Africa-Press – Cameroun. L’augmentation de l’éclairage nocturne s’accompagne d’un allongement de la saison des pollens atmosphériques dans le nord-est des États-Unis, révèle une étude américaine publiée dans la revue PNAS Nexus. En croisant les relevés de pollen issus de stations au sol avec des images satellitaires nocturnes dans l’infrarouge, les chercheurs montrent que la saison pollinique peut débuter jusqu’à vingt jours plus tôt dans les zones fortement éclairées et se terminer plusieurs semaines plus tard par rapport aux secteurs moins exposés à la lumière artificielle. Cet effet est renforcé, indépendamment, par une hausse des températures, mais peu influencé par les précipitations. De plus, la proportion de jours présentant de fortes concentrations de pollen est nettement plus élevée dans les zones les plus illuminées.
Aggravation des rhinites et asthme allergiques
Cette expérience à grande échelle souligne le rôle déterminant de la lumière dans les cycles de développement des plantes et leur floraison. Les auteurs alertent ainsi sur les conséquences sanitaires d’un éclairage excessif: les concentrations de pollen dans l’air sont directement corrélées à la gravité des rhinites et des crises d’asthme allergique. Ils rappellent également que le choix des essences plantées en ville, où la densité de population est élevée, devrait tenir compte de leur sensibilité à la photopériode.
En France, le climat annule les efforts sur l’éclairage
Si cette étude a été menée outre-Atlantique, la question se pose aussi en Europe. Mais en France, l’éclairage nocturne des communes n’a justement pas cessé de baisser depuis deux décennies pour des raisons à la fois économiques et écologiques. Pourtant, les quantités de pollen dans l’air continuent d’augmenter chaque année. « Dans ce cas, c’est le réchauffement climatique qui est responsable avec des saisons polliniques de plus en plus précoces, ce qui se traduit aussi par une augmentation régulière des quantités de pollen dans l’air depuis deux décennies », témoigne Gilles Oliver spécialiste à l’Atmo, l’organisme qui a pris la relève l’an passé de l’ex Réseau national de surveillance aérologique (RNSA) chargé de la surveillance des pollens et des spores de moisissures atmosphériques.





