
Africa-Press – Cameroun. Le phénomène de prise d’otages avec demande de rançon a refait surface dans l’arrondissement de Touboro, département du Mayo-Rey, région du Nord. En l’espace d’un mois, 21 personnes ont été enlevées dans cette localité.
Varvara Ndjidda
, agriculteur à Mbilougui, est l’une des victimes des preneurs d’otages. Selon son témoignage relayé dans les colonnes du trihebdomadaire L’Œil du Sahel édition de ce 19 mai 2021, il a été enlevé le 15 avril 2021 par cinq personnes armées de fusils de guerre, alors qu’il nettoyait son champ.
«Ils m’ont enchainé et m’ont contraint de les suivre. Il était environ 10 h. Nous avons marché toute la journée et une bonne partie de la nuit pour atteindre leur campement. Il y avait trois autres otages dans le camp. Ils m’ont associé à eux après m’avoir enchainé les pieds. Ils se sont saisis de moi le lendemain matin et m’ont soumis à des tortures atroces pour m’arracher des informations et m’amener à demander à mes proches de leur verser une rançon»,
raconte-t-il.
Il a été libéré au bout de 6 jours de captivité et après avoir versé une somme de 3.500.000 FCFA aux ravisseurs. Goudkoyé Viché, un autre ex-otage, confie avoir été retenu en captivité pendant 15 jours et n’a été libéré qu’après le versement de 10 millions de FCFA.
Pour le maire de la commune d’arrondissement de Touboro, Célestin Yandal, l’insécurité grandissante se justifie «d’abord par la situation géographique de l’arrondissement située entre deux frontières le Tchad et la RCA, ensuite la crise politique en RCA avec son corollaire (de nombreux groupes rebelles sillonnent nos frontières qui malheureusement sont poreuses de part et d’autre) enfin la raison fondamentale c’est la superficie du département du Mayo Rey (36 529km²) ce qui dépasse la Belgique, et 16 610 km² comme superficie de l’arrondissement de Touboro vaste plus que la région de l’Ouest qui n’a pas 14000 km². Tout ce qui facilite le mouvement de ces nombreux groupes de malfrats qui fondent dans la nature après avoir commis leurs forfaits en toute quiétude et sérénité…», soutient l’édile.




