Cameroun – Banque : UBA à l’abordage du trio de tête ?

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Cameroun – Banque : UBA à l’abordage du trio de tête ?
Cameroun – Banque : UBA à l’abordage du trio de tête ?

Africa-Press – Cameroun. Nouveau siège, nouvelles agences, partenariat avec les start-up… United Bank for Africa (UBA) au Cameroun affiche un ambitieux programme pour 2022, après un exercice 2021 jugé fructueux. De quoi concurrencer Afriland, Société générale et SCB ?

UBA Cameroun pourra-t-elle se faire une place sur le podium des banques du pays ? Opérationnelle depuis décembre 2007 dans la première économie de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac), la filiale du groupe bancaire présidé par le tycoon nigérian Tony Elumelu s’est progressivement hissée aux premiers rangs.

En 2020, elle s’était glissée dans le quatuor de tête avec un total de bilan de 937 millions de dollars à la fin de 2020, derrière la filiale du marocain Attijariwafa Bank, Société commerciale de banque Cameroun (1,14 milliard de dollars), et le français Société générale et Afriland First Bank, du capitaine d’industrie camerounais Paul Fokam, co-leaders avec environ 2 milliards de dollars d’actifs. Il est à noter que les derniers résultats d’Afriland First Bank au Cameroun datent de 2019.

En attendant que les chiffres de l’année 2021 soit consolidés, la direction de UBA Cameroun se dit déjà satisfaite, avec une nette progression des dépôts estimée à +36 % à la fin de décembre. Dès la mi-juin, selon les chiffres communiqués par la maison mère au Nigeria, le total de bilan de la filiale camerounaise était en hausse de près de 18 % depuis décembre 2020 à environ 422,8 milliards de nairas (1,03 milliard de dollars au 30 juin 2021), pour un résultat opérationnel semestriel de 20 milliards de nairas (+34 %), malgré un recul de la marge nette, le bénéfice après impôts au premier semestre ayant reculé de -22,5 % à 5,26 milliards de nairas.

Nous avons foi en nos capacités à atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés

À titre de comparaison, le bénéfice semestriel après impôts du groupe, coté à Lagos, était lui en progression de +36,3 % sur un an à la fin juin, soit un total de 147,5 millions de dollars. Le total de bilan du groupe est lui passé à 20,2 milliards de dollars, contre 18,7 milliards en décembre 2020. Les revenus du groupe au premier semestre sont estimés à 768 millions de dollars (+5,1%).

Une mission difficile

Pour le management de la banque, dirigée depuis la mi-2021 par Jude Anele, dépêché depuis le siège de Lagos, où il dirigeait la banque de détail du groupe, les signaux sont au vert. Et la direction de l’établissement bancaire – dans le top cinq des filiales africaines de UBA, avec celles du Ghana, du Congo-Brazzaville, de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso n’hésite plus à viser une place dans le trio de tête, voire le premier rang.

UBA pointe le Cameroun comme l’un des cinq pays clés du groupe, en dehors du Nigeria

« Nous savons que ce sera difficile », admet Jude Anele, interrogé par Jeune Afrique à la fin de décembre 2021. Pour le manager nigérian, qui cumule plus de vingt-cinq ans d’expérience dans le métier, « le Cameroun a de nombreux atouts et un marché très dynamique ».

« Quand nous voyons ce que nous avons réalisé ces sept dernières années, nous avons foi en nos capacités à atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés », ajoute-t-il. Dans une note aux investisseurs, UBA Group pointe le Cameroun comme l’un des cinq pays africains clés du groupe, en dehors du Nigeria, mettant en avant les opportunités présentées par « le commerce, la Zlecaf, l’agriculture, la construction et les télécommunications ».

Pour se hisser plus haut dans le classement des banques camerounaises, UBA a mis sur pied un ambitieux programme pour 2022. Il prévoit notamment la relance du dossier de construction d’un siège « futuriste » dans la capitale camerounaise, Yaoundé. À cela viendra s’ajouter l’ouverture de douze nouvelles agences. « Nous comptons une vingtaine d’agence à travers le pays, installées en sept ans. En faire plus de la moitié en une seule année est l’illustration même de ce que nous voulons accomplir ici », explique Jude Anele.

Banque digitale

Outre le renforcement de son réseau d’agences – démarche assez coûteuse en général pour une banque – UBA au Cameroun met également l’accent sur la digitalisation de ses services, pointant « Leo », son outil de « ChatBanking », qui permet aux clients de réaliser des transactions bancaires via les applications WhatsApp ou Facebook Messenger. Principale cible de ces innovations : les jeunes, qui constituent l’essentiel de la population camerounaise.

Un prolongement des partenariats avec MTN et Orange n’est pas exclu

La communication du groupe envers ces publics est d’ailleurs particulièrement soignée, aidée en cela par l’image de Tony Elumelu et de sa fondation éponyme, qui fournit des financements de plusieurs milliers de dollars à des dizaines de jeunes Camerounais admis au sein d’un programme de mentoring.

Enfin, la banque s’intéresse aux partenariats avec les start-up et entreprises locales. Malgré les turbulences internes qui ont entraîné la mise en veille de Nextell Possa, le portefeuille électronique de l’opérateur de téléphonie Nexttel, les dirigeants d’UBA Cameroun se disent encore disposés à rester le partenaire financier de ce projet. En attendant, un prolongement des partenariats avec MTN et Orange n’est pas exclu.

Si, via l’offre « Bank-To-Wallet », les clients de la banque peuvent lier leurs comptes aux portefeuilles électroniques des opérateurs télécoms, le lancement de cartes d’achats en ligne n’est pas exclu. De même que de nouveaux partenariats avec des opérateurs de transferts d’argent tels que Wave.

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