Afrique centrale – Biodiversité: Vers une gestion des aires protégées comme vecteur de développement local

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Afrique centrale - Biodiversité: Vers une gestion des aires protégées comme vecteur de développement local
Afrique centrale - Biodiversité: Vers une gestion des aires protégées comme vecteur de développement local

Africa-PressCameroun. Faire de la protection de la biodiversité un vecteur de développement des communautés et une source alternative de devises pour les pays d’Afrique Centrale. C’est l’objectif de la 6e phase du Programme régional de conservation et de valorisation des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale (ECOFAC), lancée depuis 2017 dans 7 pays (Congo, RDC, Gabon, Tchad, Centrafrique, Sao Tomé et Principe, Cameroun) de la sous-région. A deux ans de la fin de ce programme financé à plus de 55 milliards de FCFA par l’Union européenne (UE), experts et financiers du programme optent pour de nouvelles orientations. Ils se sont reunis du 4 au 6 mai 2021 à Douala pour évaluer le chemin déjà parcouru.

«Il y a eu ECOFAC 1, 2, 3, 4, 5 et on s’est rendu compte que jusque-là, ces programmes se concentraient plus sur la conservation. Mais si vous ne rentrez plus dans les forêts, vous n’abattez plus le gibier, qu’est-ce qu’on mange ?»,

s’est interrogé Honoré Tabuna. Pour le commissaire environnement ressources naturelles à la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), «ce côté socio-économique n’a pas beaucoup été développé et il est venu le temps de tirer les leçons pour parler aussi bien de la conservation que de l’économie de la conservation».

En clair, résume Honoré Tabuna, il est question d’envisager avec la conservation la création d’emplois et l’amélioration des conditions de vie des populations des aires protégées. Cela nécessite, selon des experts, la mise sur pied d’un cadre institutionnel et un partenariat public privé forts pour combler les faiblesses constatées dans la mise en œuvre des précédentes phases du programme. Car faut-il le rappeler, le bassin du Congo est le deuxième massif forestier mondial qui joue un rôle important dans la lutte contre le changement climatique.

Pour Ronan Pecheur, «il faut changer de paradigme et penser la protection de l’environnement comme un vecteur de développement local». Le chef de coopération UE pour ECOFAC, pense qu’il est plus important de faire un développement autour des aires protégées pour le bénéfice des populations parce qu’elles vont directement protéger l’environnement qui les entoure.

Le Cameroun est l’un des pays phares qu’appuie l’ECOFAC dans la conservation et la gestion de la biodiversité, avec 27 actions entreprises dans la lutte contre le braconnage, la mise en place des renseignements villageois, le renforcement des capacités des magistrats… ECOFAC regroupe 30 contrats de subvention qui incluent 16 aires protégées dont une dizaine sont transfrontalières et/ou adjacentes aux frontières nationales.

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