Africa-Press – CentrAfricaine. Un soldat des Forces Armées Centrafricaines (FACA) s’est donné la mort samedi dernier vers 14 heures à Markounda. Selon les informations recueillies auprès de son chef de détachement, l’adjudant Yabétta, il s’agit du soldat de 2e classe Ngabéri.
D’après les premiers éléments recueillis, le soldat FACA a retourné son arme de service contre lui. La balle a traversé l’abdomen (ou la région ombilicale) et est ressortie au niveau des fesses. Rapidement évacué vers l’hôpital de Markounda par ses collègues, il a été opéré. Malheureusement, des problèmes de transfusion, notamment celle du sang, ont compliqué la situation du soldat. Malgré l’appui de ses collègues pour lui prêter leur sang, y compris celle de la population locale, le soldat est décédé quelques heures plus tard.
Son inhumation a été faite ce dimanche 05 avril par la communauté musulmane locale.
Malheureusement, au sein de l’armée nationale, le suicide constitue un mal-être récurrent. Ces derniers temps, plusieurs cas de suicide ont été signalés au sein des FACA, que ce soit au nord, ouest, Est, ou encore au sud.. Ces gestes désespérés confirme un profond malaise au sein de l’institution militaire centrafricaine.
Selon plusieurs sources militaires, les soldats font face à des conditions difficiles sur le terrain, notamment la difficulté d’avoir de quoi à manger, ni percevoir leur prime globale d’alimentation (PGA) qui n’est plus versée aux soldats.
Franchement, Touadéra doit comprendre que l’augmentation des effectifs des militaires ne suffit pas. Ce énième décès pose avec acuité la question de la politique de renforcement des FACA. Les autorités militaires et politiques semblent privilégier une augmentation quantitative des troupes (parfois évoquée en dizaines de milliers d’hommes), sans investir suffisamment dans l’accompagnement qualitatif.
Comme le soulignent de nombreux observateurs et militaires sur le terrain:
Il ne suffit pas de former les soldats au maniement des armes.Il faut des formations continues, un vrai leadership de proximité, et surtout un service d’accompagnement psychologique structuré capable de détecter et de prendre en charge les signes de détresse, la dépression, le stress post-traumatique ou les problèmes personnels. Pour l’heure, aucune mesure visible n’a été annoncée par l’état-major ou le gouvernement pour répondre à cette vague de suicides. L’attitude semble se résumer à « un mort est un mort, on avance ». Une posture qui risque d’affaiblir encore davantage le moral des troupes et la cohésion de l’armée nationale.
Source: Corbeau News Centrafrique
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