
Africa-Press – Cameroun. Investir au Cameroun) – Selon la Caisse autonome d’amortissement (CAA), le gestionnaire de la dette publique au Cameroun, le Trésor public a mobilisé sur le marché des titres publics de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), une enveloppe de financements d’un montant de 176,7 milliards de FCFA entre juin et juillet 2023. Ces émissions de titres publics, précise la CAA, sont le principal vecteur de l’augmentation de 3,1% enregistrée sur le volume de la dette directe de l’administration publique (11 623 milliards de FCFA, correspondant à 40,8% du PIB) à fin septembre 2023, en comparaison avec le trimestre précédent.
Ces données du gestionnaire de la dette publique sur les opérations du pays sur le marché des titres publics de la Beac révèlent l’embellie qu’enregistrent à nouveau les valeurs du Trésor camerounais sur ce marché, après un début d’année 2023 plutôt difficile. En effet, avant la fin du premier semestre 2023, il était presque impossible d’imaginer le Cameroun mobiliser plus de 176 milliards de FCFA en l’espace de deux mois, comme cela a été le cas entre juin et juillet 2023. Tellement le pays a aligné des insuccès à partir de janvier 2023, avec à la clé une émission d’Obligations du Trésor assimilables (OTA) déclarée infructueuse au cours de la semaine allant du 26 au 30 juin 2023. Une grande première depuis 12 ans d’activités sur le marché.
À l’origine de cette méforme finalement temporaire du Trésor camerounais se trouvent les effets combinés d’une politique d’extrême prudence sur les taux d’intérêts servis aux investisseurs, et du durcissement de la politique monétaire par la banque centrale, à l’effet de lutter contre l’inflation galopante. Cette austérité imposée par la Beac a pris la forme de l’assèchement des banques (SVT sur le marché des titres), au moyen du relèvement des taux directeurs de la banque centrale, de la suspension des opérations d’injection de liquidité dans le système bancaire et l’intensification des opérations de reprise de liquidité dans les coffres-forts des banques. Cette politique restrictive s’est notamment traduite sur le marché des titres publics par une augmentation des taux d’intérêt exigés par les investisseurs.
Le Cameroun, pourtant friand des taux d’intérêt bas, a dû s’arrimer à cette nouvelle donne, en relevant ses taux d’intérêt, qui demeurent cependant les plus bas du marché jusqu’ici. À titre d’exemple, selon les données compilées par la Cellule de règlement et de conservation des titres (CRCT), au mois de septembre 2023, le taux d’intérêt moyen servi par le Cameroun sur ses Bons du Trésor assimilables (BTA) a culminé à 5,67%, pour une moyenne générale du marché de 6,29%. À titre de comparaison, la rémunération proposée par le Cameroun sur les mêmes titres était de seulement 2,24% en juin 2019, contre respectivement 3,11%, 1,98%, 2,38% et 4,67% en juin 2020, 2021, 2022 et 2023.
Sur les OTA, le Cameroun a aguiché les investisseurs sur le marché des titres de la Beac avec un taux d’intérêt moyen de 7,2% au mois de septembre 2023. C’est la rémunération la plus élevée jamais servie par le pays sur cette catégorie de titres sur ce marché depuis 12 ans. Ce taux correspond à une augmentation de 1% par rapport à la moyenne de 6,2% servie entre juin 2019 et juin 2023.
Brice R. Mbodiam
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