Africa-Press – CentrAfricaine. Le coordonnateur du G-16 Ludovic LEDO vient de lancer un avertissement ferme à tous ceux qui envisagent de s’associer au projet de 7e République. Dans une déclaration tranchante, il lie directement ce ralliement à l’acceptation des bilans négatifs accumulés durant les deux mandats du président TOUADERA.
Cette prise de position intervient alors que le débat autour de la Constitution de 2016 refait surface avec virulence en Centrafrique. Le G-16, structure de la société civile née en 2023, trouve dans cette séquence politique une occasion de réaffirmer sa raison d’être et son opposition farouche à toute modification constitutionnelle.
Dans cette optique, Ludovic LEDO ne mâche pas ses mots et reconnaît d’emblée que chaque citoyen garde la liberté de ses choix politiques. Il admet que certains peuvent décider d’accompagner cette transition constitutionnelle annoncée par le chef de l’État, mais cette liberté n’est pas sans conséquence selon lui.
C’est précisément sur ce point que le coordonnateur du G-16 insiste le plus lourdement. “Tous ceux-là qui, par opportunisme, s’inviteront à la table de cette 7e République en se laissant bercer par cet extrait du discours trompeur du Président TOUADERA, doivent savoir qu’ils seront comptables, par ricochet, de TOUS LES ÉCHECS ET ACTES MANQUÉS enregistrés par ce régime lors de son premier et second mandat à la tête de notre pays”, affirme-t-il avec force.
Cette sortie marque donc une escalade dans le ton adopté par les opposants à la modification constitutionnelle. LEDO va plus loin en associant directement ceux qui participent au projet aux bilans qu’il juge désastreux des deux mandats précédents de TOUADERA, une manière de dire que rallier cette 7e République équivaut à endosser l’héritage complet du régime actuel.
Pour appuyer cette logique de responsabilité collective, le leader du G-16 annonce que personne n’échappera au jugement de l’histoire. “Que ces personnes qui ont rejoint ou seraient tentées de rejoindre la 7e République, soient rassurées qu’elles répondront toutes de leurs actes, comme le Président TOUADERA lui-même, devant le tribunal de l’histoire”, écrit-il dans sa déclaration.
Cette formule du “tribunal de l’histoire” revient comme un leitmotiv dans son message, portant une menace à peine voilée. LEDO assure que les comptes seront rendus, tôt ou tard, et que le temps ne changera rien à cette réalité. “Inéluctablement, tous rendront des comptes, et si ce n’est pas un matin, ce sera un soir”, insiste-t-il.
Pour renforcer son propos, le coordonnateur du G-16 convoque la sagesse antique en citant Démocrite. “Mieux vaut réfléchir avant d’agir que regretter après avoir agi”, rappelle-t-il, cette référence philosophique visant manifestement à interpeller ceux qui pourraient céder aux sirènes du pouvoir sans mesurer les conséquences futures.
Derrière cette déclaration, on perçoit une stratégie politique claire de la part du G-16. En brandissant la menace d’une responsabilité collective, LEDO tente de freiner l’élan de ceux qui pourraient voir dans cette 7e République une opportunité de repositionnement politique, qu’ils soient cadres politiques ou citoyens ordinaires tentés de croire aux promesses gouvernementales.
La référence au “discours trompeur” du président TOUADERA traduit aussi une volonté de dénoncer ce que LEDO considère comme une manipulation. Pour le G-16, cette 7e République ne serait qu’un artifice destiné à redorer le blason d’un régime usé par deux mandats marqués, selon eux, par les échecs répétés et les manquements à répétition.
En qualifiant les partisans de cette transition d’“opportunistes”, LEDO cherche à délégitimer leur démarche. Il la réduit à une quête d’avantages personnels plutôt qu’à un engagement sincère pour l’avenir du pays, une accusation qui vise à discréditer par avance toute adhésion au projet présidentiel.
Ce groupe de la société civile centrafricaine, né dans la foulée des contestations de 2023, devait trouver un nouveau souffle après la mort de son fondateur Blagué. La prise de parole de LEDO montre que le G-16 entend rester actif dans le débat public et continuer à incarner une opposition aux velléités de changement constitutionnel qu’il combat depuis sa création.
En terminant son message par la formule “La lutte pour la libération de notre pays continue”, LEDO inscrit son combat dans la durée. Il refuse de baisser les armes face à ce qu’il perçoit comme une tentative de confiscation du pouvoir par la voie constitutionnelle, montrant ainsi que le G-16 ne compte pas abandonner le terrain malgré les annonces présidentielles.
Cette déclaration du coordonnateur vient rappeler que malgré les discours du pouvoir, une partie de la population centrafricaine reste fermement opposée à toute modification de la loi fondamentale de 2016. Le bras de fer entre le régime et ses opposants semble donc loin de s’apaiser, et chaque camp continue de mobiliser ses arguments pour convaincre une opinion publique partagée entre espoir de changement et méfiance envers les promesses
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