Les résultats de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 confirment une tendance lourde déjà perceptible lors des précédents scrutins. Anicet Georges Dologuélé ne parvient plus à incarner une alternative politique crédible face au président sortant, Faustin Archange Touadéra.
Avec un score d’environ 13,5 % des suffrages en 2025, l’ancien Premier ministre enregistre sa plus faible performance électorale depuis son entrée dans la compétition présidentielle. Une évolution qui illustre un déclin progressif de son poids politique. En 2015, il obtenait 23,74 % des voix ; en 2020, ce score chutait à 21,01 %, avant de connaître une nouvelle baisse significative cinq ans plus tard.
Pour de nombreux analystes politiques, cette courbe descendante traduit une érosion continue du soutien populaire dont bénéficiait autrefois le leader de l’URCA. Loin de mobiliser de nouveaux électeurs, sa base électorale semble se réduire à chaque échéance majeure, au profit d’autres forces politiques mieux implantées sur le terrain.
Cette perte d’influence se reflète également au niveau local. Lors des élections législatives, Anicet Georges Dologuélé n’a pas réussi à s’imposer dès le premier tour dans sa circonscription de Bocaranga, pourtant considérée comme son fief politique. Il devra affronter un candidat du Mouvement Cœurs Unis (MCU) au second tour, une configuration qui, selon plusieurs observateurs, rend son élection incertaine.
Au sein même de l’URCA, des voix critiques se font entendre. Plusieurs cadres du parti évoquent une campagne présidentielle tardive, peu visible et insuffisamment organisée, menée principalement par un cercle restreint de proches du candidat, au détriment des structures et compétences internes du parti.
Des analystes estiment également que l’éloignement prolongé de Dologuélé du terrain national, notamment en raison de ses séjours fréquents à l’étranger, aurait contribué à distendre le lien avec sa base électorale et à affaiblir son ancrage local.
À la suite de la défaite présidentielle, des signaux de mécontentement interne sont apparus au sein de l’URCA. Des critiques portent sur la gestion de la campagne, le manque de transparence et l’absence de stratégie politique claire pour l’après-élection. Certains observateurs n’excluent pas un risque de recomposition interne, voire des départs de cadres influents si aucune réforme n’est engagée.
Sans trancher sur les responsabilités individuelles, de nombreux experts s’accordent à dire que les élections de 2025 pourraient marquer la fin d’un cycle politique pour Anicet Georges Dologuélé. Son influence nationale apparaît aujourd’hui largement affaiblie, tant sur le plan électoral que partisan.
Dans un paysage politique centrafricain en mutation, dominé par de nouvelles dynamiques et des rapports de force consolidés, l’ancien chef de l’opposition est désormais confronté à une question. Peut-il encore se réinventer politiquement ou assiste-t-on à son retrait progressif de la scène nationale ?





