Africa-Press – CentrAfricaine.
Un nouveau fonds, une nouvelle promesse, mais toujours la même destination des milliards: le financement des milices russes en Centrafrique. Le Conseil des ministres a officialisé jeudi la création du Fonds minier, présenté comme un outil de développement, mais qui pourrait n’être qu’un énième mécanisme de pompage pour satisfaire l’appétit financier de Moscou.
Le changement de nom n’a rien changé à la réalité: les mercenaires russes coûtent une fortune au Trésor centrafricain. Avec Wagner, c’était déjà 400 millions de francs CFA par semaine rien que pour le carburant et la logistique quotidienne. Mais depuis que Vladimir Poutine a imposé le remplacement de Wagner par Africa corp, la facture a explosé: 10 milliards de francs CFA par mois, soit 120 milliards par an.
Une somme astronomique confirmée par plusieurs médias internationaux, dont Africa intelligence et la RFI et d’autres organes de presse qui ont révélé l’ampleur de cet accord. Le dictateur Faustin-Archange Touadera, coincé entre sa dépendance à Moscou et les exigences financières impossibles à tenir, a même été contraint de quémander des fonds auprès de pays arabes du Golfe pour boucler cette facture.
La taxe sur les transactions financières numériques? Prétendument destinée à “réhabiliter et équiper les hôpitaux”. Résultat, près de deux ans après: aucun hôpital réhabilité, aucun équipement visible. Les milliards ont tout simplement servi à payer Wagner.
La taxe sur la téléphonie mobile? Même scénario. Les recharges téléphoniques? Idem. À chaque fois, le discours officiel parle de développement, d’industrialisation, de services publics. Mais dans les faits, ces taxes ont toutes le même objectif: remplir les caisses pour honorer le contrat russe.
Lorsque le FMI et la Banque mondiale ont découvert le pot aux roses et commencé à poser des questions embarrassantes sur la destination réelle de ces fonds, le gouvernement a changé de tactique. Exit la transparence, place aux fonds “autonomes” aux contours flous.
C’est là qu’intervient ce nouveau Fonds minier. Officiellement: “recherche géologique, formation, développement local, fermeture de sites artisanaux”. Dans les faits: une nouvelle structure opaque, placée sous tutelle du ministère des Mines, avec un conseil d’administration restreint et aucun mécanisme de contrôle transparent précisé.
Ce fonds ouvre plusieurs portes pour récupérer de l’argent: prélèvements sur la production minière, taxes déguisées, redevances diverses. Autant de canaux qui permettront de collecter des milliards supplémentaires, loin des radars de la Banque mondiale et du FMI, pour continuer à financer Africa corp.
Le paradoxe est total: Vladimir Poutine pousse pour qu’Africa corp remplace définitivement Wagner, mais le président Touadéra hésite, attaché à ses “partenaires” historiques. Résultat: les deux structures coexistent sur le terrain, et la facture double.
Les Centrafricains, eux, paient. Ils paient des taxes sur tout, voient leurs services publics se dégrader, leurs hôpitaux rester dans l’état, leurs routes se détériorer. Pendant ce temps, les milliards s’envolent vers Moscou, mois après mois.
Le Fonds minier attend désormais la signature présidentielle pour entrer en vigueur. Mais les Centrafricains savent déjà ce qui les attend: encore des prélèvements, encore des promesses creuses, et toujours aucune trace des “milliards du développement” dans leur quotidien.
La question n’est plus de savoir si ce fonds servira à autre chose qu’à financer les Russes. La question est de savoir combien de temps encore le peuple centrafricain acceptera de payer pour un accord qui ne profite qu’à une poignée de dirigeants et à des mercenaires étrangers.
Source: Corbeau News Centrafrique
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