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Le recteur Gérard Grezéngué affirme sur la RNL avoir normalisé le calendrier académique depuis quatre ans, en garantissant une rentrée en octobre et une fin des cours en juillet. Il insiste sur cette stabilisation comme un acquis majeur de sa gestion, rappelant qu’auparavant les rentrées se faisaient en février voire mars. Ce discours contraste avec la réalité quotidienne dans plusieurs facultés, où le fonctionnement académique reste profondément chaotique.
Prenant un seul exemple. À la Faculté des lettres et sciences humaines, le campus ne dispose que d’environ neuf salles de cours pour une faculté comptant près de dix départements. Chaque département comprend plusieurs niveaux d’études, de la première année jusqu’au master, parfois même jusqu’au doctorat. Dans ces conditions, parler d’un calendrier maîtrisé relève de l’absurde. Les étudiants suivent les cours par rotation, parfois dans des salles louées parfois aux structures privées ou à des organisations extérieures. L’unique amphithéâtre de la faculté, l’amphi Alphonse Blagué, ne suffit pas à absorber le nombre d’étudiants nécessitant un enseignement en présentiel. Les retards s’accumulent, semaine après semaine, sans que personne ne trouve de solution durable.
Le recteur impose pourtant que les cours s’achèvent en mai ou juin pour permettre la tenue des sessions d’examen. Sauf que dans les faits, les enseignements n’avancent pratiquement pas. Les programmes de l’année ne dépassent souvent pas 5% à 10% du volume prévu. Certains départements atteignent difficilement 20% d’avancement avant les examens. Les étudiants composent ainsi sans avoir rencontré l’essentiel du contenu académique censé être enseigné durant l’année.
Cette situation n’est pas nouvelle. C’est un désordre structurel qui dure depuis des années et que le recteur connaît parfaitement. Les retards s’accumulent constamment. Le manque de salles de cours empêche la programmation normale des enseignements. Les départements fonctionnent dans un désordre absolu. Les emplois du temps changent constamment. Les étudiants ne savent pas quand auront lieu leurs cours. Les enseignants dispensent leurs enseignements quand ils le peuvent, si une salle se libère, si le département parvient à organiser quelque chose.
La même situation est signalée à la Faculté des sciences, à la Faculté des sciences juridiques et économiques et dans d’autres unités d’enseignement, où la progression annuelle est constamment freinée par le manque d’infrastructures et l’organisation improvisée des emplois du temps. Partout, la progression annuelle est constamment freinée par le manque d’infrastructures et une organisation qui reste exclusivement réactive.
Le recteur évoque une normalisation du calendrier, mais parler de normalisation quand la majorité des étudiants ne reçoit qu’une fraction du programme annuel, dans des conditions d’étude avec l’insuffisance criante de locaux et une gestion qui improvise au jour le jour, cela s’appelle de la communication politique, pas de la gestion universitaire. Cette contradiction entre le discours officiel et le fonctionnement réel pose une question centrale: comment parler de stabilité académique quand la majorité des étudiants ne reçoit qu’une fraction du programme annuel, soit environ 3%, dans des conditions d’étude marquées par l’insuffisance de locaux et une gestion qui reste exclusivement réactive?
Source: Corbeau News Centrafrique
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