Aristide Mono Enterre La Voie Des Urnes Au Cameroun

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Aristide Mono Enterre La Voie Des Urnes Au Cameroun
Aristide Mono Enterre La Voie Des Urnes Au Cameroun

Africa-Press – Cameroun. Après une année 2025 marquée par un engagement citoyen sans précédent et une répression meurtrière, le politologue et activiste Aristide Mono tire un bilan sans appel: tant que Paul Biya contrôle tous les leviers du pouvoir, aucune alternance démocratique n’est possible. Un constat amer qui interroge l’avenir de la lutte politique au Cameroun.

Dans son message de fin d’année adressé aux « En-bas d’en-bas », terme qu’il utilise pour désigner le peuple camerounais, le Dr Aristide Mono dresse un tableau sombre de l’année électorale 2025. Sa conclusion est sans équivoque: le système Biya a définitivement tué la crédibilité du processus électoral.

Un bilan ensanglanté

L’année 2025 restera marquée par les violences post-électorales qui ont coûté la vie à des dizaines de Camerounais. « Des fils et des filles du pays, abattus à bout portant par ceux-là mêmes qui ont reçu pour mission de les protéger », déplore l’universitaire, qui accuse directement le régime d’avoir répondu par les armes à l’engagement citoyen.

Aristide Mono élargit son hommage aux victimes de la crise anglophone, qu’il qualifie de conflit évitable depuis 2016, ainsi qu’aux victimes de Boko Haram dans l’Extrême-Nord, conséquences selon lui de « l’incapacité d’un État défaillant ».

Le politologue revient sur sa campagne « Inscrivons-nous d’abord », lancée en 2024, durant laquelle il a parcouru les dix régions du pays pour mobiliser les citoyens. Après la disqualification de Maurice Kamto, il avait choisi de soutenir Issa Tchiroma dans le cadre de l’initiative « Marée Jaune », avec un objectif clair: « La défaite du régime de Paul Biya en 2025, quitte à devoir soutenir le diable en personne. »

Mais le résultat est sans appel. « Tant que Paul Biya aura à sa solde les forces de défense et de sécurité, la justice, ELECAM, le Conseil constitutionnel, les sous-préfet, préfets et gouverneurs, il n’organisera jamais d’élection pour voir quelqu’un d’autre être déclaré vainqueur », martèle-t-il.

Malgré l’amertume, Aristide Mono revendique plusieurs victoires: la démonstration d’une lutte politique autonome sans soutien extérieur, la capacité de dépasser les clivages ethniques et partisans, et une résilience populaire exceptionnelle.

Pour 2026, il appelle à une introspection profonde et à de nouvelles méthodes de lutte. « Si le régime est encore en place, c’est que nos objectifs n’ont pas été atteints », reconnaît-il, invitant les forces du changement à tirer les leçons de l’échec électoral de 2025.

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