Africa-Press – CentrAfricaine. Le 24 février 2026, Fari Tahéruka Shabazz a rendu publique une analyse vocale qui décortique, point par point, les conditions d’un effondrement possible du dispositif Wagner à l’Est de la en République centrafricaine.
Ce qui a déclenché cette prise de parole, c’est une interview accordée le 7 février 2026 à Russia Today par Dmitri Podolski, chef des opérations Wagner et conseiller à la sécurité auprès du président Touadéra. Fari Tahéruka Shabazz a relevé que Podolski y a dit l’inavouable: la RCA n’est pas sécurisée, plus de 3 200 kilomètres de frontières échappe à tout contrôle, et après dix ans au pouvoir, Touadéra n’a rien bâti d’utile. Des mots qui ont démoli d’un coup l’ensemble des discours officiels de Bangui.
Ce que Fari Tahéruka Shabazz a mis en évidence derrière ces aveux, c’est que le dispositif Wagner tient debout grâce à un pilier extérieur qu’il ne maîtrise pas: la MINUSCA. C’est elle qui nourrit logistiquement les corridors que les mercenaires empruntent entre Bangui et l’est minier. Sans cette béquille onusienne, les chaînes d’approvisionnement sur plus de mille kilomètres deviennent vulnérables, et le modèle économique entier — extraction d’or et de diamants, exportation via Dubaï — se retrouve en péril.
Fari Tahéruka Shabazz a également nommé la stratégie appliquée dans le Mbomou, la Haute-Kotto et la Vakaga: la Zatistka, une doctrine venue des guerres post-soviétiques. Ratissage, incendie de villages, vidange forcée des territoires pour créer des zones sans population ni droit, et ainsi livrer le sous-sol aux prédateurs miniers. Selon Fari Tahéruka Shabazz, Podolski n’a pas caché que c’est exactement ce cadre qui guide les opérations en cours contre les communautés Zandé et Nzakara.
L’analyste a pointé quelque chose que peu de commentateurs ont encore mesuré: la décision de Donald Trump de revoir le financement américain de l’ONU pourrait retirer à Wagner le socle logistique sur lequel il s’appuie. Fari Tahéruka Shabazz rappelle que les États-Unis injectent chaque année environ 700 milliards de francs CFA dans la MINUSCA. Si cette manne disparaît, les forces russes se retrouvent seules face à des distances absurdes et des lignes d’approvisionnement intenables.
C’est dans ce contexte que Fari Tahéruka Shabazz a adressé des recommandations directes aux résistants de l’est, notamment les Azandé Ani Kpi Gbe. Il leur a demandé de libérer sans délai les otages — sous-préfet, gendarmes, agents — via le CICR, car leur détention est devenue un poids moral et logistique qui retourne l’opinion internationale contre eux. Fari Tahéruka Shabazz les a aussi encouragés à nouer des liens opérationnels avec la CPC fondamentale de Noureddine Adam, pour disperser les Wagner sur plusieurs fronts simultanés.
La diaspora centrafricaine a été interpellée directement par Fari Tahéruka Shabazz, qui a rappelé que des dizaines de milliers de réfugiés attendent de l’aide à Bili, en RDC, et dans d’autres points de passage au Soudan du Sud. Vêtements, médicaments, nourriture — des choses concrètes que la diaspora peut mobiliser sans attendre une décision politique. Fari Tahéruka Shabazz a également insisté sur le travail de communication: nommer l’épuration ethnique en cours pour ce qu’elle est, et faire porter la pression internationale sur Wagner plutôt que sur les résistants.
La question qui reste ouverte, et que personne à Bangui ne veut encore formuler à voix haute, c’est celle de la durée. Si la MINUSCA recule ou se retire, si les résistants s’unissent et coupent les lignes logistiques vitales, Wagner pourrait se retrouver à court de carburant, de munitions et d’argent dans des zones où ni la géographie ni les populations ne lui sont favorables. Podolski le sait. C’est peut-être pour cela qu’il a parlé.
Source: Corbeau News Centrafrique
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