Cameroun : dans le Nord, Franck Biya marche sur les traces de son père

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Cameroun : dans le Nord, Franck Biya marche sur les traces de son père
Cameroun : dans le Nord, Franck Biya marche sur les traces de son père

Africa-Press – Cameroun. Pas assuré, sourire en coin et écharpe du parti autour du cou… Se présentant sur la place des fêtes de Garoua ce dimanche 6 novembre, Franck Biya avait tout du politicien rompu à l’exercice, célébrant comme il se doit le 40e anniversaire de l’accession de son père au sommet de l’État.

Accompagné d’une escouade de militaires de la Garde présidentielle, l’unité chargée de protéger Paul Biya et les membres de sa famille, ainsi que d’éléments du redouté Bataillon d’intervention rapide (BIR), l’entrepreneur de 50 ans a paru communier avec les militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), s’offrant au passage un moment d’échange avec les élites de ce bastion du parti au pouvoir, ainsi qu’un bain de foule.

La sortie très remarquée de l’aîné du chef de l’État, à qui la machine à fantasmes savamment entretenue par ses soutiens prête – à tort ou à raison – des ambitions de succession, a été le fait majeur de cet évènement célébré avec faste à travers le pays.

« Gesticulations » ou « adoubement » ?

Car bien que proche du RDPC, qu’il a souvent côtoyé lors des campagnes électorales de son géniteur, c’était la première fois que Franck Biya s’affichait ouvertement avec les couleurs du parti. Membre du Social Democratic Front, l’opposant Jean-Michel Nintcheu y a aussitôt vu les « gesticulations d’un rejeton rêveur », tandis que Guibaï Gatama, journaliste militant en faveur d’un retour au pouvoir d’une personnalité originaire du septentrion, refusait d’en conclure que l’on venait d’assister à « un adoubement politique du Grand Nord ».

Que peut donc signifier cette tournée pour un homme qui, certes, dispose d’un bureau à Etoudi, mais n’occupe aucune fonction officielle dans l’organigramme du parti ou de l’État ? La veille de ce 6 novembre déjà, Franck Biya s’était rendu au lamidat de Rey-Bouba, l’une des chefferies les plus importantes du septentrion. L’une des plus choyées du régime de Paul Biya aussi.

Il y a rencontré le lamido Aboubakary Abdoulaye, puissant régent qui occupe par ailleurs les fonctions de premier vice-président du Sénat, institution chargée d’assurer l’intérim en cas de vacance à la tête de l’État. Cette tournée expresse dans la région du Nord devrait se poursuivre par une visite au lamidat de Garoua, que dirige le jeune Ibrahim El Rachidine, qui devrait également l’anoblir.

Un parcours qui rappelle celui effectué par son père lors de son accession à la magistrature suprême, lequel a depuis lors conservé de solides soutiens dans la zone. La visite de Franck Biya a ainsi le mérite de réactiver une vieille amitié et un axe Nord-Sud dont la solidité constitue, depuis quarante ans, le socle du pouvoir présidentiel. De là à voir le fils du chef de l’État en mission dans l’optique d’une prochaine transition, il n’y a qu’un pas.

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