Corridor Douala-Bangui : près de 1000 camions bloqués à la frontière centrafricaine

Africa-PressCentrAfricaine. De sources concordantes, c’est dans la ville de Bossembele, à 155 kilomètres de Bangui, la capitale de la Centrafrique que des camions de transport du corridor Douala-Bangui ont été attaqués par des rebelles centrafricains opposés au régime de Faustin Archange Touadéra, le Président de la Centrafrique. La localité de Bossembele est en effet située sur un axe stratégique reliant  le Cameroun et la RCA, tronçon inter-État connaissant un important trafic de marchandises. D’après des chiffres délivrés par le Bureau de gestion du fret terrestre camerounais (Bgft) le Cameroun a drainé vers la RCA 8.486.204 tonnes de marchandises, correspondant à 324.696 mouvements de camions, effectués entre 2000 à 2018.
Cette interruption de trafic routier est un nouveau coup dur pour l’économie des deux pays. Le secteur du fret camerounais notamment. Les événements de la République centrafricaine ont stoppé net les navettes de fret de marchandises vers ce pays voisin du Cameroun dépourvu de façade maritime. Les responsables du  Sntrc, le Syndicat national des transporteurs routiers du Cameroun, plus important syndicat local de ce secteur, confirment en effet une cessation des rotations vers la RCA. «Les attaques contre nos camions se répètent. Nous ne pouvons continuer à ravitailler ce pays dans ces conditions», explique Raymond Moungang, le Président régional du Sntrc pour le Littoral. Au Groupement des transporteurs terrestres du Cameroun (Gttc), c’est également le statu quo. Ibrahima Yaya, le Président national de ce syndicat des transporteurs, déplore «des pertes de marchandises, de véhicules», ainsi que des blessés dans les rangs des chauffeurs de fret.
Réserves
Le Bgft fait état de près de 1000 camions en provenance du Cameroun (propriété camerounaise ou centrafricaine), actuellement stationnés à Garoua Boulai, localité de l’Est Cameroun, principale voie d’entrée vers la RCA. «Certains camions ayant franchi le territoire centrafricain ont été obligé, compte tenu des combats intenses, de faire arrêt dans les localités centrafricaines de Carnot, Baoro, Yaloke, ou Boali  en attendant une éventuelle accalmie», rapporte une source, qui regrette le supplément de charges financières y relatives, en plus de l’insécurité sur les biens et les personnes. Toujours d’après des relais concordants et dignes de foi, «la Minusca occupée, à sécuriser le territoire centrafricain, n’assurerait plus efficacement les escortes des camions de marchandises». Pour rappel, le prix-plancher d’un affrètement de marchandises se négocie entre 2.000.000 et 2.200.000 FCFA sur le corridor Douala-Bangui.
L’actuelle perturbation du trafic routier entre le Cameroun et la RCA succède à une série d’interruption d’activités de transport due essentiellement aux régulières poussées de fièvre insécuritaires en Centrafrique. Malheureusement parfois meurtrières pour les transporteurs camerounais: «plus de peur que de mal, nous n’avons pas encore enregistré de pertes en vie humaines comme lors des précédentes crises», a rassuré Ibrahima Yaya  du Gttc.
On apprendra également d’El Hadj Oumarou,  le Coordonnateur général du Bgft, l’existence de «contacts permanents entre les organismes de fret camerounais et centrafricains pour une gestion saine et efficace de la situation qui prévaut». Emettant toutefois de fortes réserves sur la tenue en Avril 2021, de la concertation bipartite entre les organismes statutaires de gestion du fret du Cameroun (Bgft) et de la RCA (Bureau d’affrètement routier Centrafricain-Barc). Rien n’aura par ailleurs filtré sur le calendrier de mise en application dès le 1er janvier 2021, du prix-plancher du transport consensuellement arrêtée à 3.250.000 FCFA, entre le Cameroun et la République Centrafricaine. Calendrier décidé récemment par les syndicats et associations des transporteurs camerounais et centrafricains.
Récession
Toujours d’après des statistiques émises par le Bgft, le volume du trafic transfrontalier affiche, au cours de la période du 18 mars au 30 avril 2020, 122.791 tonnes. A la même période 2019, ce volume a atteint 205.369 tonnes. Soit une nette baisse de marchandises  évaluée à 82.578 tonnes, 40,20% de recul de dégression de fret. Conséquence de la pandémie du Covid-19. Les mauvais chiffres enregistrés par le fret terrestre s’expliquent aussi faute de nouvelles commandes. Les mêmes chiffres indiquent que 30% des entreprises de l’hinterland ont connu un arrêt partiel de leurs activités. Ce qui correspond à une immobilisation de 40% des camions du corridor Douala-Bangui-Ndjamena. «Cette période dégressive du 18 mars au 30 avril 2020 à fortement perturbé le secteur du fret routier entraînant comme conséquences une baisse significative de l’activité de 17,49%. Plusieurs entreprises de transport terrestre ont eu recours à un dispositif de chômage partiel induisant subséquemment une augmentation mécanique du prix du transport du fret terrestre », ajoute le Coordonnateur général du Bgft.
Également fortement compromis, le suivi ou l’application des résolutions issues de la bipartite entre les organismes de gestion du fret terrestre du Cameroun et de la FCA, tenue à Douala ce 25 novembre 2020: la transmission par le Bgft au Barc, des pré-requis de son système Sigfret de dématérialisation des procédures d’enregistrement du fret, l’adoption d’un formulaire unique de présentation des statistiques, l’introduction du bon de commande portant le prix du transport consensuel arrêté dans les pièces exigibles pour l’établissement de la Lvi/Lvo, l’arrêt de la double facturation le transport de deux conteneurs de 20 pieds, la saisine du directeur général des douanes camerounaises pour les besoins de confirmation de l’interface des Gps des opérateurs avec Nexus, ou encore la mise en oeuvre commune d’un GPS routier en association avec les syndicat des transporteurs, l’interpellation des hiérarchies respectives à l’endroit de la Minusca concernant l’annulation des frais d’escorte supportés par les transporteurs.

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