Crise du Sahel: la Violence Menace L’Afrique de L’Ouest

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Crise du Sahel: la Violence Menace L’Afrique de L’Ouest
Crise du Sahel: la Violence Menace L’Afrique de L’Ouest

Africa-Press – CentrAfricaine. Les répercussions de la nouvelle vague de violence lancée par le groupe armé en coordination avec une autre organisation le 25 avril dernier ne sont pas restées confinées aux frontières internes du Mali. En quelques jours, les conséquences des attaques ont franchi l’espace intérieur de l’alliance des pays du Sahel pour s’étendre à son environnement régional plus large, révélant la fragilité du système de sécurité collective en Afrique de l’Ouest et une division croissante entre l’alliance et la communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest.

Les autorités du Burkina Faso ont annoncé le lancement d’une opération de sécurité majeure dans la capitale Ouagadougou et d’autres régions, incluant le déploiement d’unités à des intersections stratégiques et la collecte d’informations sur le terrorisme et la criminalité, selon une source locale. Le ministère de la Sécurité a appelé les citoyens à signaler tout comportement suspect, notamment près des casernes, des aéroports et des institutions gouvernementales. Une source militaire burkinabé a confirmé à la même source que l’armée est en « état d’alerte car nous sommes en guerre », ajoutant que la situation au Mali nécessite une plus grande rigueur et vigilance.

Annulation des célébrations du 1er mai

Dans une démarche sans précédent depuis la formation de l’alliance des pays du Sahel en 2023, le conseil militaire du Niger a annoncé l’annulation des célébrations traditionnelles du 1er mai dans tout le pays pour des raisons de sécurité. Des observateurs estiment que cette annulation au niveau national est perçue comme un signe de la difficulté à garantir la sécurité dans les grands espaces publics.

La Côte d’Ivoire entre déplacement et corridor jihadiste

De son côté, le gouvernement ivoirien a affirmé que ses frontières sont sécurisées, mais s’attend à un « afflux de réfugiés » en raison des événements au Mali. Abidjan a une mémoire récente à ce sujet, ayant enregistré plus de 54 000 arrivées en provenance du Burkina Faso et du Mali entre avril 2021 et mars 2024, tandis qu’un institut d’études a estimé que le nombre de réfugiés dans les départements de Tchologo et de Boukani s’élevait à environ 58 000, signalant que l’accueil de ces personnes s’est fait dans un contexte de tension, et que les autorités de sécurité ivoiriennes les considèrent comme « une source de risque sécuritaire potentiel ».

Des données d’un centre de recherche sur l’Afrique ont également révélé que le groupe armé est désormais actif ou présent dans plusieurs régions du Burkina Faso, et que les forces armées burkinabées contrôlent en réalité environ 30 % du territoire national, tandis que des groupes armés encerclent environ 130 localités, coupant des axes principaux reliant Ouagadougou à la Côte d’Ivoire, au Togo, au Bénin, au Niger et au Mali. Le centre met en garde contre une expansion notable des groupes jihadistes vers le sud, en direction du nord du Bénin, du Togo et du Ghana, ce qui soulève l’hypothèse de la formation d’un corridor instable reliant l’espace désertique à la façade côtière du golfe de Guinée.

Effondrement de la coopération régionale

Un rapport d’un groupe de réflexion sur les crises, publié début 2026, a observé un large blocage dans la coopération sécuritaire entre l’alliance des pays du Sahel et la communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, ainsi qu’un effritement des arrangements antérieurs tels que le groupe de cinq du Sahel, le processus de Nouakchott et l’initiative d’Accra. Le rapport a noté que la fracture s’élargit particulièrement entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, ainsi qu’entre le Niger et le Bénin, malgré les liens économiques et sociaux profonds entre ces pays. En revanche, le rapport a souligné une pragmatique limitée, récemment illustrée par la coordination ivoirienne-malienne pour la reprise des convois de carburant vers Bamako, et par des discussions tenues à Lomé en avril dernier entre les deux organisations régionales.

Bien qu’Ecowas ait condamné les récentes attaques et appelé « tous les pays de la région, leurs forces de sécurité et leurs populations à l’unité » face à ce danger, la question fondamentale demeure: les deux systèmes régionaux ont-ils la volonté politique de rétablir une coopération sécuritaire effective avant que la spirale de la crise n’atteigne la façade côtière de l’Afrique de l’Ouest?

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