Bello Bouba Maigari Porté Disparu Et Mort

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Bello Bouba Maigari Porté Disparu Et Mort
Bello Bouba Maigari Porté Disparu Et Mort

Africa-Press – Cameroun. Candidat à la présidentielle du 12 octobre 2025, le leader de l’UNDP n’a effectué aucune sortie publique depuis le scrutin. Ce mutisme, alors que le Cameroun traverse une crise post-électorale meurtrière, suscite l’incompréhension de ses militants et interroge sur son positionnement face au nouveau septennat de Paul Biya.

L’heure est au recueillement ou à la stratégie pour Bello Bouba Maigari. Trois mois après la présidentielle d’octobre 2025, l’ancien Premier ministre observe un silence radio qui inquiète au sein de son parti et interpelle dans le paysage politique camerounais.

Rentré à Yaoundé le 2 janvier 2026 après une longue retraite dans son village de la Bénoué, le président national de l’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (UNDP) s’enferme dans un mutisme qui détonne. Ce silence intervient alors que le pays panse encore les plaies d’une crise post-électorale qui a fait entre vingt et quarante morts, selon les sources.

Crédité de seulement 2,45 % des voix lors du scrutin présidentiel, Bello Bouba Maigari occupe une modeste quatrième place, loin derrière Paul Biya (53,66 %), Issa Tchiroma Bakary (35,19 %) et Cabral Libii (3,41 %). Un score qui marque un recul historique pour celui qui fut Premier ministre de 1982 à 1983.

Au sein du parti, l’inquiétude se mue en frustration. Un cadre du parti, qui a requis l’anonymat, exprime son désarroi: « Nous lui avons même proposé de signer un communiqué dans lequel il adresse ses condoléances à la famille d’Anicet Ekane, qui était un leader de parti politique comme lui, mort en détention le 1er décembre 2025, mais il n’a pas bougé d’un pouce, préférant continuer à se reposer tranquillement dans son village. »

Pour Eric Boniface Tchouakeu, chef de chaîne de Radio Tiemeni Siantou, l’embarras est manifeste. L’UNDP, qui dirige pourtant la région de l’Adamaoua et la ville de Ngaoundéré, semble orpheline de direction à un moment crucial de la vie politique nationale.

« En tout cas, j’ai décidé de ne plus m’exprimer dans les médias, tant que le Président National de mon parti reste silencieux alors que des sujets qui auraient pu lui servir de prétexte sont nombreux », confie un autre membre du Bureau politique, illustrant le malaise qui gagne les rangs militants.

Dans les couloirs du parti, les hypothèses se multiplient pour expliquer ce retrait. Certains évoquent d’éventuelles tractations pour une entrée au gouvernement de Paul Biya, une pratique courante dans le jeu politique camerounais. D’autres pointent une déroute électorale difficile à digérer pour le vétéran de la politique camerounaise, âgé de 82 ans.

Ce silence interroge d’autant plus que l’actualité politique offre plusieurs occasions de prises de parole: la crise post-électorale, la mort d’Anicet Ekane en détention, ou encore la préparation des prochaines échéances électorales.

L’avenir proche devrait apporter des réponses. Le Comité central de l’UNDP doit se réunir dans la première moitié de janvier 2026, une rencontre attendue avec impatience par les militants. Les élections législatives et municipales approchent également, nécessitant une mobilisation du parti.

Entre rumeurs de tractations ministérielles et choc psychologique de la défaite, l’avenir de l’UNDP dépend désormais de la décision d’un homme qui, pour l’instant, préfère l’ombre à la lumière des projecteurs. Un positionnement qui laisse son parti dans l’expectative et ses militants dans l’incompréhension, à l’heure où le Cameroun entre dans un nouveau septennat présidentiel marqué par les tensions.

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