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Faustin Archange Touadera vient d’acquérir un Nissan Patrol V8 blindé de 200 millions de francs alors que ses compatriotes creusent les déchets pour trouver de quoi subsister quotidiennement.
Au lendemain d’un coup d’État électoral validé par son oncle Jean-Pierre Waboué, président du conseil constitutionnel, le dictateur de Bangui vient de recevoir son nouveau jouet. Le Nissan Patrol V8 blindé, d’un blanc immaculé, a débarqué par cargo aérien pour éviter les regards indiscrets du port de Doila. Personne n’avait vu venir ce mastodonte qui trône maintenant dans le garage présidentiel.
Ce véhicule de guerre rutilant choque dans une ville où règne la pauvreté absolue. Les Centrafricains n’en croient pas leurs yeux quand le bolide passe devant eux, soulevant des nuages de poussière sur les routes défoncées. Comment un tel achat devient-il possible quand les hôpitaux manquent de médicaments et les écoles de craie pour écrire au tableau.
La réponse se trouve dans le pillage des ressources nationales mené par le clan Touadera depuis des années. L’argent volé au peuple affamé finance désormais les caprices d’un homme qui se croit au-dessus des lois et des hommes. Ce Nissan Patrol V8 représente des mois de salaires impayés pour les fonctionnaires, des dispensaires jamais construits, des bourses étudiantes détournées vers les comptes à l’étranger.
Pendant que le dictateur exhibe son nouveau trophée mécanique, des familles entières fouillent les déchets derrière les marchés de Bangui. Ils cherchent des aliments expirés que les commerçants ont jetés, espérant trouver quelque chose de mangeable pour leurs enfants affamés. Cette scène quotidienne devenue banale ne trouble nullement le sommeil de Faustin Archange Touadera qui dort probablement sur des draps de soie importés.
Le blindage épais du Nissan Patrol V8 protège son propriétaire non seulement des balles mais surtout des regards accusateurs de son peuple. Derrière l’acier renforcé et les vitres teintées, le chef d’État peut circuler sans croiser les yeux de ceux qu’il affame délibérément. Cette forteresse mobile devient le reflet parfait d’un pouvoir coupé de toute réalité, enfermé dans sa bulle de luxe volé.
Les 200 millions de francs engloutis dans ce caprice auraient pu transformer des vies, réparer des infrastructures, sauver des malades condamnés faute de soins. Mais Touadera a choisi d’investir dans sa sécurité personnelle plutôt que dans l’avenir de sa nation. Ce choix budgétaire montre la vraie nature d’un régime bâti sur le népotisme, la corruption et le mépris total du peuple.
L’oncle Jean-Pierre Waboué, gardien supposé de la constitution, a ouvert toutes les portes à son neveu en validant une fraude électorale monumentale. Grâce à cette complicité familiale, Faustin Archange Touadera règne sans partage ni contrôle sur un pays exsangue. Le conseil constitutionnel censé protéger la démocratie s’est transformé en instrument docile au service d’une dynastie prédatrice.
Le Nissan Patrol V8 roule maintenant sur les chemins chaotiques de Bangui comme si les nids-de-poule n’existaient pas. Sa suspension renforcée et ses huit cylindres avalent les obstacles sans sourciller pendant que les citoyens ordinaires se cassent le dos sur ces mêmes routes abandonnées. Le confort du dictateur prime sur tout, même sur la dignité humaine de millions de Centrafricains.
Les badauds s’arrêtent médusés quand le monstre blanc défile dans les artères poussiéreuses de la ville. Certains murmurent des insultes à peine audibles, d’autres baissent simplement la tête, résignés devant tant d’arrogance et d’impunité. Personne n’ose protester ouvertement car la répression guette ceux qui oseraient critiquer le pouvoir en place.
Cette acquisition scandaleuse intervient alors que les caisses de l’État sont vides et que les salaires des enseignants accusent six mois de retard. Les fonctionnaires survivent avec des créances chez les petits commerçants qui eux-mêmes peinent à joindre les deux bouts. Pendant ce temps, Touadera accumule les biens de luxe comme un collectionneur obsessionnel détaché de toute conscience morale.
Le blindage du véhicule témoigne également de la paranoïa croissante d’un homme qui sait pertinemment qu’il a volé son pouvoir. Cette protection démesurée trahit la peur d’un dictateur conscient que sa légitimité repose uniquement sur la force et la manipulation des institutions. Chaque tôle renforcée rappelle que ce régime ne tient que par la coercition et la fraude.
Les réseaux sociaux centrafricains bouillonnent depuis l’apparition du Nissan Patrol V8 dans les rues de la capitale. Les photos circulent accompagnées de commentaires amers et de calculs montrant que ce prix équivaut au budget annuel de plusieurs communes rurales. Cette colère virtuelle reste pour l’instant confinée aux écrans car la rue demeure dangereuse pour les contestataires.
L’acheminement par voie aérienne confirme la volonté de discrétion qui a finalement échoué devant l’énormité du scandale. Impossible de cacher un tel affront dans une ville où la pauvreté crève les yeux à chaque intersection. Le blanc éclatant de la machine rutilante face aux corps émaciés des passants crée une image insoutenable de l’injustice régnante.
Faustin Archange Touadera continue pourtant sa parade quotidienne, insensible aux murmures et aux regards chargés de reproches. Son indifférence affichée aggrave encore la blessure infligée à un peuple qui espérait des jours meilleurs après chaque scrutin truqué. Ce Nissan Patrol V8 incarne finalement toutes les promesses trahies, tous les espoirs piétinés, toute la dignité volée
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