Africa-Press – Cameroun. C’est un coup de massue judiciaire et administratif qui s’abat sur l’honorable Feutheu Jean Claude, alias «Claude le Parisien». Sur requête du Cabinet Conseil ATOU, le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières, Henri Eyebe Ayissi, vient d’annuler purement et simplement le titre foncier 318/WA de la Société Hôtelière Djeuga Palace, dont l’établissement est stratégiquement planté au Giratoire Joss, en plein cœur économique de Douala. Dix-sept ans de bataille juridique qui se soldent par une décision fracassante.
Les faits remontent à 2008. Lors de la transaction initiale, le site avait été habilement qualifié de domaine national de deuxième catégorie — comprenez: un terrain vierge, jamais touché par une activité humaine. Problème: il s’agissait en réalité d’une dépendance du domaine ferroviaire de l’ex-REGIFERCAM, protégée par un arrêté datant de 1926. Une falsification de la nature juridique du terrain qui a permis d’enclencher une procédure de concession provisoire, devenue définitive — et d’arracher un bien d’État par la petite porte.
Mais l’audace ne s’est pas arrêtée là. Non content d’avoir obtenu 5 314 m2 par une procédure que le ministre qualifie lui-même de frauduleuse, Claude le Parisien aurait tout simplement occupé le double: 1 hectare 35 ares au total. Le tout pour la somme dérisoire de 29 millions de FCFA, alors qu’au prix du marché, ce terrain en plein Douala aurait dû valoisiner les 10 milliards de FCFA. Un rapport de 1 à 345. La décote du siècle.
Le ministre Eyebe Ayissi, en donnant gain de cause au Cabinet ATOU, referme un dossier qui aura duré 17 ans et envoie un signal fort: les actifs résiduels de l’ex-REGIFERCAM ne sont pas à brader. Pour Claude le Parisien, l’heure n’est plus aux affaires — elle est aux explications.





