Fridolin Ngoulou
Africa-Press – CentrAfricaine. Les Etats-Unis d’Amérique posent leurs valises en terre centrafricaine, dans le cadre d’un nouveau partenariat qui se veut bénéfique à la population, à travers le renforcement des Forces Armées Centrafricaines (FACA) en termes de formation et de dotation en arme.
Alors que la France a opté pour retirer sa présence militaire à cause de celle de Wagner de la Russie qui devenait gênante, les Etats-Unis eux, préfèrent s’implanter dans le même secteur que les forces russes. C’est-à-dire, se positionner dans la formation des FACA qui doivent aujourd’hui monter en puissance afin d’assurer la protection de l’intégrité territoriale vaste, malgré la présence de 12.000 hommes de l’ONU.
Annoncée depuis plusieurs mois, l’installation de la société de sécurité privée américaine, Brancoft Global Security est désormais officielle. Albert Yaloké Mokpème, porte-parole de la présidence de la République lors d’un point de presse à Bangui a confirmé cette présence tout en justifiant que Brancoft Global Security va aussi contribuer dans la formation des soldats de l’armée nationale.
Selon le porte-Parole de la Présidence de la République, la RCA est en train de faire un travail de diversification de ses relations. « Nous sommes dans le cadre de la reconstruction de l’Armée Nationale. Dans le cadre de cette reconstruction, nous avons fait appel à des partenaires parmi lesquels la Fédération de Russie, l’Angola, le Maroc, la Guinée…qui nous aident à former nos soldats », a-t-il justifié.
Albert Yaloke Mokpème a ajouté que le président de la République Faustin Archange Touadéra dans son plaidoyer dit toujours, « j’ai les bras ouverts pour travailler avec tout le monde ».
Parlant de la Présence des forces américaines de Brancoft Global Security, il précise que : « Les USA proposent à la RCA de former ses soldats centrafricains sur le sol centrafricain ainsi que que sur le sol américain. Donc, les discussions qui ont lieu entre la RCA et tous ses partenaires c’est de dire nous ne voulons pas cette manière de travailler qui consiste à dire que : je travaille avec toi et pas avec l’autre. Non, tout ce qui peut nous aider à reconstruire notre armée afin de retrouver la pleine force est la bienvenue », soutient la présidence de la République.
Quels enjeux pour ce nouveau partenariat ?
En effet, il y a un an, la diplomatie américaine avait fait du sommet États-Unis-Afrique de Washington un rendez-vous de lutte contre l’expansion de la présence russe sur le continent, principalement symbolisée par l’implantation du groupe de mercenaires Wagner.
À cette occasion, le secrétaire d’État américain Antony Blinken aurait proposé au président centrafricain Faustin-Archange Touadéra des alternatives pour réduire sa dépendance forces russes de Wagner. Dans la foulée, les États-Unis avaient d’ailleurs étendu leurs sanctions visant des personnes ou des entreprises liées au groupe Wagner.
Déjà, certains observateurs de la vie politique et diplomatique centrafricaine estiment que le président centrafricain a accepté cette proposition pour « faire l’équilibre » entre les puissances qui étaient à couteau tiré en RCA.
« Admettre la présence d’un groupe de sécurité privée américain comme Wagner n’est pas une solution mais diplomatiquement, elle a un sens », a lâché à l’Oubangui Médias un diplomate centrafricain. Mais selon les informations de l’Oubangui Médias, contrairement au Wagner, Brancoft Global Security ne fait pas partie de la liste noir du Conseil de Sécurité des Nations-Unies.
D’autres pensent que ce jeu d’équilibre pourrait être dangereux pour le pays et surtout pour le numéro un centrafricain.
Alors que cette société privée vient officiellement former l’Armée nationale, elle a aussi pour mission de protéger les sites miniers appartenant aux sociétés d’exploitation américaines. Il y a quelques mois, le gouvernement avait publié la liste des sociétés minières installées en RCA. En tête les Etats-Unis avec au moins 13 permis d’exploitation minières.
A l’annonce de cette présence, quelques centrafricains restent dubitatifs quand à cette présence.
Déjà, la RCA enregistre la présence de plusieurs partenaires militaires aux nombres desquels : la Fédération de Russie, la Chine qui forme la garde présidentielle, la Rwanda qui vient aussi de commencer la formation des FACA, la Guinée Equatoriale, le Maroc, l’Angola qui assurent sur leurs sols la formation des forces de défense et de sécurité.
Cependant, l’ONU plaide pour augmenter son effectif afin de bien assurer son mandat de la protection des civils, du déploiement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du pays, de la facilitation de l’acheminement de l’aide humanitaire ainsi que de l’appui à l’organisation des élections locales de l’a année prochaine.
En attendant, le Président Touadéra est attendu dans son adresse à la Nation à l’occasion du réveillon du nouvel an 2024 pour éclaircir la population sur ce nouveau partenariat militaire avec les USA.
oubanguimedias
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