Elie Oueifio: Humanitaire en Centrafrique

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Elie Oueifio: Humanitaire en Centrafrique
Elie Oueifio: Humanitaire en Centrafrique

Africa-Press – CentrAfricaine.
Elie Oueifio démasque l’humanitaire en Centrafrique: un secours sincère ou une industrie exploitant les crises?

Dans Entre un programme de développement qui procure la paix et assure la stabilité et un projet humanitaire qui favorise l’oisiveté, instaure et entretient les crises, publié en juillet 2025, Elie Oueifio, coordonnateur du Cercle des Écrivains, livre une critique acérée de l’aide humanitaire en République centrafricaine. Il pose une question: l’humanitaire est-il un soutien véritable ou une entreprise prospérant sur le chaos? Oueifio soutient que, loin de résoudre les crises, les interventions humanitaires les prolongent, transformant la RCA en un laboratoire de dépendance où les populations sont piégées dans l’assistanat.

Oueifio dénonce l’institutionnalisation de l’humanitaire, incarnée par un ministère dédié qui, selon lui, parasite les secteurs vitaux comme la santé ou les affaires sociales. Dans son ouvrage, il décrit comment les produits du Programme alimentaire mondial (PAM), distribués massivement, détournent les Centrafricains de l’agriculture, les réduisant à une quête humiliante de rations. Il évoque une rencontre marquante en 2009 à Bossangoa, où des sœurs religieuses rejetaient les denrées importées, préférant cultiver localement pour préserver l’autonomie des communautés. Pour Oueifio, cette dépendance imposée par l’humanitaire engendre une culture de l’oisiveté, éloignant les Centrafricains de leurs traditions de travail et de dignité.

L’auteur qualifie l’humanitaire d’« industrie » qui tire profit des crises. Il cite l’exemple de l’ONG OCHA, dont le coordonnateur, en 2025, déplorait la perte de « 1000 emplois humanitaires » après la suspension de l’aide américaine par Donald Trump. Oueifio y voit une hypocrisie: ces emplois, aux salaires démesurés pour les cadres étrangers, enrichissent davantage les ONG que les populations. Dans son texte, il argue que cette industrie a besoin de crises pour exister, maintenant un statu quo où la RCA reste un terrain d’opportunités économiques pour des acteurs extérieurs.

Dans son analyse, Oueifio déplore les conséquences sociales de cette industrie. Les produits PAM, disputés parfois violemment, favorisent la circulation d’armes et de drogues, corrompant les mœurs autrefois louées de la RCA. Il décrit un « néo-esclavage » où les Centrafricains, privés de leur souveraineté, deviennent dépendants d’une aide qui profite à une minorité. Les richesses nationales, comme l’or ou le diamant, sont pillées sous couvert de crises, tandis que les ONG opèrent comme des entités quasi souveraines, échappant au contrôle de l’État.

Pour briser ce cycle, Oueifio propose de limiter l’humanitaire à des interventions temporaires, en recentrant les efforts sur le développement. Il s’appuie sur les constats du président Touadéra, qui, en mars 2023, dénonçait la corruption alimentant ce système. Oueifio insiste sur le rôle des médias, appelés à sensibiliser les populations, mais souligne qu’ils doivent être soutenus pour éviter de propager des intoxications. Il plaide pour une gouvernance ancrée dans la justice, capable de restaurer la confiance et de redonner aux Centrafricains les moyens de leur autonomie….

Source: Corbeau News Centrafrique

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