Marc Brys Réagit: Toujours Sélectionneur, Infantino Protège Eto’o

3
Marc Brys Réagit: Toujours Sélectionneur, Infantino Protège Eto'o
Marc Brys Réagit: Toujours Sélectionneur, Infantino Protège Eto'o

Africa-Press – Cameroun. Dans une interview au vitriol, l’entraîneur belge écarté à la veille de la CAN 2025 multiplie les accusations explosives. Procédure judiciaire à venir, dénonciation d’une gestion « illégale et amateur », et surtout, charge frontale contre le président de la FIFA accusé d’entretenir une « relation étrange » avec Samuel Eto’o. Le feuilleton Brys-Eto’o prend un nouveau tournant, plus virulent que jamais.

Marc Brys n’a pas dit son dernier mot. Plusieurs semaines après son éviction rocambolesque de la tête des Lions Indomptables à quelques jours du début de la CAN 2025, le technicien belge a rompu le silence dans une interview fleuve où il règle ses comptes avec violence. Et cette fois, personne n’est épargné: ni la Fecafoot, ni le ministère des Sports, ni même Gianni Infantino, président de la FIFA, accusé de protéger Samuel Eto’o.

La première bombe lâchée par Marc Brys tient en une phrase: « Oui, je me considère toujours comme sélectionneur du Cameroun, car je n’ai pas été licencié. » Une affirmation qui relance de plus belle un feuilleton juridico-sportif qui semblait pourtant clos avec la nomination de David Pagou comme sélectionneur intérimaire.

Pour l’entraîneur belge, les choses sont claires sur le plan contractuel: « La fédération n’a pas le droit de me renvoyer, même si elle a essayé à plusieurs reprises. Seul le président ou le ministère le peuvent, car ce sont eux qui nous ont nommés. » Une lecture juridique qui place la Fecafoot dans une situation potentiellement délicate, puisque Brys affirme n’avoir jamais reçu de notification officielle de licenciement.

Le ton monte d’un cran lorsqu’il évoque la manière dont il a appris son éviction: « Je n’ai jamais été informé personnellement, ni par la Fécafoot ni par le ministère. Je leur reproche cela. Il n’y a jamais eu de communication. Nous avons demandé nos billets pour le Maroc et nous n’avons jamais reçu de réponse. » Une mise à l’écart qu’il qualifie d’humiliante et contraire aux règles les plus élémentaires du droit du travail.

Marc Brys ne compte pas en rester là. « J’ai pris un avocat. Le contrat est clair », annonce-t-il sans détour. Une procédure judiciaire se profile donc à l’horizon, qui pourrait embarrasser sérieusement les autorités camerounaises du football et le gouvernement.

Le technicien belge dénonce avec virulence ce qu’il considère comme une gestion « illégale et amateur » de son dossier: « La manière dont cela s’est passé est illégale et contraire à toute logique. On ne voit cela nulle part ailleurs dans le monde du football. » Il insiste: « On ne peut pas tout bouleverser deux jours avant une compétition. »

Pour Brys, les responsabilités sont partagées entre la Fecafoot et le ministère des Sports: « Il n’y a pas que la Fécafoot où les choses ne vont pas. Le ministère aussi a failli. Avec une bonne organisation, cela ne peut pas arriver. » Une critique qui vise indirectement Narcisse Mouelle Kombi, ministre des Sports, dont la gestion de la CAN fait déjà l’objet de vives critiques au Cameroun.

L’accusation choc: Infantino protège Eto’o

Mais c’est sur la fin de l’interview que Marc Brys lâche sa bombe la plus explosive. Interrogé sur le rôle de la FIFA dans ce conflit, il n’hésite pas à mettre en cause directement Gianni Infantino: « Gianni Infantino devrait intervenir en tant que président de la FIFA, mais il entretient une relation étrange avec Eto’o. »

Une accusation gravissime qui sous-entend que le président de l’instance mondiale du football couvrirait les agissements de Samuel Eto’o à la tête de la Fecafoot. Marc Brys enfonce le clou: « Tout le monde qui suit un peu le dossier sait que ce sont des situations bizarres qui ne devraient pas exister dans le football. On ne peut pas penser être plus fort que 30 millions de personnes. »

Ces déclarations risquent de provoquer un séisme dans le petit monde du football camerounais et africain. Accuser publiquement le président de la FIFA de complaisance envers Samuel Eto’o, c’est franchir une ligne rouge que peu d’acteurs du football osent franchir. La question est désormais de savoir si Marc Brys dispose d’éléments concrets pour étayer ses accusations, ou s’il s’agit d’une sortie à chaud motivée par l’amertume.

Sur Samuel Eto’o lui-même, Marc Brys adopte un ton mi-ironique, mi-amer: « Faut-il que ce soit lui ou moi? Non, ça me fait toujours rire. Eto’o est porté aux nues par tout le monde. Il ne faut pas trop se laisser guider par ses émotions. »

L’entraîneur belge reconnaît la popularité immense de l’ancien attaquant légendaire, mais dénonce ce qu’il perçoit comme une forme d’impunité: « Quelqu’un prétend être au-dessus de la loi. C’est amateur et illégal. » Pour Brys, le statut d’icône nationale de Samuel Eto’o ne devrait pas le mettre à l’abri des règles qui régissent le football international.

Il ajoute, non sans une pointe de provocation: « Je vois peu d’avenir » pour la situation actuelle, laissant entendre que le modèle de gouvernance incarné par Eto’o à la Fecafoot n’est pas tenable sur le long terme.

Malgré toute cette amertume, Marc Brys affirme ne pas être rancunier envers les joueurs qu’il a encadrés: « J’espère sincèrement que le Cameroun ira loin et gagnera. J’ai encore parfois des contacts avec les joueurs. Ils sont contents des résultats et regrettent que le staff et moi ne soyons pas là. Ce sont de bons gars, très professionnels. »

Il reconnaît d’ailleurs ne pas avoir suivi les matchs de la CAN: « Non, je n’ai pas regardé le match contre l’Afrique du Sud. Ni les précédents non plus. Quand on est exclu injustement, on ne ressent plus l’envie d’analyser ces matchs. » Une façon pour lui de marquer symboliquement sa rupture avec une équipe qu’il estime avoir été injustement contraint de quitter.

Tout en saluant les résultats obtenus par l’équipe sous la houlette de David Pagou, Brys maintient sa critique du processus: « Encore une fois, les résultats sont excellents et il ne faut pas les critiquer. Mais les faits sont tout simplement illégaux. »

Avec ces déclarations incendiaires, Marc Brys relance un feuilleton que beaucoup croyaient enterré. La procédure judiciaire qu’il annonce pourrait durer des mois, voire des années, et placer les autorités camerounaises dans une situation inconfortable, surtout si l’entraîneur belge parvient à démontrer l’irrégularité de son éviction.

L’accusation portée contre Gianni Infantino constitue quant à elle une escalade majeure dans ce conflit. Si la FIFA devait être amenée à se prononcer officiellement, cela pourrait ouvrir une crise institutionnelle sans précédent dans le football camerounais. À moins que l’instance mondiale ne choisisse le silence, validant ainsi indirectement la thèse de Marc Brys d’une protection accordée à Samuel Eto’o.

Du côté de la Fecafoot, on n’avait pas réagi officiellement à ces déclarations au moment de la publication de cet article. Mais le silence ne pourra sans doute pas durer éternellement face à des accusations aussi graves. Samuel Eto’o, habitué aux polémiques et aux coups d’éclat, devra tôt ou tard apporter sa version des faits.

En attendant, Marc Brys a choisi son camp: celui du bruit et de la confrontation juridique. « Je discute avec plusieurs clubs et ce n’est pas à moi de tout faire exploser », affirme-t-il, suggérant qu’il pourrait en dire encore davantage s’il le souhaitait. Une menace à peine voilée qui laisse planer le doute sur d’éventuelles révélations futures.

Ironie de l’histoire, pendant que Marc Brys règle ses comptes et menace de procédures judiciaires, les Lions Indomptables continuent de briller sur les pelouses marocaines. L’équipe, portée par une génération talentueuse et un collectif retrouvé, avance sereinement dans la compétition, offrant au peuple camerounais des moments de joie et de fierté.

Mais cette réussite sportive ne peut masquer le chaos administratif et juridique qui règne dans les coulisses. Entre un entraîneur évincé qui refuse de partir, un président de fédération accusé de se croire au-dessus des lois, un ministère critiqué pour sa passivité, et maintenant une accusation explosive contre le président de la FIFA lui-même, le football camerounais offre le spectacle d’une gouvernance chaotique.

Marc Brys a-t-il raison sur le fond? Sera-t-il capable de prouver devant les tribunaux l’illégalité de son éviction? Gianni Infantino réagira-t-il à ces accusations publiques? Autant de questions qui resteront sans réponse dans l’immédiat, mais qui promettent de faire encore couler beaucoup d’encre dans les semaines et les mois à venir.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here