Guerre Entre 3R Et CPC À Mboula

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Guerre Entre 3R Et CPC À Mboula
Guerre Entre 3R Et CPC À Mboula

Africa-Press – CentrAfricaine.
Les ex-rebelles du mouvement 3R, autrefois liés à la CPC par une même cause, ont rompu brutalement avec leurs anciens compagnons de route en assassinant un général de cette coalition dans le nord-ouest du pays.

En Centrafrique, les alliances entre groupes armés ont toujours été fragiles, souvent nouées par intérêt et défaites par calcul. C’est dans ce contexte instable que l’on comprend mieux ce qui vient de se produire dans la préfecture de la Nana-Mambéré, où une ancienne amitié de combat vient de voler en éclats.

Le centre des événements est le village de Mboula, dans la commune de Djotoua- Banguerem, situé à une soixantaine de kilomètres de Bouar. C’est là que des éléments armés de l’ex-rébellion des 3R ont ciblé et éliminé un général de la CPC, une coalition avec laquelle ils partageaient autrefois les mêmes objectifs. Ce meurtre n’était pas un acte impulsif, car ces hommes avaient dans leur viseur ce général depuis un bon moment déjà.

Il faut d’abord comprendre que le jeudi 19 février dernier, ces mêmes ex-rebelles de 3R, lourdement armés, sont venus dans le même village de Mboula attaqué une position de leurs ex-alliés de la CPC. Durant près d’une heure, ils n’ont pas réussi à atteindre leur objectif, celui d’éliminer le général Ozed de la CPC. Mais 5 jours plus tard, ils sont revenus, cette fois déterminés. À bord des quatre motos, avec une détermination froide. Ils ont encerclé le domicile du même général de la CPC, provoqué un échange de tirs, et au terme de l’affrontement, ils l’ont abattu.

Ces ex-rebelles de 3R n’ont d’ailleurs jamais caché leurs intentions. Ils ont fait savoir publiquement qu’ils ne toléreraient plus aucune opposition armée au pouvoir de Touadéra, affirmant qu’ils feront tout pour mater quiconque se dresserait contre son régime. D’ailleurs, ils ont explicitement cité les gbaya comme des gens à abattre dans leur propos, comme si tous les gbaya sont des rebelles au régime dictatorial de Baba Kongoboro.

D’ailleurs, leur basculement ne date pas de ce seul assassinat. Dès le lancement du processus électoral l’année dernière, avant même la tenue des élections groupées, ces ex-rebelles avaient commencé à agir en défenseurs du pouvoir en place. Et depuis la fin du scrutin, leurs actions se sont poursuivies avec la même ardeur.

En prenant ouvertement le parti de Touadéra, ces hommes se retrouvent désormais en guerre non seulement contre la CPC et la CPCF, mais contre tout groupe qui ose s’y opposer.

Certains observateurs, interrogés par CNC, affirment que cette posture individuelle de ces ex-rebelles de 3 R ne reflète pas forcément la position officielle de la direction des 3R.

Plusieurs de ces observateurs désignent par contre la main des mercenaires russes du groupe Wagner comme le fil conducteur de cette mutation. Selon eux, certains ex-rebelles restés en dehors de l’armée nationale auraient été retournés et utilisés comme supplétifs armés contre d’autres groupes armés, un procédé déjà connu avec les ex-rebelles du MPC du tchadien Mahamat Al-Khatim.

Ce montage n’a rien de nouveau dans la stratégie de Wagner sur le sol centrafricain. Les mercenaires russes ont depuis longtemps pris l’habitude de recycler d’anciens combattants pour les retourner contre leurs pairs, transformant des frères d’armes d’hier en ennemis jurés d’aujourd’hui.

Source: Corbeau News Centrafrique

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