am\u00e9ricain Donald Trump quand il a eu la COVID. Ces m\u00e9dicaments contiennent des mol\u00e9cules fabriqu\u00e9es en laboratoire afin de copier les anticorps pr\u00e9sents dans le s\u00e9rum des convalescents. Pour l\u2019instant, seuls quelques produits ont \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9s et leur usage est limit\u00e9. \u00c0 cause de leur efficacit\u00e9 restreinte et de leur co\u00fbt tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 \u2014 plusieurs milliers de dollars par traitement \u2014, ils ont eu une incidence mineure sur la mortalit\u00e9 globale. \u00ab On a maintenant une chance de comprendre quels anticorps pourraient mieux performer \u00bb, dit Philippe B\u00e9gin.<\/p>\n<p>Les antiviraux suscitent aussi beaucoup d\u2019espoir, puisque ces pilules pourraient couper court \u00e0 la multiplication du virus dans nos cellules. En octobre, l\u2019entreprise Merck a annonc\u00e9 avoir termin\u00e9 les essais cliniques d\u2019un traitement, le molnupiravir, qui r\u00e9duirait les risques d\u2019hospitalisation ou de mort de 50 % chez les personnes atteintes d\u2019une forme de COVID l\u00e9g\u00e8re ou mod\u00e9r\u00e9e. D\u2019autres soci\u00e9t\u00e9s pharmaceutiques planchent sur des produits similaires. Mais prenez garde de crier victoire trop vite.<\/p>\n<p>D\u2019abord, les r\u00e9sultats des \u00e9tudes n\u2019ont pas encore \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s, et par le pass\u00e9, de nombreux antiviraux se sont av\u00e9r\u00e9s moins efficaces que ce qui \u00e9tait attendu. Ensuite, on devra v\u00e9rifier si les effets secondaires sont acceptables, car ces m\u00e9dicaments qui emp\u00eachent le virus de copier son ARN pourraient aussi th\u00e9oriquement perturber nos propres cellules. Enfin, m\u00eame s\u2019ils sont approuv\u00e9s, il faudra voir quels pays pourront se les offrir. Pour l\u2019instant, le gouvernement am\u00e9ricain s\u2019est engag\u00e9 \u00e0 acheter le molnupiravir, s\u2019il est approuv\u00e9, \u00e0 environ 900 dollars la dose.<\/p>\n<p>La COVID ne fait pas que tuer : elle laisse \u00e9galement une partie des malades avec des sympt\u00f4mes de longue dur\u00e9e. On ne comprend pas ce qui cause ces atteintes ni comment elles pourraient \u00e9voluer. En attendant d\u2019\u00e9ventuels traitements sp\u00e9cifiques au syndrome post-COVID, un mal encore myst\u00e9rieux, on ne peut qu\u2019essayer de soulager les sympt\u00f4mes de chaque personne touch\u00e9e, en esp\u00e9rant qu\u2019ils finissent par passer. Il est cependant \u00e0 souhaiter que, dans la prochaine ann\u00e9e, la maladie soit mieux caract\u00e9ris\u00e9e et que la prise en charge des malades s\u2019am\u00e9liore.<\/p>\n<p><b>Un syst\u00e8me de sant\u00e9 \u00e0 repenser<\/b><\/p>\n<p>Vivre avec le virus voudra malheureusement dire accepter qu\u2019il y ait encore des victimes. Combien ? \u00ab Je ne crois pas qu\u2019on puisse \u00e9tablir un nombre de morts qu\u2019on devra d\u00e9plorer avant de pouvoir retrouver une vie normale, car on n\u2019a jamais ce genre de r\u00e9flexion collective \u00bb, explique l\u2019\u00e9thicien Michel D\u00e9sy. C\u2019est plut\u00f4t le contraire qui risque d\u2019arriver, selon lui : un jour, on trouvera normal qu\u2019il y ait encore des victimes de la COVID, tout comme on juge normal que des gens meurent de la grippe ou dans des accidents de voiture.<\/p>\n<p>Jean-Louis Denis, professeur \u00e0 l\u2019\u00c9cole de sant\u00e9 publique de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le design et l\u2019adaptation des syst\u00e8mes de sant\u00e9, estime que le virus et l\u2019\u00e9puisement des \u00ab anges gardiens \u00bb ont engendr\u00e9 une d\u00e9sorganisation du syst\u00e8me de sant\u00e9 dont on risque fort de payer le prix pendant plusieurs ann\u00e9es. \u00ab Cette crise sanitaire a mis en \u00e9vidence les dangers de multiples dysfonctionnements qui duraient parfois depuis des d\u00e9cennies. \u00bb Est-ce que l\u2019analyse de cette exp\u00e9rience naturelle permettra de s\u2019attaquer \u00e0 ce qu\u2019on n\u00e9gligeait d\u00e9j\u00e0 avant et d\u00e9bouchera sur un meilleur syst\u00e8me ? \u00ab Tout d\u00e9pendra des politiques et de la mani\u00e8re dont les diff\u00e9rents groupes d\u2019int\u00e9r\u00eats feront pencher la balance \u00bb, croit Jean-Louis Denis. Malgr\u00e9 notre empressement \u00e0 tourner la page, nous devrons veiller \u00e0 ne pas oublier les le\u00e7ons apprises.<\/p>\n<p>Le chercheur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Sherbrooke Fran\u00e7ois Lamontagne, tr\u00e8s impliqu\u00e9 dans l\u2019\u00e9tude de l\u2019organisation des soins intensifs, croit aussi que cette crise devra \u00eatre l\u2019occasion de faire un gros m\u00e9nage. \u00ab Pensez-y : quand la pand\u00e9mie a commenc\u00e9, on n\u2019avait m\u00eame aucune id\u00e9e du nombre de lits disponibles en soins intensifs au Qu\u00e9bec ! \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019intensiviste esp\u00e8re qu\u2019on saura se poser de vraies grandes questions sur la place de la pr\u00e9vention et sur l\u2019efficacit\u00e9 des traitements. \u00ab Actuellement, bien des gens pr\u00e9disent une h\u00e9catombe \u00e0 cause des retards pris dans le d\u00e9pistage des cancers ou les examens d\u2019imagerie, alors qu\u2019on sait qu\u2019il y a beaucoup de tests et de traitements inutiles. Est-ce que ces retards vont vraiment changer quelque chose \u00e0 l\u2019\u00e9tat des patients ? Il faut le v\u00e9rifier plut\u00f4t que de le tenir pour acquis. \u00bb<\/p>\n<p>Jean-Louis Denis conseille de s\u2019attaquer d\u00e8s maintenant \u00e0 trois chantiers cl\u00e9s, \u00e0 coups d\u2019investissements majeurs. D\u2019abord, la gestion des ressources humaines, y compris la reconnaissance de tous les professionnels, \u00ab et pas seulement ceux dont on entend beaucoup parler \u00bb, pour que le syst\u00e8me de sant\u00e9 devienne \u00e9quitable, qu\u2019il reconnaisse chacun \u00e0 sa juste valeur et qu\u2019il attire des recrues. Ensuite, il faut rattraper le retard dans les interventions chirurgicales. Mais le chercheur estime aussi qu\u2019on doit d\u00e9ployer un effort de guerre imm\u00e9diat pour prendre soin de la sant\u00e9 mentale de la population, veiller au d\u00e9veloppement des jeunes et \u00e0 la protection des groupes vuln\u00e9rables. Un travail pharaonique !<\/p>\n<p>Pour tous les Qu\u00e9b\u00e9cois, le d\u00e9fi consiste d\u00e9sormais \u00e0 nous r\u00e9approprier nos vies, m\u00eame dans l\u2019adversit\u00e9, croit M\u00e9lissa G\u00e9n\u00e9reux, chercheuse \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Sherbrooke et sp\u00e9cialiste des effets psychosociaux des catastrophes. \u00ab Le vivre-ensemble fait beaucoup de bien : voir les gens qu\u2019on aime, organiser une f\u00eate des voisins, s\u2019impliquer dans sa communaut\u00e9, donner\u2026 c\u2019est comme \u00e7a qu\u2019on va retrouver notre joie de vivre ! \u00bb explique la sp\u00e9cialiste, qui a vu les b\u00e9n\u00e9fices de cette approche pendant les ann\u00e9es o\u00f9 elle a travaill\u00e9 \u00e0 la reconstruction psychosociale de la communaut\u00e9 de Lac-M\u00e9gantic, apr\u00e8s la trag\u00e9die ferroviaire. \u00ab L\u2019ann\u00e9e et demie qui vient de passer n\u2019est pas perdue, c\u2019est \u00e0 travers ce genre d\u2019\u00e9preuve qu\u2019on grandit \u00bb, insiste-t-elle.<\/p>\n<p><b>Pour plus d\u2019informations et d\u2019analyses sur la Cameroun, suivez Africa-Press<\/b><\/p>\n<p><strong>Pour plus d&rsquo;informations et d&rsquo;analyses sur la <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/tchad\">Tchad<\/a>, suivez <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/\">Africa-Press<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Africa-Press &#8211; Tchad. 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