Carburant : Comment le Ministre de l’Énergie, Arthur Piri, Piège les Commerçants et Étrangle l’Économie

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Carburant : Comment le Ministre de l’Énergie, Arthur Piri, Piège les Commerçants et Étrangle l’Économie
Carburant : Comment le Ministre de l’Énergie, Arthur Piri, Piège les Commerçants et Étrangle l’Économie

Africa-Press – CentrAfricaine. Sous couvert de lutte contre la fraude, le ministre de l’Énergie, Arthur Piri, saisit le carburant importé par des petits commerçants de la RDC ou du Cameroun, tout en favorisant un accord exclusif avec Neptune Oil. Cette stratégie crée des pénuries et asphyxie l’économie nationale, les marketeurs et petits commerçants se trouvant piégés par des amendes et des restrictions injustifiées.
Le mardi dernier, plus de 15 000 litres de carburant ont été saisis au quai de Kolongo, dans le 6e arrondissement de Bangui. Cette opération a été menée par le comité de lutte contre la fraude du ministère de l’Énergie et de l’Hydraulique, avec le soutien des forces de sécurité et de défense. Selon le ministère, cette saisie concerne une importation frauduleuse. Mais derrière cette opération se cache une réalité bien plus sombre et complexe.

Arthur Piri, ministre de l’Énergie et neveu du président Touadéra, est impliqué depuis plusieurs années dans des activités illégales de vente de carburant. Utilisant sa position, il importe du carburant via une société camerounaise, Neptune Oil, avec laquelle il a signé un accord exclusif. Cette société est désormais chargée de ravitailler le pays en carburant pendant les vingt prochaines années. Le ministre impose à tous les distributeurs et marketeurs, autrefois autorisés par décret présidentiel, de passer par cette société, sous peine de sanctions sévères.

Le ministre ne se contente pas de monopoliser l’importation de carburant. Il orchestre également des pénuries artificielles pour justifier ses saisies et maintenir son contrôle sur le marché. Les propriétaires des carburants saisis, qui paient pourtant les taxes douanières et autres impôts à l’État, se voient systématiquement confisquer leurs marchandises sous prétexte d’importations frauduleuses. Irène, une commerçante affectée, témoigne: “On a saisi toutes nos marchandises. On nous a dit qu’on ne devait pas acheter ces carburants, mais pourquoi nous ont-ils fait payer les taxes alors ?”

Le ministre va plus loin en imposant des amendes exorbitantes aux marketeurs qui refusent de se plier à ses directives. Récemment, un marketeur a été condamné à payer une amende de 200 millions de francs CFA et ses stations-services ont été réquisitionnée pour quarante-cinq jours. Pendant ce temps, le ministre écoule ses propres produits pétroliers. Cette pratique mafieuse va à l’encontre des lois en vigueur, qui autorisent le libre commerce dans le secteur pétrolier en Centrafrique.

Ce scandale démontre le silence complice du reste du gouvernement et même du président, qui ferment les yeux sur les abus de pouvoir du ministre. Les lois et décrets semblent n’avoir aucune valeur face aux petits arrêtés arbitraires du ministre. Cette situation révèle des questions sur l’intégrité et la transparence au sein du gouvernement centrafricain.

Les membres du comité de lutte contre la fraude et les cadres du ministère de l’Énergie prévoient une réunion dans les jours à venir pour décider du sort des carburants saisis. Toutefois, la véritable question reste: combien de temps encore le peuple centrafricain devra-t-il subir les conséquences de cette corruption endémique ?

Source: Corbeau News

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