Paléontologie: Découverte au Pérou d’un fossile de dauphin de rivière vieux de 16 millions d’années

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Paléontologie: Découverte au Pérou d'un fossile de dauphin de rivière vieux de 16 millions d'années
Paléontologie: Découverte au Pérou d'un fossile de dauphin de rivière vieux de 16 millions d'années

Africa-Press – Cameroun. Plusieurs fossiles de cet animal ont été retrouvés dont un crâne presque complet. Son étude révèle que ses plus proches parents vivent dans les rivières d’Asie.

Il existe des dauphins d’eau douce dans quelques-uns des plus grands fleuves du monde: l’Amazone, l’Indus ou le Gange. En tout, six espèces, dont une quasi éteinte (le dauphin de Chine), sont recensées. Ces cétacés, qui descendent d’espèces marines, sont plus petits que leurs congénères de l’océan et à force de vivre dans l’eau boueuse des estuaires, certains sont presque devenus aveugles. Le dernier spécimen identifié, à partir de fossiles, est Pebanista yacuruna, un animal qui vivait en Amazonie il y a 16 millions d’années.

Un environnement bien différent d’aujourd’hui

A l’époque, la région amazonienne formait un vaste système de lacs et de marécages appelé Pebas. Ce paysage comprenait des écosystèmes aquatiques, semi-aquatiques et terrestres (comme des marécages ou des plaines inondables) et s’étendait sur ce qui est aujourd’hui la Colombie, l’Équateur, la Bolivie, le Pérou et le Brésil. C’est dans cet environnement qu’évoluait Pebanista yacuruna dont plusieurs restes ont été découverts, au fil de campagnes de fouilles menées depuis 20 ans, par une équipe internationale sous la direction de l’Université de Zurich (Suisse). Dans des conditions plutôt difficiles: les fossiles ne sont accessibles que durant la saison sèche lorsque les rivières sont basses et les roches sédimentaires exposées.

Le fossile le plus représentatif de Pebanista yacuruna a été trouvé en 2018 mais ce n’est qu’il y a quelques mois que les paléontologues ont extirpé un crâne presque complet, désormais exposé au Musée d’histoire naturelle de Lima (au Pérou), qui a permis de mieux comprendre son écologie. Le dauphin fait l’objet d’une description détaillée dans la revue Science Advances: c’était un animal de 3 à 3,5 mètres de longueur, soit le plus grand dauphin d’eau douce connu à ce jour.

Il était doté de crêtes faciales très développées, qui sont des structures osseuses spécialisées associées à l’écholocalisation. Un sens très utile pour évoluer dans les eaux boueuses où la vision est réduite. Son museau allongé et équipé de nombreuses dents indique qu’il devait sans doute se nourrir de poissons comme les dauphins d’eau douce actuels.

Des liens avec l’Asie

Il y a 10 millions d’années, l’écosystème de l’Amazonie a connu de profonds bouleversements et s’est transformé pour ressembler à ce qu’est la région aujourd’hui. Des changements qui ont été fatals à ce dauphin qui n’a plus retrouvé les proies qu’il avait l’habitude de croquer. La place étant libre, ce sont les ancêtres des dauphins roses de l’Amazone (Inia geoffrensis) qui ont pris le relai. Les paléontologues ont voulu savoir si les deux espèces étaient liées mais, curieusement, les cousins les plus proches de Pebanista yacuruna ne sont pas les dauphins de l’Amazone mais les dauphins des rivières d’Asie du Sud: le dauphin du Gange (Platanista gangetica) et le dauphin de l’Indus (Platanista minor).

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