Africa-Press – CentrAfricaine. Trois semaines après la fusillade qui a coûté la vie à trois civils dont deux adolescents, le gouvernement a dépêché une délégation de haut niveau pour tenter de refermer une plaie ouverte. Claude Rameaux Bireau, ministre de la Défense nationale et de la Reconstruction de l’Armée, accompagné de Bruno Yapandé, ministre de l’Administration du territoire, s’est rendu sur place pour affronter directement la colère accumulée.
Dès sa descente d’hélicoptère, le ministre Bireau a été accueilli par des enfants en rang, mais aussi par des regards lourds et des questions qui fusent. Dans la salle de réunion publique, il a pris la parole en premier, le ton grave, presque personnel:
« J’ai vraiment mal au cœur. Les militaires ont pour mission de protéger la population, de garder ses biens. Pas de se lever et de tirer sur elle. C’est grave, ce n’est pas acceptable. »
Il a réaffirmé que l’incident du 27 février – une altercation au marché devenue carnage – touche « tout le monde » et a présenté, au nom du président Faustin-Archange Touadéra, condoléances et excuses officielles aux familles endeuillées et aux blessés toujours soignés.
Mais le cœur de son intervention résidait dans les engagements concrets annoncés:
Le ministre a insisté: la logistique (avion, distance) retarde légèrement l’opération, mais la décision est prise et irréversible.
Bruno Yapandé a complété en transmettant un message direct du président: « Il m’a dit: “Dis-leur que je pense à eux, que mes yeux sont rivés sur Ouanda-Djallé.” » Il a reconnu les souffrances accumulées (école, hôpital, routes, insécurité) et présenté l’envoi exceptionnel de deux ministres comme une preuve rare d’attention présidentielle.
La population a écouté. Certains ont applaudi poliment. Mais la méfiance reste palpable. Le sultan-maire et le sous-préfet, dans leurs interventions précédentes, avaient déjà exposé l’ampleur des griefs: absence d’État, occupation de la coopérative OFCA par les militaires, abus quotidiens, école paralysée depuis le drame. Les promesses de justice et de rotation des troupes sont accueillies avec un prudent « on verra ».
À Ouanda-Djallé, on ne demande plus seulement des mots ou des changements de visage. On attend les premiers camions qui emporteront les unités accusées, les premiers gendarmes qui patrouilleront sans arme lourde, les premières audiences judiciaires. La délégation est repartie, mais la ville reste en attente – vigilante, blessée, et déterminée à ne plus se contenter de paroles.
Source: Corbeau News Centrafrique
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