Africa-Press – Cameroun. Le président du Cameroun, Paul Biya, est rentré dans son pays après la plus longue période passée à l’étranger depuis qu’il est au pouvoir depuis plus de quatre décennies, mettant fin à des mois de spéculations sur son état de santé et son lieu de résidence.
Le président, âgé de 93 ans, est arrivé à l’aéroport international Nsimalen à Yaoundé à bord d’un vol affrété en provenance de Genève, en Suisse, après une absence de plus de 10 semaines.
Biya, qui est l’un des chefs d’État les plus âgés au monde, avait quitté le Cameroun le 7 juin, ce que le bureau civil de la présidence avait qualifié de « séjour privé court en Europe ».
Il est arrivé accompagné de son épouse, Chantal Biya, vers 16h45, heure locale (15h45 GMT), avant de quitter en convoi en direction du Palais de l’Unité à Etoudi.
Biya a salué à travers une fenêtre à moitié ouverte des centaines de partisans du mouvement démocratique du peuple camerounais au pouvoir, qui s’étaient rassemblés dans les rues de la capitale pour l’accueillir, brandissant les couleurs du parti et levant des pancartes en l’honneur du président.
L’absence prolongée de Biya a suscité de vives spéculations sur son état de santé et sa capacité à diriger le pays, malgré des assurances répétées des autorités qu’il reviendrait bientôt.
Cette absence a également soulevé davantage de questions sur la succession politique dans le pays, où le pouvoir reste fortement centralisé autour de l’institution présidentielle.
Des politiciens de l’opposition ont appelé le Conseil constitutionnel à examiner si une autre personne devrait temporairement assumer la présidence pendant l’absence du président, mais le Conseil n’a pris aucune mesure.
Selon la constitution, en l’absence d’un vice-président, le président du Sénat assume temporairement la présidence si le poste de président est déclaré vacant en raison de décès, de démission ou d’incapacité permanente à exercer ses fonctions.
Biya n’a pas nommé de vice-président, malgré la réinstauration de ce poste en avril dernier.
Les critiques affirment qu’un manque de cadre clair pour la succession accroît l’incertitude quant à un éventuel transfert de pouvoir si le président devenait incapable d’exercer ses fonctions.





