Adouma Dévoile La Catastrophe Alimentaire En Centrafrique

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Adouma Dévoile La Catastrophe Alimentaire En Centrafrique
Adouma Dévoile La Catastrophe Alimentaire En Centrafrique

Africa-Press – CentrAfricaine. Dans le débat Patara diffusé sur la radio Ndékè-luka, l’ancien ministre Raymond Adouma a dressé un tableau sombre de la situation alimentaire en Centrafrique après dix ans de pouvoir du président Faustin-Archange Touadéra. Il a dénoncé une dégradation profonde du quotidien des populations.

« Les Centrafricains ne mangent pas à leur faim, ils mangent désormais une seule fois par jour », a affirmé Raymond Adouma. Selon lui, la qualité de cette unique ration est souvent médiocre. Pire encore, il a accusé le pays d’importer « n’importe quoi de l’étranger pour pouvoir aller empoisonner les Centrafricains ».

L’opposant, membre du Bloc républicain pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016, a expliqué que la production agricole locale a chuté de manière importante. Autrefois, les habitants de l’arrière-pays ravitaillaient les marchés de Bangui avec des produits locaux. Aujourd’hui, ces marchés dépendent largement d’importations dont la qualité pose problème. Adouma a lié cette situation à l’incapacité du régime à soutenir l’agriculture et à maintenir des routes praticables, laissant les villes isolées et les villages coupés de tout.

Il a insisté sur les conséquences humaines de cette crise: les familles peinent à se nourrir correctement, et cela touche particulièrement les personnes en âge de contribuer au développement du pays. Pour lui, cette réalité contredit les discours officiels sur la renaissance et la souveraineté économique prononcés par le président lors de son investiture le 30 mars 2026 au complexe sportif Barthélémy-Bouganda.

Adouma a également rappelé que l’opposition avait demandé un dialogue avant les élections pour apaiser le climat et trouver des solutions aux problèmes concrets du pays. Selon lui, ces appels sont restés sans réponse, le président préférant aller de l’avant sans concertation.

Face à lui, le ministre Héritier Doneng a présenté un bilan plus positif. Il a parlé de l’unité retrouvée entre les communautés, de la dignité rendue au peuple centrafricain grâce à la réoccupation du territoire par l’armée républicaine, et de l’entrée dans la septième République comme le début d’une ère de travail et de renaissance. Doneng a insisté sur le fait que le peuple a choisi cette nouvelle voie par référendum et qu’il faut maintenant se concentrer sur les actions concrètes plutôt que sur les critiques répétées.

Adouma a rejeté ces arguments. Pour lui, les promesses de transformation et de souveraineté ne changent rien à la réalité vécue par les familles qui réduisent leurs repas à une seule fois par jour et consomment des produits importés de qualité douteuse. Il a maintenu que le pouvoir gère le pays sans tenir compte des besoins essentiels de la population.

Le débat s’est déroulé dans une ambiance tendue, avec des échanges vifs entre les deux invités. Raymond Adouma a conclu que le discours du président sur la lutte contre la pauvreté et l’autosuffisance alimentaire reste une liste de vœux pieux qui ne correspond pas à la situation sur le terrain.

Ce face-à-face confirme les fortes divergences entre le camp présidentiel et l’opposition sur l’état réel de l’économie et des conditions de vie en Centrafrique. Tandis que le pouvoir appelle à tourner la page et à travailler pour l’avenir, l’opposition continue de pointer du doigt la détérioration du pouvoir d’achat alimentaire et les difficultés quotidiennes des citoyens.

 

Source: Corbeau News Centrafrique

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