Discours du Représentant pays de la Cour pénale internationale(CPI), Mike Cole, à l’occasion de l’ouverture de l’audience de confirmation des charges dans l’affaire Le procureur contre M. Mahamat Said

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Discours du Représentant pays de la Cour pénale internationale(CPI), Mike Cole, à l’occasion de l’ouverture de l’audience de confirmation des charges dans l’affaire Le procureur contre M. Mahamat Said
Discours du Représentant pays de la Cour pénale internationale(CPI), Mike Cole, à l’occasion de l’ouverture de l’audience de confirmation des charges dans l’affaire Le procureur contre M. Mahamat Said

Africa-PressCentrAfricaineC’est avec beaucoup d’émotion que, depuis La Haye, je vous adresse mes salutations, au complexe socioculturel et sportif du 4e Arrondissement de Bangui et en Centrafrique en générale. Bien, que huit mille kilomètres nous séparent, I yeke Oko; nous sommes ensemble. Nous sommes réunis par une même cause: la justice.

Il y a 8 mois, lorsque le procès de Yekatom et Ngaissonna a débuté, une femme centrafricaine m’a dit: »avec le début du procès, j’ai compris que la dame justice avance, lentement mais sûrement, et que la guérison des victimes a commencé ».

Il n’y a rien de plus vrai aujourd’hui: Dame justice poursuit son élan en Centrafrique. Si nous sommes témoins de cette avancé, aujourd’hui, ici, à Boyrabe, c’est particulièrement grâce à une autre grand dame: la mairesse du 4e Arrondissement.

Madame Andara Isabelle, c’est avec gratitude que je salue votre soutien à la justice, votre désir de porter le système judiciaire comme une puissant catalyseur pour la réconciliation et à la paix en Centrafrique.

Je voudrais prendre un moment pour évoquer une affaire qui, il y a 3 ans, une année après mon arrivée à Bangui, a bouleversé les communautés de la République centrafricaine. En 2018, bien que les juges de la CPI aient reconnu la gravité des crimes commis lors des événements de 2002 et la souffrance des victimes, avec l’acquittement de Jean Pierre Bemba, nous avons été confrontés à la situation déchirante : celle que personne ne soit tenu responsable de ces crimes. J’ai ressenti et partagé l’énorme déception des communautés affectées. Mais malgré cette déception immense et compréhensible, depuis cette époque, j’ai été témoin d’une soif de justice persistante au sein du peuple centrafricain. Pas de vengeance, mais bien de Justice.

Trois années plus tard, ce rendez-vous aujourd’hui, à Boyrabe, est historique et symbolique:

Mesdames et Messieurs,

2021 est une année historique pour la justice en Centrafrique. En 2021 nous avons été témoin:

Et aujourd’hui, en ce 12 octobre 2021, à la Haye, s’ouvre l’audience de confirmation des charges dans l’affaire le procureur contre M. Mahamat Saïd. En même temps, en ce 12 octobre 2021 à Boyrabe, la Maison de la justice vient d’ouvrir une nouvelle salle historique, dans laquelle figurent ensemble toutes les communautés affectées.

Dans les années 1950, le président Boganda a écrit »Il n’y a pas de paix sans justice… pas de justice sans développement’ ». Ces mêmes mots ont été repris et renforcés en 2021 par les centrafricains de aujourd’hui. Parmi eux, une femme centrafricaine, elle- même affectée par les événements de 2013-12014, lors de l’ouverture de l’affaire Yekatom & Ngaissona: »La vérité et la justice sont nécessaires pour la réconciliation et la paix durable ».

La parole se perd mais les écris restent. Nous avons tenu à cristalliser ces mêmes mots de vos concitoyens en les reproduisant et les affichant tout autour de la ville de Bangui. En écrivant ces mots, vos mots, ils sont graver dans l’histoire.

Le rôle de la justice et de la réconciliation est central dans l’engagement du gouvernement centrafricain pour la paix. Dans leur quête de la paix, les autorités centrafricaines ont fait de la lutte contre l’impunité et de la justice leur cheval de bataille. La présence du ministre centrafricain de la Justice à La Haye, au siège de la Cour, pour l’ouverture de ces confirmations de charges est hautement symbolique – elle signifie la détermination à lutter contre l’impunité et la bon coopération entre la CPI et le gouvernement.

A la Cour pénale internationale, nous reconnaissons que les crimes graves menacent la paix, la sécurité et le bien être des communautés. C’est pourquoi, ensemble avec les membres de la maison de justice, nous sommes déterminés à mettre un terme à l’impunité des auteurs de ces crimes et à concourir ainsi à la prévention de nouveaux crimes.

Oui, la route de la justice est longue et difficile, mais ses bras sont plus longs. Et ils sont forts. Ils peuvent toucher les présumés auteurs de crimes atroces ou qu’ils soient. Comme nous le voyons, ici, en Centrafrique, où les accuses ont été interpellées à Bangui, Bria, Birao et à l’étranger.

Mais quel que soit l’endroit où l’accusé est arrêté, les procédures judiciaires doivent être équitables pour tous. Si non ce n’est plus de la justice, mais de la vengeance. Équitable pour l’accusé, qui est présumé innocent jusqu’à une condamnation. Équitable pour chacune des victimes afin que la douleur et la misère puissent guérir. Équitable et sûr pour les témoins de l’accusation et de la défense. Un processus équitable et transparent où les droits de tous les participants sont protégés par la loi et par des juges impartiaux et indépendants. Un processus du Justice.

J’ai confiance, que le son de la justice qui a commencé à résonner dans cette salle de à Boyrabe, ira au-delà des frontières de la Centrafrique.

Et, je le répète : I yeke Oko. Nous sommes ensemble. Notre cause, c’est la justice. Notre cause, est votre cause. Et, cette cause, est la cause de toute l’humanité.

 

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