Africa-Press – Cameroun. Un responsable du port autonome de Douala fait des révélations. Elles portent sur une surfacturation de 400 milliards de francs CFA autour du projet de construction d’une centrale électrique au port. La rédaction de CamerounWeb vous propose le contenu de son alerte.
Ma récente sortie du 10 février 2026 et publiée par Boris Bertolt au sujet de la fameuse convention que le PAD a passé avec Douala Port Power Corporation SA (DPPC), a suscité une réaction curieuse des dirigeants du PAD qui ont inondé les réseaux sociaux et certaines plateformes médiatiques de publications qui encensent cette mascarade. Cette fois, après avoir été démasqués par notre constat, les communicateurs du PAD ont soigneusement occulté le fait que la centrale au gaz objet de cette convention produirait une « énergie verte qui réduirait l’empreinte carbone ».
De nombreux confrères et partenaires étrangers ont été particulièrement choqués par le coût prohibitif de cette curieuse convention. J’ai d’ailleurs reçu de nombreux appels de confrères d’Afrique du Sud, du Sénégal, de Côte d’Ivoire et du Maroc qui ont unanimement décrié le contenu de cette convention.
De prime abord, c’est le coût particulièrement élevé de ce projet (628 milliards de francs CFA soit 1,18 milliard de dollars) qui attire l’attention avant que l’on ne s’intéresse à son contenu. Il est clair que partout ailleurs dans le monde, avec la même puissance de 300 MW, les coûts varient entre 200 et 300 milliards de francs CFA.
En effet, plus près de nous, particulièrement à Kribi, la centrale à gaz de 216 MW aura seulement coûté 353 millions de dollars (195 milliards de francs CFA) grâce à un financement conjoint Banque mondiale-BDEAC. Des confrères du Sénégal me confirment qu’un projet similaire pour une centrale thermique au gaz de 300 MW a été évalué à seulement 300 millions de dollars (166 milliards de francs CFA) toujours financé par la Banque mondiale.
Pour la centrale de 628 milliards de Cyrus Ngo’o, ce n’est point une institution telle que la Banque mondiale, la BAD ou la BDEAC qui finance, mais plutôt Douala Port Power Corporation SA (DPPC). Il convient donc de s’interroger sur cette entreprise capable de lever des fonds autant sinon plus que les grandes institutions…
Les chiffres présentés sont implacables et confirment une tentative de spoliation des ressources publiques. Projet Douala: 3,9 millions de dollars/MW (coût total: 1,18 milliards de dollars US). Projet Kribi: 1,6 million de dollars/MW (référence régionale gaz). Projet Sénégal: 1 million de dollar/MW (standard de performance Banque mondiale).
L’écart de prédation. Un surplus injustifié de près de 800 millions de dollars (400 milliards de francs CFA). Ce montant représente exactement le coût de construction de quatre centrales supplémentaires au standard sénégalais. L’hypothèque de l’arnaque, un projet surévalué de 400 % pouvant condamner le port de Douala à fermer.





