Africa-Press – CentrAfricaine.
À Bangui, le prix de la viande de bœuf échappe depuis plusieurs années au portemonnaie ordinaire des ménages, et un responsable syndical réclame une intervention ferme de l’État.
C’est par lettre ouverte adressée au ministre de l’Élevage et de la Santé Animale que Louis Marie Kogrengbo, Secrétaire Général Exécutif de l’Organisation pour le Développement Social des Travailleurs de Centrafrique (ODSTC), a décidé de porter publiquement ce constat. Dans ce courrier, il décrit avec précision les mécanismes qui entraînent la hausse: une chaîne de revente à plusieurs maillons, des frais de transport élevés du bétail, et des taxes officieuses perçues le long du parcours d’acheminement vers la capitale. Résultat, selon Kogrengbo: le prix final supporté par le consommateur ne reflète plus aucune réalité productive.
Pour l’auteur, cette spirale n’a rien d’inévitable. Louis Marie Kogrengbo rappelle que l’État centrafricain a déjà su, dans un passé récent, reprendre la main sur des marchés en déroute. Il cite notamment l’exemple du manioc, lorsque les autorités avaient mobilisé le Trésor public et la logistique de l’armée pour convoyer directement les sacs depuis les zones de production vers les grands marchés de Bangui — cassant net la spéculation. Des opérations similaires avaient concerné les feuilles de manioc et les feuilles de coco, avec des résultats tangibles pour les ménages.
Fort de ces précédents, Kogrengbo formule des recommandations au Gouvernement. Il plaide pour une rationalisation du circuit de convoyage du bétail, la mise en place d’un approvisionnement direct sous supervision publique, et l’instauration d’un contrôle effectif des prix. Il appelle également à un partenariat structuré entre l’État, les éleveurs, les transporteurs et les commerçants pour garantir un flux régulier de bétail vers Bangui.
Le Secrétaire Général Exécutif de l’ODSTC conclut en rappelant que réguler les marchés des produits essentiels n’est pas une option parmi d’autres pour un État, mais une obligation sociale envers les citoyens, dans un environnement où les revenus des travailleurs ne laissent guère de marge à l’imprévu.
Source: Corbeau News Centrafrique
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