Touadéra Recouvre Rapidement Sa Nouvelle Statue à Bangui

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Touadéra Recouvre Rapidement Sa Nouvelle Statue à Bangui
Touadéra Recouvre Rapidement Sa Nouvelle Statue à Bangui

Africa-Press – CentrAfricaine. À quelques jours de son couronnement au stade 20 000 places, le régime de Faustin-Archange Touadéra a inauguré une statue à son effigie sur l’avenue portant son nom, à Bangui. Mais l’événement, censé célébrer le pouvoir en place, a rapidement tourné au fiasco. En moins de 24 heures, la statue a été recouverte d’une bâche, sous le poids des critiques et des moqueries.

Dès son inauguration, la statue a provoqué un tollé général. Sur les réseaux sociaux et dans les rues de la capitale, les réactions ont été sans appel: “Cette statue ne ressemble pas à Touadéra”, “C’est un cochon qu’on a mis sur le corps”, “L’artiste a sabordé l’image de l’empereur”. Certains vont même jusqu’à accuser le sculpteur d’avoir secrètement collaboré avec l’opposition pour ridiculiser l’empereur.

Le régime, visiblement pris de court, a tenté de limiter la casse en masquant la statue. Mais le mal était fait. La question reste entière: comment une telle bourde a-t-elle pu se produire? Les proches du pouvoir n’ont-ils pas validé le projet avant son inauguration? Ou s’agit-il d’un nouveau symbole de l’amateurisme et de la corruption qui gangrènent le pays?

Face à la polémique, une organisation de femmes, dirigée par l’épouse d’un douanier notoirement corrompu, s’est empressée de proposer une solution: “Je vais refaire la statue à l’image de Touadéra !” Un geste qui n’a rien d’altruiste. Son mari, dont le frère est ministre de la Justice, et lui-même aspirent à des postes clés – notamment celui de Premier ministre. Dans ce contexte, flatter le régime devient une stratégie de survie politique.

Cette précipitation à sauver la face du pouvoir montre clairement une triste réalité: en Centrafrique, la loyauté ne se mesure pas à l’aune de la compétence ou de l’intégrité, mais à celle de la soumission la plus servile. Les mêmes qui pillent le pays, volent les deniers publics et écrasent la population se bousculent pour prouver leur dévouement à un système qui les protège.

Cette affaire de statue n’est qu’un exemple de plus de la dérive autoritaire du régime Touadéra. Alors que le pays s’enfonce dans la misère, que les services publics sont inexistants et que la répression s’intensifie, le pouvoir préfère ériger des monuments à sa gloire plutôt que de répondre aux besoins élémentaires des Centrafricains.

Les mêmes qui moquent la statue aujourd’hui sont ceux qui subissent au quotidien les exactions des milices pro-gouvernementales, la corruption endémique et l’impunité totale des dignitaires. Pourtant, certains, par intérêt ou par peur, continuent de cautionner cette dictature. Jusqu’à quand?

Cette polémique autour de la statue de Touadéra est révélatrice d’un système pourri jusqu’à la moelle. Entre incompétence, clientélisme et culte de la personnalité, le régime montre une fois de plus son mépris pour le peuple centrafricain.

Source: Corbeau News Centrafrique

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