{"id":19189,"date":"2022-02-05T19:19:00","date_gmt":"2022-02-05T19:19:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africa-press.net\/tchad\/politique\/mahamat-saleh-haroun-rendre-hommage-a-toutes-ces-heroines-du-quotidien"},"modified":"2022-02-05T19:28:30","modified_gmt":"2022-02-05T19:28:30","slug":"mahamat-saleh-haroun-rendre-hommage-a-toutes-ces-heroines-du-quotidien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africa-press.net\/tchad\/culture-et-art\/mahamat-saleh-haroun-rendre-hommage-a-toutes-ces-heroines-du-quotidien","title":{"rendered":"Mahamat-Saleh Haroun\u00a0: \u00ab\u00a0Rendre hommage \u00e0 toutes ces h\u00e9ro\u00efnes du quotidien\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #ff6600\"><strong>Africa-Press &#8211; Tchad. <\/strong><\/span>Rare cin\u00e9aste du continent \u00e0 collectionner les prix \u00e0 Cannes, Venise, et \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier de la reconnaissance des cin\u00e9philes \u00e0 l&rsquo;international, Mahamat-Saleh Haroun compte parmi les grands du septi\u00e8me art africain. Tabou, sensible, militant, son neuvi\u00e8me long-m\u00e9trage, Lingui, les liens sacr\u00e9s, dans les salles depuis le 8 d\u00e9cembre 2021, suit la course d&rsquo;une m\u00e8re obstin\u00e9e, d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 aider sa fille \u00e0 se faire avorter ill\u00e9galement dans les venelles sombres de N&rsquo;Djamena. Apr\u00e8s avoir sign\u00e9 le roman Djibril ou les Ombres port\u00e9es en 2017, il cr\u00e9e la surprise avec un second roman, Les Culs-Reptiles (\u00e9d. Gallimard), publi\u00e9 le 13 janvier dernier. Ce conte moral, aux allures de satire faisant \u00e9cho \u00e0 la situation politique du Tchad, est librement inspir\u00e9 de l&rsquo;histoire du nageur \u00c9ric Moussambani, qui a connu une c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 \u00e9ph\u00e9m\u00e8re lors des Jeux olympiques de Sydney en 2000.<\/p>\n<p>D\u00e9but de soir\u00e9e pluvieux dans un cin\u00e9ma parisien. Le silence qui suit la projection de Lingui, les liens sacr\u00e9s, tourn\u00e9 au Sahel, est tangible. Le cin\u00e9aste prend le temps de r\u00e9pondre aux questions des spectateurs.<\/p>\n<p>N\u00e9 \u00e0 Ab\u00e9ch\u00e9 en 1960, ancien journaliste, il vit et travaille en France depuis 1982. Oscillant entre r\u00e9alisme et esth\u00e9tique, ma\u00eetrisant le documentaire ou la fiction, Mahamat-Saleh Haroun humanise les marginaux. Apr\u00e8s cinq longs-m\u00e9trages \u00e0 son actif, en 2010, Un homme qui crie est r\u00e9compens\u00e9 par le prix du jury au Festival de Cannes et la Mostra de Venise le couronne du prix Robert Bresson. D\u00e9j\u00e0, en 2006, Daratt, saison s\u00e8che y avait re\u00e7u le prix sp\u00e9cial du jury et en 1999, Bye Bye Africa, son premier film, avait \u00e9t\u00e9 distingu\u00e9 par la mention sp\u00e9ciale du jury. Entier, discret, Mahamat-Saleh Haroun s\u00e9duit le public, la profession et la critique par sa personnalit\u00e9 et ses choix artistiques assum\u00e9s. Ce qui lui a valu d&rsquo;\u00eatre choisi comme membre du jury au Festival de Cannes en 2011 aux c\u00f4t\u00e9s de Robert De Niro ou encore de feu Abbas Kiarostami. Surprise : la m\u00eame ann\u00e9e, \u00e0 la suite de sa r\u00e9compense cannoise et des \u00e9loges dithyrambiques des m\u00e9dias, les autorit\u00e9s tchadiennes d\u00e9cident de proc\u00e9der \u00e0 la r\u00e9fection du cin\u00e9ma Le Normandie, cr\u00e9\u00e9 en 1949 et ferm\u00e9 depuis les ann\u00e9es 1980 du fait de la guerre civile.<\/p>\n<p>En 2017, il pose sa cam\u00e9ra dans l&rsquo;Hexagone et signe Une saison en France avec Eriq Ebouaney et Sandrine Bonnaire, retra\u00e7ant le quotidien de migrants aux prises avec l&rsquo;adversit\u00e9. S&rsquo;il a longtemps refus\u00e9 d&rsquo;aborder son exp\u00e9rience d&rsquo;ancien ministre de la Culture et du Tourisme au Tchad, poste qu&rsquo;il a occup\u00e9 un an et dont il a d\u00e9missionn\u00e9 en f\u00e9vrier 2018, il l&rsquo;\u00e9voque aujourd&rsquo;hui en toute libert\u00e9. R\u00e9sistant, il est \u00e0 l&rsquo;image de certains personnages but\u00e9s et engag\u00e9s de ses films.<\/p>\n<p><b>Le Point Afrique :<\/b><\/p>\n<p>Comment est n\u00e9 Les Culs-Reptiles, roman librement inspir\u00e9 de l&rsquo;histoire d&rsquo;\u00c9ric Moussambani, qui a connu une c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 \u00e9ph\u00e9m\u00e8re lors des Jeux olympiques de Sydney en 2000 ?<\/p>\n<p><b>Mahamat-Saleh Haroun :<\/b><\/p>\n<p>C&rsquo;est \u00e0 la suite d&rsquo;un article que j&rsquo;ai lu dans un journal. J&rsquo;ai trouv\u00e9 l&rsquo;histoire tellement extraordinaire que je me suis dit qu&rsquo;il fallait en faire quelque chose et pas un film, ce qui aurait \u00e9t\u00e9 somme toute normal pour le cin\u00e9aste que je suis. Au contraire, j&rsquo;ai pens\u00e9 que cette aventure devait \u00eatre racont\u00e9e avec toute la verve n\u00e9cessaire, comme un r\u00e9cit \u00e0 voix haute.<\/p>\n<p>Les Culs-Reptiles (\u00e9d. Gallimard).<\/p>\n<p><b>Aux prises avec le pouvoir militaire et l&rsquo;absence de perspectives, Bourma Kabo, jeune h\u00e9ros des temps modernes natif de Torodona, au Tchad, quartier qu&rsquo;il affectionne en d\u00e9pit de l&rsquo;infortune, veut \u00e9chapper \u00e0 son destin de cul-reptile\u2026<\/b><\/p>\n<p>Oui, il veut \u00e9chapper \u00e0 ce destin qui le contraint \u00e0 un d\u00e9s\u0153uvrement total, \u00e0 passer son temps \u00e0 attendre ce job qui ne vient pas. Bourma fait partie de ces nombreux jeunes qui, au Tchad, se d\u00e9finissent eux-m\u00eames comme des dipl\u00f4m\u00e9s sans emploi. Il appartient \u00e0 cette communaut\u00e9 de culs-reptiles qui croquent le marmot en esp\u00e9rant un jour d\u00e9crocher du travail. Or, du travail, il n&rsquo;y en a point. Alors, il d\u00e9cide de prendre ce qui se pr\u00e9sente, c&rsquo;est-\u00e0-dire r\u00e9pondre \u00e0 l&rsquo;appel de la F\u00e9d\u00e9ration de natation pour devenir nageur de l&rsquo;\u00e9quipe nationale alors qu&rsquo;il ne sait m\u00eame pas vraiment nager.<\/p>\n<p><b>Vous vous attachez \u00e0 montrer une radioscopie de la situation politique au Tchad. Tenu \u00e0 la marge, ce quartier est habit\u00e9 par des gens de la m\u00eame ethnie, des personnes p\u00e9tries de sens politique qui ont \u00e9t\u00e9 confin\u00e9es par le r\u00e9gime en place, car elles r\u00e9clamaient plus de justice, de libert\u00e9, mais aussi de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 et de l&rsquo;eau\u2026<\/b><\/p>\n<p>Oui, au Tchad, tout le monde sait que de nombreux Tchadiens sont priv\u00e9s d&rsquo;eau et d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9. Il est m\u00eame arriv\u00e9 un temps o\u00f9 certains habitants de N&rsquo;Djamena s&rsquo;\u00e9taient trouv\u00e9s oblig\u00e9s d&rsquo;aller s&rsquo;abreuver au fleuve. C&rsquo;est dire la gravit\u00e9 de la situation. Quant aux coupures d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, n&rsquo;en parlons m\u00eame pas. C&rsquo;est une exp\u00e9rience quotidienne. Vivre dans le noir est la chose la mieux partag\u00e9e dans le pays. Or, il est de notori\u00e9t\u00e9 publique que tous les quartiers ne subissent pas le m\u00eame traitement : certains quartiers ne sont jamais priv\u00e9s d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 parce qu&rsquo;habit\u00e9s par une certaine \u00e9lite, tandis que d&rsquo;autres, comme Torodona dans le roman, en sont r\u00e9guli\u00e8rement sevr\u00e9s.<\/p>\n<p><b>D\u00e9termin\u00e9, flou\u00e9 par sa propre supercherie, Bourma, ce non-nageur, redouble de t\u00e9nacit\u00e9, voulant croire \u00e0 son r\u00eave de gloire. Il est soutenu par Garba, un p\u00eacheur sachant nager qui appartient aux Dilk\u00e9, un groupe dont les membres savent nager\u2026<\/b><\/p>\n<p>J&rsquo;ignore s&rsquo;il existe quelque part en Afrique une ethnie d\u00e9nomm\u00e9e Dilk\u00e9, je l&rsquo;ai invent\u00e9e. Et ces Dilk\u00e9 ne sont pas les seuls Africains \u00e0 savoir nager, mais pour verser dans la farce, j&rsquo;ai grossi le trait en reprenant l&rsquo;antienne raciste selon laquelle les Africains ne savent pas nager \u2013 ce qui bien entendu rel\u00e8ve d&rsquo;une construction totalement fausse. Mais Bourma, lui, ne sait pas nager. Il vient de la partie aride du pays o\u00f9 il n&rsquo;existe pas de cours d&rsquo;eau. Il n&rsquo;a donc jamais eu l&rsquo;opportunit\u00e9 d&rsquo;apprendre. Mais comme les autorit\u00e9s et les m\u00e9dias le voient d\u00e9j\u00e0 en haut de l&rsquo;affiche aux Jeux olympiques, il finit par croire \u00e0 ce mensonge.<\/p>\n<p><b>\u00ab Le propre de l&rsquo;homme est de ne pas servir le mensonge \u00bb, ces mots que le p\u00e8re de Bourma emprunte \u00e0 Camus le d\u00e9stabilisent. Et, au plus fort du doute, c&rsquo;est la lecture de<\/b><\/p>\n<p>L&rsquo;Homme r\u00e9volt\u00e9 qui lui sera salvatrice.<\/p>\n<p>Oui, Camus devient un peu sa bou\u00e9e de sauvetage dans ce monde fait de mensonges et de manipulation. C&rsquo;est dans Camus qu&rsquo;il trouve les mots pour dire la situation dans laquelle il se trouve. La lecture de Camus \u00e9veille sa conscience, elle le plonge dans une sorte de lucidit\u00e9 abyssale. Ce qui le pousse \u00e0 refuser d&rsquo;\u00eatre la marionnette entre les mains des autorit\u00e9s. Mais sa r\u00e9bellion est tr\u00e8s vite \u00e9touff\u00e9e par un ministre parce que le syst\u00e8me s&rsquo;en prend \u00e0 sa fianc\u00e9e, Zir\u00e9ga.<\/p>\n<p><b>Sa mission est d\u00e9sormais claire, se sacrifier pour sauver la t\u00eate de sa fianc\u00e9e. Le jeune homme va tenter de nager par amour\u2026<\/b><\/p>\n<p>Oui, Bourma se trouve en effet oblig\u00e9 de nager pour sauver sa fianc\u00e9e. Pour le coup, cela donne du sens \u00e0 son action. \u00c0 partir de ce moment, il trouve en lui l&rsquo;\u00e9nergie n\u00e9cessaire pour s&rsquo;engager corps et \u00e2me. En fin de compte, c&rsquo;est son amour pour Zir\u00e9ga qui le sauve. Au fond, en sauvant Zir\u00e9ga, Bourma se sauve lui-m\u00eame.<\/p>\n<p><b>Vous dites au sujet de Zir\u00e9ga : \u00ab Elle n&rsquo;attire aucun regard, et cela la rend malheureuse. Elle le vit tr\u00e8s mal. \u00c0 dire vrai, la gent masculine trouve Zir\u00e9ga trop instruite. De plus, elle travaille, \u00e7a n&rsquo;arrange rien. Son ind\u00e9pendance financi\u00e8re, gage de possible insoumission et de d\u00e9sir de libert\u00e9, fait fuir les potentiels pr\u00e9tendants. \u00bb<\/b><\/p>\n<p>Oui, parce que je vois de plus en plus de femmes surdipl\u00f4m\u00e9es qui aimeraient bien se marier, avoir des enfants, mais les hommes les fuient comme la peste. En gagnant leur vie, parfois plus que les hommes, elles deviennent leurs \u00e9gales, et \u00e7a, beaucoup en ont peur. Ils ont peur qu&rsquo;elles portent, \u00e0 leur place, la culotte dans le foyer. Alors, on les \u00e9vite. Mais cela n&rsquo;est pas nouveau. Dans d&rsquo;autres parties du monde, on a vu le m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne quand les femmes ont commenc\u00e9 \u00e0 travailler et \u00e0 conqu\u00e9rir leur ind\u00e9pendance. C&rsquo;est sans doute la peur des hommes de perdre le peu de pouvoir qu&rsquo;ils d\u00e9tiennent encore.<\/p>\n<p><b>Votre h\u00e9ros plonge aussi dans la volupt\u00e9 des plaisirs charnels, rappelant le visage jouissif de la jeunesse et la force de la vie\u2026<\/b><\/p>\n<p>Pour autant, Bourma n&rsquo;est pas un simple jouisseur. Les plaisirs charnels lui donnent le sentiment de se sentir en vie, d&rsquo;\u00eatre ma\u00eetre de son destin et de ses d\u00e9sirs. Dans le plaisir charnel, il est totalement acteur de sa vie, et non plus \u00e0 la merci d&rsquo;un quelconque pouvoir. Il se sent libre.<\/p>\n<p><b>Ce non-nageur jet\u00e9 dans le grand bain, qui repr\u00e9sente son pays aux Jeux olympiques, est port\u00e9 aux nues \u00e0 Sydney et boud\u00e9 \u00e0 son retour au pays natal\u2026<\/b><\/p>\n<p>Effectivement, \u00e0 Sydney, sa participation, pour autant qu&rsquo;elle est m\u00e9diocre, n&rsquo;en est pas moins historique. Et pour le monde m\u00e9diatique port\u00e9 sur le spectacle, Bourma appara\u00eet comme une figure de choix, un h\u00e9ros des temps modernes. Mais, dans son pays, on ne retient que son \u00e9chec, on lui en veut pour cela.<\/p>\n<p><b>Les personnages des culs-reptiles ravivent les voix de L\u00e9opold S\u00e9dar Senghor, Romain Gary\u2026, des \u00e9crivains embl\u00e9matiques ayant flirt\u00e9 avec la politique.<\/b><\/p>\n<p>Oui, Bourma, fin lettr\u00e9, convoque tous ces auteurs. Il trouve chez les uns et les autres les ressources n\u00e9cessaires pour faire face \u00e0 l&rsquo;absurdit\u00e9 de la vie qu&rsquo;il m\u00e8ne. Pour moi, il n&rsquo;y a pas de cr\u00e9ation apolitique. J&rsquo;ai toujours consid\u00e9r\u00e9 mon travail, que ce soit dans mes films ou dans mes romans, comme une radiographie sans concession de la vie dans la cit\u00e9, de la vie telle qu&rsquo;elle va.<\/p>\n<p><b>Que retenez-vous de votre exp\u00e9rience d&rsquo;ancien ministre de la Culture et du Tourisme au Tchad durant un an sous Idriss D\u00e9by, poste dont vous avez d\u00e9missionn\u00e9 en f\u00e9vrier 2018 ?<\/b><\/p>\n<p>Pas grand-chose. Si ce n&rsquo;est que je ne suis pas fait pour \u00e7a. J&rsquo;ai cru, na\u00efvement, qu&rsquo;on pouvait changer les choses de l&rsquo;int\u00e9rieur. Quelle pr\u00e9tention ! On ne peut changer les choses que si on fait partie d&rsquo;une majorit\u00e9.<\/p>\n<p><b>Le 12 f\u00e9vrier 1979, Hiss\u00e8ne Habr\u00e9 Premier ministre prenait les armes contre le pr\u00e9sident, le g\u00e9n\u00e9ral Malloum, d\u00e9clenchant une guerre au Tchad. N\u00e9 \u00e0 Ab\u00e9ch\u00e9, adolescent, vous \u00eates contraint de fuir avec vos parents\u2026<\/b><\/p>\n<p>Oui, c&rsquo;est le plus mauvais souvenir que je garde de cette p\u00e9riode. J&rsquo;\u00e9tais lyc\u00e9en et avais plein de r\u00eaves dans la t\u00eate. Ce 12 f\u00e9vrier a \u00e9t\u00e9 un coup d&rsquo;arr\u00eat. Plus d&rsquo;\u00e9cole, et le d\u00e9but de la travers\u00e9e d&rsquo;un long tunnel. Notre g\u00e9n\u00e9ration s&rsquo;est soudain retrouv\u00e9e dans la violence. Du sang, des bless\u00e9s, des morts. Il a fallu partir. Du jour au lendemain, nous nous sommes retrouv\u00e9s, mes parents et moi, comme des milliers d&rsquo;autres Tchadiens, r\u00e9fugi\u00e9s au Cameroun, vivant \u00e0 la belle \u00e9toile, mangeant quotidiennement des sardines et des corned-beef g\u00e9n\u00e9reusement offerts par les Nations unies. Puis, la vie au camp de r\u00e9fugi\u00e9s, sous les tentes du HCR.<\/p>\n<p>Succ\u00e8s Masra, \u00e9toile montante de l&rsquo;opposition politique, \u00e0 la t\u00eate du parti Les Transformateurs.<\/p>\n<p>\u00a9 MARCO LONGARI \/ AFP<\/p>\n<p><b>Que vous inspire Succ\u00e8s Masra, jeune \u00e9conomiste tchadien pass\u00e9 par la Banque africaine de d\u00e9veloppement (BAD) et figure de l&rsquo;opposition, qui a \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision ?<\/b><\/p>\n<p>Il y a de petits signaux positifs que le pouvoir de transition envoie \u00e0 la population. C&rsquo;est ainsi que, pour la premi\u00e8re fois, la t\u00e9l\u00e9vision nationale a daign\u00e9 inviter Succ\u00e8s Masra. C&rsquo;est un gar\u00e7on brillant pour qui j&rsquo;ai beaucoup d&rsquo;admiration et de respect. Jamais dans l&rsquo;histoire politique du Tchad, un homme n&rsquo;est arriv\u00e9 \u00e0 hisser le d\u00e9bat \u00e0 ce niveau. Succ\u00e8s Masra a une vraie vision pour le Tchad. Il parle des probl\u00e8mes concrets des gens, il sait trouver les bons mots pour nommer les choses. D&rsquo;o\u00f9 son succ\u00e8s \u2013 sans jeu de mots \u2013 aupr\u00e8s de la jeunesse. Il a r\u00e9cemment tenu un meeting au stade Idriss-Mahamat-Ouya, le plus grand du pays. Il a fait salle comble. Il va falloir d\u00e9sormais compter avec lui. Succ\u00e8s Masra est le repr\u00e9sentant d&rsquo;une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de Tchadiens qui aspirent \u00e0 autre chose, une g\u00e9n\u00e9ration consciente qui r\u00eave d&rsquo;un Tchad o\u00f9 la libert\u00e9 et la justice ne seront pas que de vains mots.<\/p>\n<p><b>Pourquoi \u00eates-vous pass\u00e9 du cin\u00e9ma \u00e0 la litt\u00e9rature ?<\/b><\/p>\n<p>Parce que je suis aussi un amoureux des mots. J&rsquo;aime la musique des mots, le tempo d&rsquo;une phrase. Quand j&rsquo;\u00e9tais adolescent, j&rsquo;\u00e9crivais des po\u00e8mes, puis je me suis lanc\u00e9 dans des nouvelles. En r\u00e9alit\u00e9, j&rsquo;ai toujours \u00e9t\u00e9 attir\u00e9 par le monde des lettres. Mais le cin\u00e9ma reste mon premier amour, mon \u00ab Bled Number One \u00bb.*<\/p>\n<p><b>Pr\u00e9sent\u00e9 au Festival de Cannes 2021, votre neuvi\u00e8me long-m\u00e9trage est sorti en France le 8 d\u00e9cembre dernier. Comment est n\u00e9e l&rsquo;id\u00e9e de<\/b><\/p>\n<p>Lingui, les liens sacr\u00e9s, qui met en sc\u00e8ne une h\u00e9ro\u00efne adolescente, Maria (Rihane Khalil Alio), pr\u00eate \u00e0 se battre contre vents et mar\u00e9es pour se faire avorter au Tchad, pays o\u00f9 la loi l&rsquo;interdit et o\u00f9 les autorit\u00e9s religieuses le r\u00e9prouvent ?<\/p>\n<p>J&rsquo;ai lu un fait divers dans un journal : une jeune femme a jet\u00e9 son nouveau-n\u00e9 dans une d\u00e9charge apr\u00e8s l&rsquo;avoir \u00e9touff\u00e9. Cela m&rsquo;a rappel\u00e9 une histoire semblable survenue dans mon enfance \u00e0 Ab\u00e9ch\u00e9. J&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 traumatis\u00e9. Ensuite, j&rsquo;ai vu r\u00e9guli\u00e8rement ce genre de faits divers faire la une des journaux. J&rsquo;ai donc d\u00e9cid\u00e9 de me pencher sur le sujet.<\/p>\n<p><b>La premi\u00e8re s\u00e9quence donne le ton, Amina (Achouackh Abakar), la m\u00e8re de Maria, s&rsquo;\u00e9chine au travail manuel avec la force d&rsquo;un homme : seule et digne, mise au ban par sa famille, elle \u00e9l\u00e8ve sa fille sans mari avec force et abn\u00e9gation\u2026<\/b><\/p>\n<p>Oui, h\u00e9las, c&rsquo;est le cas de pas mal de filles-m\u00e8res. Elles sont rejet\u00e9es par leur famille pour avoir \u00ab faut\u00e9 \u00bb, d\u00e9shonor\u00e9 la famille. Mais ce sont des femmes qui ne baissent pas les bras, elles se battent. \u00c0 travers Lingui, les liens sacr\u00e9s, j&rsquo;ai voulu rendre hommage \u00e0 toutes ces h\u00e9ro\u00efnes du quotidien, entrer dans leur t\u00eate pour donner \u00e0 voir les \u00e9preuves qu&rsquo;elles traversent avec dignit\u00e9 et courage.<\/p>\n<p>Rihane Khalil Alio dans \u00ab\u00a0Lingui, les liens sacr\u00e9s\u00a0\u00bb de Mahamat-Saleh Haroun.<\/p>\n<p>\u00a9 Mathieu Giocombini \/Pili films<\/p>\n<p><b>La mauvaise histoire se r\u00e9p\u00e8te. Lorsque Maria enceinte est interdite de scolarit\u00e9, elle ne veut pas \u00eatre comme sa m\u00e8re, esseul\u00e9e et m\u00e9pris\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9. Au fil du r\u00e9cit, d&rsquo;autres portes vont s&rsquo;ouvrir \u00e0 elles, les mains tendues par d&rsquo;autres femmes r\u00e9v\u00e9lant une sororit\u00e9 insoup\u00e7onn\u00e9e et le pouvoir f\u00e9minin dans un pays o\u00f9 les hommes sont convaincus qu&rsquo;ils m\u00e8nent le jeu de la domination\u2026<\/b><\/p>\n<p>Oui, les hommes tiennent le haut du pav\u00e9. Ils sont la fa\u00e7ade trompeuse d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 bas\u00e9e sur un patriarcat absolu. Mais tout le monde sait que ce sont les femmes qui tiennent le foyer, ce sont elles qui s&rsquo;occupent de l&rsquo;\u00e9ducation des enfants, qui sont les vraies ma\u00eetresses dans un th\u00e9\u00e2tre pr\u00e9empt\u00e9 par les hommes qui jouent le beau r\u00f4le. Sans faire de bruit, elles s&rsquo;organisent, s&rsquo;entraident, se donnent la main pour vaincre l&rsquo;adversit\u00e9. J&rsquo;ai voulu montrer ces femmes fortes, unies par une sororit\u00e9 agissante. Elles sont porteuses d&rsquo;un f\u00e9minisme non pas th\u00e9orique, mais d&rsquo;un f\u00e9minisme \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre, d&rsquo;un f\u00e9minisme qui, nourri par le lingui, ce lien ind\u00e9fectible entre personnes partageant le m\u00eame destin, trouve les solutions idoines.<\/p>\n<p>Achouackh Abakar et Rihane Khalil Alio dans \u00ab Lingui, les liens sacr\u00e9s \u00bb, le r\u00e9alisateur tchadien signe \u00e0 travers ce film un portrait de femmes \u00e9cras\u00e9es par le poids des traditions et de la religion.<\/p>\n<p>\u00a9 Mathieu Giocombini \/ Pili films<\/p>\n<p><b>\u00c0 travers ce film, vous n&rsquo;h\u00e9sitez pas \u00e0 d\u00e9noncer le viol et exhortez les femmes \u00e0 lib\u00e9rer leur parole\u2026<\/b><\/p>\n<p>Oui, parce que malheureusement, au Tchad, le mot \u00ab viol \u00bb n&rsquo;existe dans aucune de nos langues. Or, ne pas nommer les choses, c&rsquo;est les nier. Beaucoup de femmes se battent pour que cela change, pour qu&rsquo;un autre monde advienne.<\/p>\n<p><b>Quel a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;accueil de<\/b><\/p>\n<p>Lingui, les liens sacr\u00e9s au Tchad ?<\/p>\n<p>Le film a re\u00e7u un accueil enthousiaste, surtout de la part des femmes et des jeunes \u2013 gar\u00e7ons et filles confondus. Des associations se proposent m\u00eame d&rsquo;organiser des projections pour d\u00e9battre du sujet. Lors d&rsquo;une projection, une association de femmes luttant pour la l\u00e9galisation de l&rsquo;avortement a demand\u00e9 \u00e0 Achouack Abakar, la com\u00e9dienne principale, d&rsquo;\u00eatre leur porte-parole. Elle a accept\u00e9. Les choses bougent. Il n&rsquo;y a que ceux qui ne veulent pas voir qui ignorent ce mouvement en marche.<\/p>\n<p><b>Votre cin\u00e9ma \u00e9voque les marginaux et la complexit\u00e9 humaine.<\/b><\/p>\n<p>Grigris, flirtant avec les codes du polar, brisait le tabou de la prostitution\u2026<\/p>\n<p>Oui, la marge, toujours. Parce qu&rsquo;au Tchad, comme dans beaucoup de pays africains, c&rsquo;est dans la marge que le monde de demain se pr\u00e9pare, c&rsquo;est l\u00e0 que \u00e7a bouge, que \u00e7a cherche, que \u00e7a avance. Et c&rsquo;est l\u00e0 aussi que se trouve la majorit\u00e9 de la population. En tant qu&rsquo;artiste, le sort de cette majorit\u00e9 silencieuse m&rsquo;interpelle. C&rsquo;est pourquoi je cherche toujours \u00e0 lui donner un visage.<\/p>\n<p><b>La lumi\u00e8re et l&rsquo;esth\u00e9tique de votre cin\u00e9ma sont hors pair. Les non-dits laissent place \u00e0 la contemplation au plus fort de situations douloureuses : on vit au rythme du pouls battant du Tchad, du monde noctambule dans<\/b><\/p>\n<p>Grigris (2013), de l&rsquo;immensit\u00e9 du d\u00e9sert de Daratt, saison s\u00e8che (2006) ou de la force tranquille du fleuve dans Lingui, les liens sacr\u00e9s\u2026<\/p>\n<p>J&rsquo;essaie de faire ce que je peux pour donner \u00e0 voir le tempo r\u00e9el du pays, car ce qui m&rsquo;int\u00e9resse, c&rsquo;est de montrer le pays r\u00e9el. Quant \u00e0 la lumi\u00e8re, \u00e0 l&rsquo;esth\u00e9tique de mes films, je m&rsquo;inspire tout simplement des couleurs et des matins mordor\u00e9s de mon pays. Au fond, j&rsquo;essaie d&rsquo;\u00e9couter humblement le pouls du pays pour en donner l&rsquo;image la plus juste possible. Avec amour, toujours.<\/p>\n<p><b>Cr\u00e9\u00e9 en 1949, que devient<\/b><\/p>\n<p>Le Normandie, unique cin\u00e9ma \u00e0 N&rsquo;Djamena ferm\u00e9 au milieu des ann\u00e9es 1980 au plus fort de la guerre civile ?<\/p>\n<p>Le Normandie a rouvert en 2011, un an apr\u00e8s le prix du jury que j&rsquo;ai obtenu \u00e0 Cannes. Le cin\u00e9ma a fonctionn\u00e9 tant bien que mal jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e de cette funeste \u00e9pid\u00e9mie. Depuis, il vivote. On attend la fin du Covid pour esp\u00e9rer une reprise normale des activit\u00e9s.<\/p>\n<p><b>Cette m\u00eame ann\u00e9e, vous \u00eates membre du jury au Festival de Cannes\u2026<\/b><\/p>\n<p>Et nous avons d\u00e9cern\u00e9 la palme d&rsquo;or au film The Tree of Life, de Terrence Malick. C&rsquo;\u00e9tait une exp\u00e9rience inoubliable. J&rsquo;ai rencontr\u00e9 de belles personnes. J&rsquo;ai d\u00e9couvert Robert De Niro, un grand homme avec qui je discutais beaucoup. Je m&rsquo;amuse souvent \u00e0 dire : \u00ab Je suis l&rsquo;homme qui pissait avec Bob De Niro. \u00bb Apr\u00e8s la projection, nous allions aux toilettes ensemble et nous parlions des films tout en vidant nos vessies.<\/p>\n<p><b>Rare cin\u00e9aste du continent \u00e0 collectionner les prix et la reconnaissance des cin\u00e9philes, vous montez au cr\u00e9neau en juin 2012 en adressant \u00e0 Aur\u00e9lie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication de l&rsquo;\u00e9poque, un appel \u00e0 sauvegarder le Fonds Sud, qui permet notamment de financer des films africains\u2026<\/b><\/p>\n<p>Oui, j&rsquo;ai adress\u00e9 une sorte de lettre ouverte \u00e0 la ministre de l&rsquo;\u00e9poque. Je n&rsquo;ai jamais eu de ses nouvelles. Pas de r\u00e9ponse, aucune r\u00e9action. Mais le plus important \u00e9tait de dire ce qui devait l&rsquo;\u00eatre.<\/p>\n<p><b>O\u00f9 en est-on sur ce plan ?<\/b><\/p>\n<p>De fait, depuis que le Fonds Sud s&rsquo;est transform\u00e9 en Aide aux cin\u00e9mas du monde, le nombre de films africains subventionn\u00e9s a baiss\u00e9. C&rsquo;\u00e9tait ma crainte. H\u00e9las, j&rsquo;avais raison.<\/p>\n<p>* \u00ab Bled Number One \u00bb : titre du long-m\u00e9trage de Rabah Ameur-Za\u00efm\u00e8che r\u00e9alis\u00e9 en 2006<\/p>\n<p><strong>Pour plus d&rsquo;informations et d&rsquo;analyses sur la <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/tchad\">Tchad<\/a>, suivez <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/\">Africa-Press<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Africa-Press &#8211; Tchad. 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