Crispation de la vie politique en RCA : le dialogue est-il rompu entre le pouvoir et l’opposition radicale ?

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Crispation de la vie politique en RCA : le dialogue est-il rompu entre le pouvoir et l’opposition radicale ?
Crispation de la vie politique en RCA : le dialogue est-il rompu entre le pouvoir et l’opposition radicale ?

Africa-Press – CentrAfricaine. La vie politique centrafricaine est marquée par une tension qui s’installe dans la durée. Plusieurs faits démontrent que le pouvoir et l’opposition sont loin de se parler pour décrisper la tension actuelle dans le pays, alors que la République centrafricaine (RCA) se prépare à organiser les élections municipales d’ici juillet prochain.

La RCA dispose de plusieurs cadres de dialogue notamment l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation (APPR) signé entre le gouvernement et 14 groupes armés ; la feuille de route de Luanda sur le processus de paix, négociée entre des acteurs politiques et leaders des groupes armés ; le comité de mise en œuvre des recommandations du Dialogue Républicain de mars 2021 mais surtout le cadre de concertation sur les élections. Mais, le dialogue semble être rompu entre l’opposition radicale et le pouvoir.

La succession des tensions depuis 2020

Au lendemain des élections de 2020-2021, contestées par une partie de l’opposition démocratique, suivies de la tentative de prise de pouvoir par les groupes armés de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC) en sa tête l’ancien président de la RCA, le Gl d’Armée François Bozizé, certains leaders d’opposition ont exprimé une position radicale face au pouvoir qui profite de cette position pour écarter peu à peu certains leaders gênants.

Une succession des crises politiques a envenimé les choses. Au nombre desquelles, le départ en exil de l’ancien président de l’Assemblée nationale Abdou Karim Meckassoua, aujourd’hui déclaré par la justice « rebelle de la République », la mise à l’écart de la Présidente de la Cour Constitutionnelle Pr Danièle Darlan ; l’organisation du référendum constitutionnel qui a abouti à l’adoption et à la promulgation de la nouvelle constitutionnelle du 30 aout 2023 ; la déclaration de guerre de l’ancien président du Conseil national de la transition Alexandre Ferdinand Nguendet suite au retrait des prérogatives qui lui conféraient le droit d’ancien chef d’Etat (il avait dirigé le pays deux semaines après la démission de Michel Djotodia en 2014) ; l’arrestation du député Dominique Yandocka pour tentatives de coups de forces…

De l’autre côté, une partie de l’opposition a affiché une position radicale vis-à-vis du pouvoir, malgré certaines perches. Le plus important est le Dialogue Républicain que ces leaders ont boycotté le jour même du lancement, alors que ceux-ci ont pris part aux travaux préparatoires. Ils sont restés fermes sur leur position, en appelant la population à ne pas voter la nouvelle constitution, tout en appelant les partenaires financiers de la RCA à ne pas accorder des fonds au gouvernement.

Dans la foulée, des leaders politiques créent plusieurs initiatives à Paris tout en lançant des appels à la destitution ou à la démission du président Touadéra, son gouvernement et le départ des paramilitaires russes du groupe Wagner qu’ils les considèrent comme le « malheur du peuple centrafricain ».

C’est dans ce contexte que la vie politique centrafricaine tourne depuis trois ans. Chacun campe sur sa position. Le dialogue est rompu. La crise politique s’enlise. Chacun pour soi, Dieu pour tous.

Et la population dans tout ça ?

La population centrafricaine, du moins les éclairés observent depuis un certain temps la crise politique née au lendemain des élections groupées de 2021. Mais la plus grande majorité de la population semble se préoccuper d’autres choses que les combats politiques et de positionnement qui caractérisent le fonctionnement de la RCA depuis plusieurs années.

Même si certains pensent qu’il faut reprendre le dialogue avec l’opposition radicale, d’autres soulignent que l’opportunité leur a été offerte lord du Dialogue Républicain de 2021.

Bien sûr, le format de ce dialogue n’avait pas plu à ces leaders aujourd’hui réunis dans le Bloc des Républicains pour la Défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC), coordonné par l’opposant Crépin Mboligoumba. L’opposition voulait un dialogue politique sous l’égide d’un médiateur international avec la participation des leaders des groupes armés. Le pouvoir retient un dialogue Républicain sans un médiateur international, sans la présence des groupes armés qui ont leur cadre de discussion (APPR) et un dialogue sur le sol centrafricain.

Finalement, ce dialogue était organisé selon les convenances du gouvernement avec la participation de toutes les couches sociales y compris l’opposition démocratique modérée. La chaise vide était observée du côté des radicaux.

Les élections municipales sans l’opposition radicale ?

Tout se dessine pour que ces élections se passent sans la présence de l’opposition démocratique radicale. Les élections locales, fondement de la démocratie à la base est une occasion pour que chacun puisse mesurer ses encrages politiques. Les travaux préparatoires ont repris après la suspension due à l’organisation du référendum constitutionnel de 2023.

Mais, cette opposition veut une fois de plus choisir la politique de la chaise vide.

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