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Maxime Balalou a donné ce mercredi une leçon de cohérence politique. Le mythomane accuse le BRDC de duplicité tout en défendant un coup d’État électoral qui a permis à Cœurs Unis de rafler cinquante sièges et permettre au dictateur de Bangui de poursuivre sa dictature.
« C’est un droit de réponse à la confusion politique au sein de nos amis qui constituent le BRDC. Il ressort de ses propos un peu catholiques, il faut le dire, et un peu tendancieux », a déclaré le clepto-mythomane en ouverture. Voir Balalou donner des leçons de cohérence dépasse l’entendement. Cet homme ment comme il respire mais se permet de juger la ligne politique de l’opposition.
Le porte-parole des voleurs et criminels enfonce le clou avec une assurance déconcertante. « Le gouvernement, je le répète encore, ne peut pas continuer à faire les frais d’un marché de dupes au sein du BRDC », affirme-t-il sans sourciller. Un marché de dupes venant d’un pouvoir qui vient d’organiser un hold-up électoral où les grands partis d’opposition n’obtiennent rien, l’accusation prend une dimension comique.
Balalou développe ensuite sa théorie du complot contre le BRDC. « Comment comprendre un seul instant que ce groupement ayant refusé de participer au processus électoral vient en même temps s’ériger en d’un adolescent dans un processus inclusif, démocratique et transparent reconnu par la communauté internationale, comment? » Cette question cache mal la gêne du pouvoir face aux critiques qui s’accumulent sur ce coup d’État constitutionnel.
Le mythomane exige que l’opposition reste cohérente dans son boycott. « Nos amis du BRDC ont décidé volontairement de boycotter le processus électoral, c’est vrai, mais ceux-ci doivent garder leur ligne, c’est à dire leur cohérence politique », déclare-t-il avec le sérieux d’un professeur de morale. Lui qui transforme chaque défaite militaire en victoire ose parler de cohérence.
Puis vient l’accusation centrale contre Martin Ziguélé et le MLPC. « Ce qui est curieux, c’est que beaucoup de membres du BRDC ont bel et bien participé au processus électoral », affirme Balalou avant de dérouler sa liste. « Lorsqu’on écoute leur porte-parole, la personne de M. Martin Ziguélé, on a le droit de se demander finalement ce mot du peuple centrafricain, et c’est obligé de vous présenter mathématiquement dans le devant de l’opinion publique, la supercherie politique, tendant à contourner maïsieusement les engagements politiques de boycott du processus électoral à travers une stratégie trompeuille ».
Le clepto-mythomane énumère alors ses preuves de cette prétendue duplicité. « Le MLPC de Martin Ziguélé a bel et bien participé au processus électoral. Deux membres du MLPC déguisés en indépendant ont été élus au premier tour. Vous avez M. D. Bernard, M. Senor O. Bruno. » Il poursuit: « Trois membres du MLPC déguisés en indépendant du président Ziguélé sont retenus pour le second tour encore. Vous aurez M. Ligée Lamboutou-Serge-Alain, M. Andia Mandoudou-Sébastien, M. Ndengza Tonon-Gislain. » Cette accusation de candidatures déguisées permet à Balalou d’éviter le vrai débat sur la légitimité du scrutin. Au lieu de répondre aux questions sur les irrégularités, le trucage des résultats, l’exclusion de larges pans de l’électorat, il préfère attaquer l’opposition sur des candidatures individuelles. Même si certains membres du MLPC ont concouru comme indépendants, cela ne valide en rien ce hold-up électoral.
Le mythomane conclut son réquisitoire avec une formule assassine. « Le problème pour moi au sein du BRDC ne concerne ni le gouvernement, ni le président de la République, ni la communauté internationale. Ces incohérences politiques sont liées à une duplicité pour contourner les autres ». Balalou renvoie donc l’opposition à ses contradictions pendant que le régime continue de verrouiller le système politique.
Après avoir attaqué le BRDC, le porte-parole enchaîne sur la défense du hold-up électoral. « Un processus inclusif, démocratique et transparent reconnu par la communauté internationale », martèle-t-il comme un mantra. Inclusif quand les grands partis n’obtiennent aucun siège? Démocratique quand un seul parti rafle cinquante sièges? Transparent quand des témoignages de fraudes arrivent de partout?
Balalou tente ensuite de diviser l’opposition en valorisant ceux qui ont participé. « Nos frères de l’URCA, son maître de la République, ils ont participé ouvertement au processus. Mais les autres qui disent le contraire, participent de manière déguisée, ce qui n’est pas cohérent ». Cette stratégie grossière vise à isoler le BRDC et à présenter l’URCA comme plus raisonnable, même si ce parti n’a obtenu aucun élu.
Le clepto-mythomane mobilise ensuite le discours présidentiel pour légitimer sa propagande. « Le président de la République a donné le temps, à travers un discours, assembleur, de paix, de fraternité et d’engagement à construire la nouvelle République Centrafricaine avec tout le monde. Personne ne se l’a mis de côté ». Ce vocabulaire de l’unité nationale sert à masquer la confiscation du pouvoir. Personne n’est mis de côté, affirme Balalou, alors même que l’opposition structurée se retrouve exclue du Parlement.
Le porte-parole poursuit dans cette veine. « Il a clairement affirmé. Aujourd’hui, nous allons tous, derrière le nouveau président de la République, reconstruire notre pays en partage. Chacun aura sa place en fonction de ses qualités et ses compétences ». Cette promesse d’inclusion sonne creux au vu des résultats. Quelle place pour Dologuélé? Quelle place pour Dondra? Aucune, visiblement.
Balalou multiplie les appels à l’unité pour mieux noyer les critiques. « Il a appelé la diaspora à jouer un rôle plus actif dans la réconciliation de notre pays. Il a demandé, il nous a demandé à nous tous un dépassement de soi. Il va au-delà des clivages politiques ». Le dépassement de soi consiste apparemment à accepter sans broncher ce coup d’État constitutionnel et à applaudir la victoire du parti présidentiel.
Le mythomane insiste sur cette nouvelle politique d’ouverture. « Sa nouvelle politique n’est pas la facture, non, c’est l’unité comme il l’a toujours caractérisée. Ensemble, travaillons ensemble. » Travailler ensemble sous la direction d’un pouvoir qui contrôle désormais totalement le Parlement grâce à un scrutin manipulé. Voilà ce que Balalou appelle l’unité nationale.
Le porte-parole cite même le président sur l’absence de gagnants et de perdants. « Il n’y a pas de gaillant ni de perdant. Il a dit que le seul gaillant c’est le peuple centrafricain. » Cette rhétorique consensuelle contraste avec la réalité où Cœurs Unis a tout raflé. Le peuple centrafricain gagnant? Lequel? Celui qui a voté pour l’opposition et se retrouve sans représentation?
Balalou enfonce le clou de la réconciliation forcée. « Il a réaffirmé encore, il t’en a mis à ses frères, même de l’opposition. Il a même dit qu’il est prêt à travailler avec tout le monde. Ceux qui n’ont pas voté pour lui, qu’ils sachent qu’il est leur président. » Prêt à travailler avec l’opposition à condition qu’elle accepte sa marginalisation politique et qu’elle valide le hold-up.
Le mythomane termine sur une note d’apaisement imposé. « La place n’est plus au querelle, la place n’est plus à la haine, la place n’est plus aux insultes, ni à la division, la place est à l’amour, la place est à l’union, ensemble, derrière le président de la République. » Autrement dit: taisez-vous, acceptez le résultat truqué, et ralliez-vous au pouvoir.
Pour parfaire sa défense du scrutin, Balalou cite un haut fonctionnaire de l’ONU. « Il n’y a pas d’élections cinq étoiles dans le monde. Ce qui s’est passé en Centrafrique peut être évalué à 4,5 étoiles. Il faut donc saluer le génie centrafricain. » Cette caution internationale permet au mythomane de balayer toutes les critiques du coup d’État électoral.
Le clepto-mythomane termine en remerciant tous les partenaires qui ont cautionné ce hold-up. « Nos fonds de fonds de sécurité, nos partenaires dans la MINUSCA, nos allées traditionnelles, les Russes et les Rwandais, tous nos partenaires, l’Union Européenne, le PNUD. » La MINUSCA, les mercenaires russes, les troupes rwandaises, tous mis sur le même plan comme garants de la démocratie centrafricaine.
Cette conférence résume parfaitement la duplicité du régime. D’un côté, Balalou accuse le BRDC d’incohérence et de participation déguisée. De l’autre, il défend un coup d’État constitutionnel où son propre parti a tout raflé. Il parle d’unité nationale tout en excluant la moitié du spectre politique de la représentation parlementaire
Source: Corbeau News Centrafrique
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