En Centrafrique, l’opposant Crépin Mboli-Goumba arrêté et détenu

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En Centrafrique, l’opposant Crépin Mboli-Goumba arrêté et détenu
En Centrafrique, l’opposant Crépin Mboli-Goumba arrêté et détenu

Mathieu Olivier

Africa-Press – CentrAfricaine. L’avocat, un des leaders de l’opposition au président Faustin-Archange Touadéra, a été interpellé dimanche 3 mars à l’aéroport de Bangui, alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays pour le Cameroun. Il fait l’objet d’une plainte récente déposée pour outrage à magistrat, mais ses proches dénoncent une arrestation arbitraire.

Crépin Mboli-Goumba n’a pas atteint Douala. Alors qu’il devait quitter le pays et embarquer à l’aéroport de Bangui dans un avion à destination de la capitale économique du Cameroun, l’avocat et opposant centrafricain a été arrêté ce dimanche 3 mars en début d’après-midi, en compagnie de son épouse, au moment où il effectuait les formalités aéroportuaires de départ.

Crépin Mboli-Goumba n’a pas atteint Douala. Alors qu’il devait quitter le pays et embarquer à l’aéroport de Bangui dans un avion à destination de la capitale économique du Cameroun, l’avocat et opposant centrafricain a été arrêté ce dimanche 3 mars en début d’après-midi, en compagnie de son épouse, au moment où il effectuait les formalités aéroportuaires de départ.

Les deux époux ont aussitôt été conduits à la Direction de la police administrative, dans un commissariat du centre-ville de Bangui. Puis le couple a été transféré à l’Office central pour la répression du banditisme (OCRB). Alors que sa femme a été relâchée quelques heures après son arrestation, Crépin Mboli-Goumba est à l’heure actuelle toujours détenu.

L’OCRB à la manœuvre

L’OCRB est depuis plusieurs mois au centre des accusations de l’opposition, dont plusieurs membres ont été interpellés plus ou moins brièvement et conduits dans ses locaux pour interrogatoire. Le même service mène également des perquisitions chez des personnalités considérées comme des opposants, en compagnie de mercenaires du groupe russe Wagner.

Selon ses proches, Crépin Mboli-Goumba n’avait pas eu accès, ce lundi 4 mars au matin, à un avocat ou à un médecin. Son épouse n’a pas non plus été autorisée à lui rendre visite. Le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC, plateforme d’opposition à Faustin-Archange Touadéra, dont Crépin Mboli-Goumba est le coordonnateur) dénonce une « arrestation arbitraire » et une « séquestration ».

« Depuis plusieurs jours, des menaces de poursuites judiciaires pèsent sur Maîtres Crépin Mboli-Goumba et sur Nicolas Tiangaye en raison de leurs prises de position d’avocats. Nous assistons aujourd’hui au passage à l’acte, et ce, en violation comme toujours, de la forme », a réagi l’ancien Premier ministre Martin Ziguélé, porte-parole du BRDC, qui « exige la libération sans condition » du détenu.

« Instrumentalisation de la justice »

Ces derniers temps, Crépin Mboli-Goumba s’était notamment opposé à Arnaud Djoubaye Abazène, le ministre de la Justice, l’accusant de mainmise sur les acteurs judiciaires du pays, et d’instrumentalisation de ces derniers à des fins politiques et personnelles. Il était aussi visé par une plainte déposée récemment par quatre magistrats: Alain Gbaziale, Jean-Louis Gallo, Gérard Valery Gonda et Parfait Biakete.

Ces derniers l’accusaient d’outrage dans le cadre d’un litige juridique les opposant au cabinet de Crépin Mboli-Goumba. C’est, selon nos informations, cette plainte – dont Jeune Afrique a obtenu copie – qui a formellement déclenché l’arrestation du leader du BRDC et président du Parti africain pour une transformation radicale et l’intégration des États (Patrie), sa formation politique. « Une instrumentalisation de la justice de plus », dénonce un de ses proches.

À Bangui, le député Dominique Yandocka – arrêté le 15 décembre 2023 – est lui aussi toujours en détention. « Un député qui est arrêté à 4 heures du matin par une unité militaire qui ne relève pas de la police judiciaire et qui est emmené pour être entendu, ça s’appelle de l’enlèvement. Ce qu’il vit, c’est une séquestration », s’était déjà insurgé Martin Ziguélé, réclamant sa remise en liberté.

Source: JeuneAfrique

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