Médiocrité : le Cameroun et la malédiction des classements mondiaux

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Médiocrité : le Cameroun et la malédiction des classements mondiaux
Médiocrité : le Cameroun et la malédiction des classements mondiaux

Africa-PressCameroun. Petite revue des contre-performances du régime Biya en Afrique et dans le monde.

Le score total du Cameroun a baissé de 2.1% dans l’indice 2021 de World Justice Project (WJP) sur l’État de droit, publié en fin de semaine dernière. Il occupe la 135ème place sur 139 pays étudiés, et le 32ème rang sur 33 pays en Afrique subsaharienne. Les deux autres États, enregistrant les scores les plus bas, sont la Mauritanie et la République Démocratique du Congo.

Rapport annuel basé sur plus de 138.000 sondages auprès des ménages et 4200 sondages auprès de juristes et d’experts à travers le monde, il prend en compte huit facteurs allant des contraintes aux pouvoirs du gouvernement à l’absence de corruption, en passant par un gouvernement ouvert, les droits fondamentaux, l’ordre et la sécurité, l’application des règlements, de la justice civile et de la justice criminelle.

En matière de transparence budgétaire envers les peuples et partenaires économiques, le Fiscal Transparency Report 2021 estime pour sa part que Yaoundé n’a réalisé «aucun progrès considérable» là où dans la situation du Bénin, par exemple, il est noté un «progrès significatif».

Sur l’indice de l’année en cours des passeports les plus puissants du monde, c’est-à-dire la capacité de ces documents à faciliter les voyages à l’étranger sans visa préalable, établi par le cabinet anglais Henley & Partners, avec 50 destinations possibles, le Cameroun pointe lamentablement au 43ème rang africain et 97 mondial. Sur l’indice de perception de la corruption de Transparency International (Tl), il gagne néanmoins 4 précieuses places au plan mondial pour se situer au 149ème rang.

Selon le dernier classement de Reporters sans . frontières (RSF), «le Cameroun poursuit ‘ sa longue marche arrière* en matière de liberté de la presse et fait désormais partie des pays les plus dangereux pour l’exercice du journalisme sur le continent». Il a encore régressé d’un rang (135ème par rapport à 2020 sur 180 pays étudiés.

En Afrique subsaharienne, il fait, selon l’indice Global Innovation, partie des 5 pays affichant «des performances inférieures atteintes quant à leur niveau de développement». En terme- d’’indice du développement humain (IDH) établi par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), il baisse de 0,04 point par rapport à 2020 pour se hisser au 156ème rang mondial sur 189 pays.

Il peut néanmoins se consoler de faire partie des 10 pays d’Afrique ayant réussi à scolariser plus de 90% de leurs enfants sur la période 2000-2015, selon le rapport 2015 sur les Objectifs de développement du millénaire (OMD). Par ordre de mérite, y figurent le Rwanda, l’Afrique du Sud, la Tunisie, la Zambie, l’Algérie, le Bénin, le Cameroun, le Cap-Vert, le Congo-Brazzaville et Maurice.

Zéro pour la gouvernance

Au classement 2020 des pays africains les plus démocratiques dressé par l’Économiste Intelligence Unit (EIU), il est 142ème dans le monde avec une note de 2,77/10. Son régime est qualifié d’«autoritaire».

A en croire les dernières données de l’institut français des relations internationales (Ifri) il est, avec le Congo-Brazzaville, l’Ouganda ou encore la Guinée Equatoriale, un des États où «la question de la succession reste taboue en dépit de l’âge avancé des présidents».

Le Cameroun a aussi poursuivi sa régression en matière de participation à la gouvernance et les droits de l’homme. Selon l’indice Mo Ibrahim 2020, le pays a, en Afrique, vu son indice baisser de 5,2 points sur la période 2010-2019. Il est tombé de 36,6 (37ème) à 35,7 points (44ème), demeurant par ailleurs dans le lot des mauvais élèves en matière de sécurité et d’État de droit. Pendant ce temps, la Global Initiative Against Transnational Organized Crime le met dans le top 10 africain (et 28ème mondial) sur l’état du crime avec un score de 6,31.

Même en football messieurs, le quadruple vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations (Can) pointe, selon le classement établi en septembre par la Fédération internationale de la discipline (Fifa), au 9ème rang continental derrière le Sénégal, la Tunisie, l’Algérie, le Maroc, le Nigeria, l’Égypte, le Ghana et la Côte d’ivoire.

Certains pourraient croire, à travers ce modeste passage en revue, que votre journal promeut le «Cameroon bashing». Les faits sont pourtant têtus, et devraient davantage parler aux gouvernants.

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