Controverse Politique Sur Le Passeport Du Président De L’URCA

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Controverse Politique Sur Le Passeport Du Président De L'URCA
Controverse Politique Sur Le Passeport Du Président De L'URCA

Africa-Press – CentrAfricaine.
La nouvelle constitution promulguée aux forceps où le pouvoir de Bangui s’octroyait un mandat supplémentaire illégal, imposait des normes non démocratiques pour participer aux élections présidentielles du 28 décembre 2025 dont la principale nouveauté concernait l’exclusion systématique des binationaux.

Pour se conformer aux injonctions de la nouvelle constitution jugée illégale et discriminatoire, le président de l’URCA qui est une figure influente de l’opposition démocratique centrafricaine a décidé contre toutes attentes de renoncer à sa nationalité française dans les délais prescrits par la nouvelle loi fondamentale et faire acte de candidature.

Ainsi commence un long feuilleton hollywoodien avec d’interminables épisodes et rebondissements qui va occuper voire galvaniser la majorité de l’espace politique, médiatique national.

Outre les nombreuses manœuvres d’intimidation, le président de l’URCA a reçu une correspondance du procureur de la République lui notifiant son statut “d’apatride” qui cristalisera d’avantage les débats politiques et cela sur fond de tensions où le pouvoir de Bangui et l’opposition démocratique qui auparavant avait décidé de boycotter le processus électoral s’observent en chiens de faïence.

Voulant comprendre comment une demande de délivrance de passeport qui n’est qu’une simple démarche administrative peut préoccuper autant et perturber le pouvoir au plus haut sommet, le citoyen lambda s’interroge:

1- Pourquoi la délivrance d’un titre de voyage qui n’est qu’un acte administratif classique devient-il un problème politique national?

2- Existe t-il des enjeux politiques importants cachés derrière ce titre de voyage?

3- En dehors du fait que le passeport permet de franchir les frontières internationales, existe t-il encore d’autres usages méconnus du public?

4- Délivrer un titre de voyage au président de l’URCA constitue t-il un danger pour la sécurité nationale?

5- Après la validation de la candidature aux élections présidentielles de l’opposant “apatride” par le conseil constitutionnel, qu’allait-il se passer si ce dernier avait gagné les élections?

En suivant la matrice de la logique cartésienne, la décision du conseil constitutionnel validant la candidature du président de l’URCA aux élections présidentielles du 28 décembre 2025 a naturellement clos la polémique sur le statut “d’apatride” car elle reconnaît de façon implicite sa citoyenneté centrafricaine et sa légitimité nationale.

Le président de l’URCA bénéficie ainsi de la présomption de citoyenneté.

Il est évident que cette décision du conseil constitutionnel influencée par le pouvoir politique a declassifié le dossier de l’ordre juridique (c’est-à-dire un dossier qui devrait suivre la procédure réglementaire classique) à l’ordre politique car les enjeux sont énormes.

En conséquence de ce qui précède, il n’y a exclusivement qu’une solution politique qui peut résoudre un problème politique.

Au delà de toute polémique, il apparaît judicieux de souligner que la non délivrance d’un titre de voyage à un citoyen constitue non seulement une atteinte grave à la liberté de circulation qui est un droit fondamental garanti par la constitution mais aussi un moyen de pression du pouvoir de Bangui pour réduire l’opposant au silence ou à la capitulation.

Il faut noter que l’utilisation des institutions républicaines pour nuire aux adversaires politiques génère de la méfiance entre les protagonistes politiques rendant ainsi impossible la main tendue du pouvoir de Bangui à l’opposition démocratique.

En tout état de cause, cette polémique qui n’avance pas la République et ne change pas le quotidien des centrafricains impactera l’image du pays et influencera inévitablement les relations diplomatiques.

En conséquence de ce qui précède, nous attirons l’attention des partenaires au développement de considérer ce paramètre avant de soutenir ce pouvoir despotique et à la derive.

Par ailleurs, pour organiser la résistance nous appelons à l’unité de l’ensemble des forces de l’opposition démocratique, de la société civile afin de donner un sens aux dispositions des articles 28 et 29 de la constitution du 30 mars 2026.

En attendant cette septième République des danseurs pour la consécration de l’illusion, de la chimère et de la satisfaction des calculs appetitaires, les habitants de Limassa et par extension tout le peuple centrafricain vous signale que forcer un mandat supplémentaire illégal n’est pas la solution idoine aux maux centrafricains car il n’est qu’une aggravation des causes du problème c’est-à-dire qu’il ne fait que prolonger un pouvoir mais ne résout pas la crise qui à la longue risque de vous éclabousser.

Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré et meurtri dans son âme qui ne parle pas…

Attention Monsieur le Président, la peur corollaire de l’indifférence et de l’inaction du peuple vous donne l’impression que vos errements, vos mépris envers le peuple sont légitimes et légaux.

N’oubliez jamais à partir de ce jour Monsieur le Président qu’à l’instar des opérations “aux cailloux” de janvier et avril 1979 organisées par les élèves et étudiants, les centrafricains d’aujourd’hui sont classés dans la catégorie d’un peuple latent qui a le sacré devoir de parcourir les quatre étapes de l’allégorie de la caverne développée par le celebre philosophe grec Platon dans son livre “La République” rédigé au quatrième siècle.

Ainsi selon Platon, dans la première étape les centrafricains sont d’abord dans la caverne noire avec une représentation symbolique et métaphorique d’inconscience, de l’illusion, de la naïveté, de la souffrance, de la prison où ils se sentent bien…

La seconde étape de l’allégorie de la caverne de Platon est réservée au bouleversement des croyances antérieures en créant le doute né de la peur de l’inconnu caché le nouveau monde c’est-à-dire que les centrafricains peuvent concevoir les choses autrement que de rester dans leur état de souffrance d’où la nécessité de s’en sortir.

À la troisième étape, les centrafricains vont se rendre compte qu’ils sont enchaînés et qu’il faut développer les stratégies de lutte pacifique pour se libérer.

Enfin, viendra le moment de la libération où les souffrances des centrafricains prendront fin et que la justice sociale ainsi que les droits fondamentaux triompheront.

La métaphore de l’allégorie de la caverne de Platon montre l’ascension des centrafricains à la liberté sous le joug du pouvoir de Bangui et de ses alliés.

Quand les centrafricains vont se lever, aucune armée au monde ni même vos vénérés mercenaires du groupe Wagner ne pourront vous aider…

Ce sera l’apocalypse qui tournera une page sombre qualifiée de calamité politique de notre chère patrie.

Ce pays qui symbolise le sacrifice de vie et l’héritage du feu Président fondateur Barthélémy Boganda à connu de pires tyrans que vous mais qui ont fini leur mégalomanie dans la poubelle de l’histoire.

Au delà de votre insatiable soif de pouvoir, un sage disait que ce dernier n’était pas un patrimoine dynastique où on pouvait négocier par des manœuvres dolosives des mandats supplémentaires indéfiniment mais au contraire il s’agissait d’une responsabilité limitée dans le temps et qui pouvait être assumée en conformité au principe de continuité du service public par un autre centrafricain…

Alors n’attendez pas que le peuple dépositaire de la souveraineté se révolte pour comprendre que c’est le moment de partir.

Attention Monsieur le tyran, nous avons le flair et l’aptitude de prévenir des différents dangers à travers nos diverses analyses géopolitiques et geostrategiques mais malheureusement nous ne savons pas jouer aux pompiers qui ont vocation à sauver des vies et des biens en cas d’incendies ou de sinistres de tout genre.

Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…

Malheur à ceux où celles qui s’attendent paradoxalement à un résultat différent.

Mais attention, ne le dites à personne…

Si on vous demande même avec insistance ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.

Source: Corbeau News Centrafrique

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