Samuel Eto’o: Révélations d’une Femme Puissante

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Samuel Eto'o: Révélations d'une Femme Puissante
Samuel Eto'o: Révélations d'une Femme Puissante

Africa-Press – Cameroun. C’est une sortie à laquelle personne ne s’attendait. Le genre de sortie qui faire tout le monde, qui met les concernés devant les faits accomplis et qui déterrent des dossiers sensibles.

Qui devons-nous adorer, et qui a le droit d’entrer au panthéon de nos cœurs? J’ai reçu (malgré moi) un papier parfaitement écœurant. Un texte suintant de grandiloquence, bardé de recherches Internet au rabais, et porté par une haine aussi gratuite que bruyante. De quoi nous parle-t-on dans ce prêche numérique? Que nous n’aimons pas les bonnes personnes. Que nous adorons les mauvaises idoles. Que nous nous trompons de panthéon.

Selon cet auteur inspiré, nous devrions rougir d’admirer des footballeurs, quand d’autres peuples (qu’il vénère avec application) célèbrent Beethoven ou Victor Hugo. Et pour donner de la consistance à cette leçon de morale, il tente, non sans peine, de rapprocher l’affaire Yaya Touré de Samuel Eto’o, afin de nous révéler cette vérité renversante: nous adorons des légendes imparfaites.

Quelle découverte. Quelle audace intellectuelle. Je suppose que, dans ses recherches méticuleusement orientées pour atteindre sa cible favorite – Samuel Eto’o – l’auteur n’a pas pris le temps de se pencher sur une célèbre expression française: « En France, on se relève de tout, même d’un canapé. » Elle fait référence à Victor Hugo. Oui, ce Victor Hugo-là. Panthéonisé. Canonisé. Sanctifié.

Car Victor Hugo était un génie. Mais Victor Hugo était aussi un obsédé sexuel notoire, emprisonné à son époque pour infidélité ; délit pénal alors en vigueur. Et pourtant, la France a choisi de retenir Hugo le savant. Pas Hugo l’homme privé. Comme quoi, une nation peut aimer ses légendes sans exiger d’elles une pureté monacale.

Aucun être humain n’est parfait. Les héros non plus. Les légendes sont humaines, donc imparfaites. Si l’intention réelle de cette sortie était de plaider pour un lieu de célébration de nos grandes figures, l’auteur aurait pu commencer par une recherche moins spectaculaire mais plus utile: où repose Manu Dibango, légende mondiale de la musique et Camerounais de surcroît? Pourquoi a-t-il fallu qu’un Congolais découvre sa tombe, abandonnée comme celle d’un anonyme, au cimetière du Père-Lachaise?

Ah oui… ce sujet-là ne fait pas assez de vues. Le bashing des légendes du football est beaucoup plus rentable. On nous explique donc que nous adorons les footballeurs, quand d’autres célèbrent les intellectuels et les grands musiciens. Soit. Mais Samuel Eto’o et Yaya Touré n’ont pas gagné leurs millions en Afrique. C’est bien dans cet Occident tant admiré par notre auteur qu’ils ont été adulés, célébrés, portés aux nues ; et rémunérés avec enthousiasme.

Pour réclamer un panthéon, faut-il donc détruire ou délégitimer Samuel Eto’o? Dois-je rappeler à l’auteur et à ses likeurs qu’aucun musicien ; hormis Michael Jackson aux États-Unis, ni aucun intellectuel n’a eu les obsèques de Mohamed Ali ou de Maradona?

Qui êtes-vous pour arborer cette arrogance tranquille et dicter au peuple les légendes qu’il doit aimer ou mépriser? Lorsque la bêtise enfile le costume de la grandiloquence pour se donner des airs de donneuse de leçons, elle ne produit jamais de pensée. Elle ne sécrète que du fiel.

La femme en question n’est autre que Mireille Fomekong Ayangma, célèbre entrepreneure et figure majeure du secteur de la communication et du marketing en Afrique francophone.

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