Africa-Press – CentrAfricaine.
Le général Florent Kema, qui dirige l’état-major de la CMSPR, a partagé un long message audio ce 14 mars 2026 sur les réseaux sociaux. Il s’adresse directement aux Centrafricains de tous horizons: ceux qui vivent au pays, la diaspora dispersée en Europe, aux États-Unis, en Russie, en Chine ou ailleurs, et les réfugiés installés au Cameroun, au Congo-Brazzaville, en RDC et dans d’autres pays limitrophes.
Son intervention vise à informer les citoyens ordinaires, les acteurs des droits humains, les institutions judiciaires centrafricaines et internationales ainsi que la communauté internationale sur la situation qui se développe dans la préfecture de l’Ouham, surtout aux alentours de Bossangoa et dans les villages majoritairement Gbaya.
D’après ses dires, une stratégie de division ethnique est en cours, impliquant le président Faustin-Archange Touadéra et les mercenaires russes du groupe Wagner. Il décrit ces derniers comme exerçant une influence dominante sur le pouvoir actuel. L’objectif serait de semer la discorde entre les Gbaya d’une part, et les Peuls ainsi que les communautés musulmanes d’autre part, en provoquant des affrontements intercommunautaires.
Il rapporte des événements concrets pour appuyer ses propos. Récemment, des ex-combattants de l’UPC (sous Ali Darassa) et du MPC (sous Mahamat Al-Khatim) ont été rassemblés par les autorités et les Wagner. Ces ex-rebelles ont reçu des instructions pour progresser village par village dans les zones Gbaya proches de Bossangoa. Les motifs invoqués: la présence présumée de combattants liés à Kema et d’anciens soldats FACA de l’ère Bozizé dans ces endroits.
Dès le 4 mars 2026, cinq villages ont été visés, dont Baudili, Baudé, Boro et Boala. Les populations ont été expulsées, les habitations mises à feu, quatre habitants tués et huit blessés. Aujourd’hui, ces localités restent désertes et occupées par les ex-UPC et MPC, avec des éléments Peuls et Arabes parmi eux.
Le 11 mars suivant, les opérations se sont poursuivies. Une position de la CMSPR a été attaquée, menant à un combat intense dès l’aube jusqu’à 6 heures. Les forces de Kema ont reculé sur plus de 30 km vers Bowei. Les Wagner, arrivés massivement en soutien depuis Bossangoa, Nana-Bakassa et Batangafo, ont investi le village. Quinze jeunes ont été capturés, ligotés aux arbres, soumis à des sévices graves incluant mutilations génitales. Trois femmes ont subi des blessures, un centre de santé a été pillé et vandalisé, deux maisons incendiées, un aîné exécuté, et de nombreux biens emportés.
Florent Kema prévient que ces actions ne s’arrêteront pas à Bowei et visent l’ensemble des villages Gbaya de l’Ouham. Il reproche à Touadéra de bloquer tout dialogue national inclusif, malgré la suspension des opérations militaires par la CMSPR depuis février 2026. Au lieu de cela, le pouvoir privilégie des arrangements avec Ali Darassa (UPC), Bobo Sambé (3R) et Mahamat Al-Khatim (MPC), soutenus par les mercenaires russes, pour mener ces opérations qui touchent les civils.
Il adresse un message ferme aux musulmans centrafricains et à tous les civils de cette communauté: ils ne sont pas impliqués dans ce différend et personne ne doit lever la main sur eux. Il exhorte pareillement les Centrafricains de toutes régions (Nord, Sud, Est, Ouest) à rejeter toute attaque contre des civils musulmans ou d’autres groupes ethniques. Il souligne que les Gbaya et les musulmans ont toujours entretenu des liens pacifiques, et que ces divisions sont artificiellement encouragées.
En conclusion, il exprime sa gratitude envers les alliés qui ont fourni des renforts et lance un appel à l’union entre les Centrafricains et les différents groupes pour contrer cette dynamique. Il insiste sur la nécessité d’un vrai dialogue pour la paix, plutôt que sur cette voie de confrontation avec des forces étrangères.
Ce témoignage cherche à porter ces faits à la connaissance du plus grand nombre pour éviter que les tensions ethniques ne dégénèrent davantage dans l’Ouham.
Source: Corbeau News Centrafrique
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