Cameroun – Hostilités : Scènes de guerre à Tonga (Ouest), suite au lynchage d’un voleur par les populations

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Cameroun – Hostilités : Scènes de guerre à Tonga (Ouest), suite au lynchage d’un voleur par les populations
Cameroun – Hostilités : Scènes de guerre à Tonga (Ouest), suite au lynchage d’un voleur par les populations

Africa-PressCameroun. La ville de Tonga, dans le département du Ndé, région de l’Ouest, est en proie depuis ce début de semaine à d’interminables tensions sociales, à la suite du lynchage le lundi 6 septembre dernier, d’un présumé « voleur », soupçonné d’avoir contribué avec deux autres –qui ont pris la poudre d’escampette- à l’assassinat d’un jeune de la localité. Les populations se sont rendues justice, en présence des autorités restées pantoises. Et depuis lors, le climat reste tendu dans la localité.

Le quotidien Le Jour de ce vendredi 10 septembre 2021 rapporte que les choses sont reparties en vrille dans la journée de jeudi, avec des scènes d’affrontements dans la localité de Bitchoua Nord. Le déclic de ce rebondissement apprend-on, c’est lorsque trois autres malfrats ont été appréhendés dans la matinée du jeudi par les éléments de la gendarmerie de Tonga, surpris en train de démonter les roues d’un véhicule. Ils les ont embarqués, mais ont été stoppés par des populations, qui réclamaient leurs têtes, sans doute exaspérés par les forfaits à répétition dans la localité.

« Au moment de les emmener, il se heurte à l’hostilité de certains, qui veulent comme le lundi d’avant, en finir avec eux. C’était sans compter avec les moyens de communication des présumés voleurs, qui ont alerté à leur tour leurs amis, qui ont rappliqué de Tonga sur des motos. Ils exigent que le commandant ôte les menottes à leurs compères, ce qui est fait. Alors que le sous-préfet, Charles Fumombod Douanla, arrive sur les lieux, une deuxième vague de vengeurs débarque, environ 30, plus agressifs encore

», relate Le Jour.

Ils s’en sont pris aux populations, armés de machettes et gourdins, et d’objets contondants divers. Ils vont piller les commerces et imposés la fermeture des boutiques, et surtout lancer à la traque des ressortissants anglophones qui ont fui la guerre au Nord-Ouest et au Sud-Ouest pour s’installer à Bitchoua Nord où ils mènent des activités agricoles pour tenter de survivre.

Le bilan de cette atmosphère de terreur, finalement maitrisée par les forces de défense et de sécurité, fait état de cinq blessés au sein des populations. Le Préfet du Ndé, Ernest Ewango a dû faire une descente sur les lieux pour rassurer les populations de la maitrise de la situation.

«Vous devez travailler tranquillement dans vos champs et bénéficier des fruits de votre travail (…) Soyez rassurés, personne ne vous chassera d’ici. Ne les provoquez surtout pas. Ils veulent utiliser des prétextes pour vous mâter alors que ce sont des bandes de bandits et de drogués

», leur a-t-il dans des propos relayés par Le Jour.

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