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Le dictateur de Bangui, Faustin-Archange Touadéra, se déplace toujours avec un cortège qui ressemble à une petite armée: pick-up Nissan blindé à 200 millions, véhicules blindés partout, mercenaires russes en pagaille, hélicoptères qui tournent au-dessus pour un trajet de quatre ou cinq kilomètres jusqu’à la mosquée Anour de Kina dans le quartier PK5.
Pourtant, le dictateur de Bangui répète partout que la paix est revenue, que le calme règne dans le pays. Mais quand on voit ce déploiement pour aller prier, on se demande: de quoi a-t-il vraiment peur?
Les Centrafricains posent la question tous les jours. Est-ce à cause des braquages qui se multiplient dans les rues de Bangui? Des voleurs de bœufs qui opèrent sur les axes? Ou des groupes armés qui continuent de rôder aux portes de la capitale?
Regardez ce qui se passe autour: sur la route de Mbaïki, dans la zone Samba, des braqueurs armés ont attaqué la semaine dernière pour voler du bétail appartenant à des éleveurs. Les habitants ont réagi, les soldats FACA sont intervenus. Un assaillant neutralisé, un blessé évacué à Bangui après des soins à Bimon, trois armes récupérées, deux fuyards qui ont abandonné leurs fusils. Shaibou Moussa, président de la jeunesse locale, et Midifon Ngolo, chef de groupe à Bimon, disent la même chose: « Nous vivons dans la peur constante. Ce n’est pas normal. Il faut plus de FACA ici pour qu’on puisse vivre tranquilles. »
Et ce n’est pas tout. Même chose au village Bouboui, à 35 km sur la route de Boali. Même chose à Pindao, à 40 km sur la route de Damara. Sur Corbeau News Centrafrique et sur la page @CorbeauNews,: affrontements vers Boali (PK-65), vers Damara, dans le Nouveau Marécage. Braqueurs d’un côté, voleurs de l’autre, hommes armés qui circulent encore.
Pendant ce temps, le dictateur de Bangui ne sort jamais sans son armada complète. Pas de véhicule banalisé, pas de balade pour saluer les gens, pas de contact direct avec la population. Du palais à la mosquée, escorte aérienne et terrestre, et retour immédiat. Au Tchad voisin, malgré les tensions et les attaques rebelles qui ne s’arrêtent jamais, Mahamat Idriss Déby descend souvent à pied, va parler aux gens sans blindage massif ni hélicoptères au-dessus de la tête.
Ici, le dictateur de Bangui proclame la paix à longueur de journée, mais lui-même ne bouge pas sans cette protection énorme. Alors de quoi a-t-il peur? Des braqueurs qui rodent dans les quartiers? Des voleurs de bœufs sur les routes? Des groupes qui attaquent à 30-40 km de Bangui? Ou d’autre chose que les Centrafricains ignorent?
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